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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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Broussa est lancienne P ru sa qui sappela aussi Cyontlie et quifut longtemps la capitale du royaume de Bythinie . Nicomède III,dernier roi de ce pays, la légua, en 75 avant Jésus-Christ , au peupleromain. Les empereurs de Constantinople leurent dans leur par-tage : Orkan la leur arracha en J 525, et ce fut la première grandecapitale des sultans; comme telle, Timour-Leng la détruisit, et Ma­ homet II ordonna de la rebâtir. Elle sélève au pied du montOlympe dAsie sur le Niloufer, et compte environ J 00,000 habi-tants. Ses thermes, ses mosquées, parmi lesquelles on distingueQuloudjami; le vieux château dorigine romaine qui la domine,ses caravansérails de pierre, ses belles fontaines, son industrie,son commerce, et surtout ses souvenirs, la recommandent à latten-tion du voyageur. Mondania lui sert de port et dentrepôt.

Dans ses environs, lon visitera tout dabord le lieu fut la cé-lèbre métropole chrétienne de INicée, et sélève aujourdhui lebourg diznik. On se souviendra que lun des généraux dAlexandre,Antigone, a fondé cette ville, et que son compétiteur, Lysimaque , lanomma Nicée ; quil sy tint, en 525, sous Constantin, un concile quifut le premier des conciles généraux, et quon y dressa le symbole dela foi catholique. aussi, en 787, lon condamna les Iconoclastesdans le huitième concile; enfin fut transportée la capitale delempire grec quand les croisés eurent conquis Constantinople ,en J 204. Nicée appartient aux Ottomans depuis 4 555 ; elle avait étéreprise aux Seldjoukides dans la première croisade. Iznik , commeNicée , est située sur le lac Ascanoüs. De môme quon ne reconnaîtraitpas lancienne Nicée dans Iznik , on ne reconnaîtrait pas la célèbreNicomédie dans Nikmid. Cette ville, située sur le golfe dAstacus, côtede la Propontide , doit son origine à Nicomède I er , roi de Bythinie ;elle vit, dit-on, mourir Annibal ; Dioclétien lillustra de sa résidenceet lembellit; Constantin hésita entre elle etBysance. Aujourdhuilznikmid ou Nikmid a encore quelques milliers de maisons. Abou-lion, dans le même rayon, rappelle lancienne Apollonie; ce nestplus quune ville de pêcheurs, sur un îlot du lac qui porte son nom.

Smyrne , sur les bords du Mêlés, qui valut au vieil Homère lesurnom de Mélésigènes, fut fondée dans une très-haute antiquitépar le phrygien Tantale ; une colonie ionienne dÉphèse laggran-dit ; Ardys, roi des Lydiens, en fit la conquête et la détruisit. Ellefut rebâtie par Alexandre de Macédoine ; passa aux Romains avec lereste de lAsie mineure, fut renversée par un tremblement de terresous le cruel successeur dAuguste , relevée par lempereur phi-losophe Marc-Aurèle , et plus tard comprise dans lapanage desempereurs grecs. A ces princes, le seldjoukide Tzakas lenlevaen 4 4 84; mais seulement pour quelques années. Redevenuegrecque, elle passa aux Ottomans en 4552. La colère de Timour-lerig tomba en plein sur elle : elle fut rétablie par les successeurs deMourad II .

Cette ville est peut-être la seule véritable ville de commerce de laTurquie ; cest que sont les capitaux et les banquiers; elle sélèvedans une position agréable sur le golfe qui porte son nom, autourdune colline que surmonte une forteresse ruinée; sa rade estfacile, sûre et étendue. Les vaisseaux de toutes les parties du mondey viennent échanger leurs marchandises contre celles du levant ;ses cent vingt mille habitants se partagent suivant les religions. Lequartier le plus intéressant est celui des Francs, qui ne relèvent quedeux-mêmes : lEuropéen trouvera une véritable société euro-péenne, un casino à la française, un opéra italien. Les Grecs et lesArméniens ont chacun leur archevêque; les premiers peuvent sins-truire dans une sorte duniversité. Le gouverneur de Smyrne reçoit directement ses ordres du diwan ; il est assisté dun juge dela catégorie des six de Roumélie . Enfin, comme Constantinople ,Smyrne a deux journaux, dont lun est français . Ses principauxédifices sont le grand bazar et le Vizir-Khan, construits en mar-bre blanc avec les débris de lancien amphithéâtre; les marchands

européens de Smyrne ont leurs maisons de campagne à Bournabah.On peut aller de visiter soit Manissa, lancienne Magnésie, soitPhokia, lancienne Phocée. La première a dans son district 40,000habitants; la seconde possède encore un port fréquenté. Des ruinesplus tristes et non moins célèbres sont celles dÉphèse , à environvingt-cinq lieues au sud. Bâtie par les Cariens, embellie par la co-lonie ionienne des fils de Codrus , Éphèse posséda longtemps letemple le plus fameux du paganisme; ce temple fut incendié parErostrate le jour même de la naissance dAlexandre-le-Grand , etréédifié avec plus de magnificence. Le christianisme na pas laissé àEphèse de moins grands souvenirs : lune des premières commu-nautés chrétiennes y fut fondée par saint Jean lÉvangéliste; on yrassembla en 454 le troisième concile œcuménique; on y organisaplus tard le faux concile appelé brigandage dÉphèse . Lévêquenommé de celte ville réside aujourdhui à Yourla, qui est lancienneClazomène ; mais le bourg qui représente Ephèse est Aya-Soloug,ou Aya-Salouk. On fait dériver ce nom dAgios-Théologos, nomdonnée saint Jean. Aya-Soloug est construit avec les ruines du tem-ple et du théâtre. Un autre bourg, qui vit aussi sur des ruines, cestPalalhsa. Il représente la grande ville de Milet , si célèbre dans lesannales du commerce et de la philosophie antique ; les anciens eneffet estimaient également ses professeurs et sa pourpre; si elle fut lamère de trois cents colonies, elledonua naissaneeà autant d'écrivainsparmi lesquels on distingue Anaximandre et Anaximène , Aristide,le plus ancien des romanciers, etEschines, le rival de Démosthènes .Palalhsa conserve à peine quelques vestiges qui indiquent son ori-gine. Il en est de même de Sart. Sur lemplacement de cet amas dehuttes turques sélevèrent les palais de la capitale du riche Crésus,de la plus riche ville de lempire perse, de la Rome de lAsie mineure.La fondation de Sardes se perdait dans la nuit des temps; elle avait,comme Babylone , des monuments prodigieux; témoin le TumulusdAlyattes, lun des Atyades. Cest pour venger son incendie par lesAthéniens que Darius précipita la Perse sur la Grèce . Près de ses mursen 262 se décida lexistence du royaume dePergame, dans une vic-toire gagnée parEumènes I er . A Sardes , enfin, se concentrèrent, pen-dant lépoque impériale, les Romains de lAsie mineure, et si ellenexiste plus, cest que la main puissante de Timour-Leng, en 4 402,a fait ce que les tremblements de terre, le temps et la peste navaientpoint fait. Les restes de la grande église, bâtie par les successeurs desaint Jean lévangéliste, le Tumulus dAlyatte, les ruines dun templede Cybèle marquent seuls fut sa place. 11 était impossible de lamieux choisir, dans une plaine admirable, au confluent de deux ri-vières, à labri des montagnes. Scaianova, maintenant ruinée; Tirra,qui compte 50,000 habitants; Haivali ou Kidonie sur le golfe dA-dramiti, naguères capitale dune petite république florissante, Cas-saba, ne doivent pas être oubliés dans le rayon de Smyrne .

Pergame , lancienne capitale du royaume de ce nom , a été plusheureuse que la capitale de la Lydie . Cette patrie de Galien ne doitpas être confondue avec lancienne ville de Troie . Philétère, uneunuque fonda, en 285, le royaume grec, dont elle était le centre,et qui portait son nom. Elle sélevait au confluent du Caïcus et duCitius; et, sous le rapport des écoles, devint la rivale dAlexandrie .Sa bibliothèque comptait deux cent mille rouleaux de cette per-gamea charta ou parchemin inventé ou perfectionné par ses habi-tants. Attale III , dernier roi, céda par testament Pergame auxRomains. Aujourdhui cette ville est encore importante; elle aconservé quelques antiques souvenirs. Satalia, bâtie par Attale, etnommée Attalea, faisait partie du même royaume; elle sélève enamphithéâtre sur le golfe du même nom. Elle a une forte enceinte,de belles ruines, une charmante situation, et 48,000 habitants.Eski-Adalia, occupe à peu de distance, lemplacement de lan-cienne Side, dont les ruines ont été décrites par le capitaine Beau-fort. Macri sélève près des débris de Telmessus.