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occuper et nommé les principautés (le Kara-Djolan, Souleïmanieh,Djoulamerk, Djézireh , Bidlis et Amadia. Chacune de ces princi-pautés a son chef-lieu. Bidlis est la principale ville, si l’on consi-dère que les voyageurs lui donnent 20,000 habitants. Là réside lefonctionnaire turc qui surveille la province. Djezireh , sur le Tigre ,compte à peu près la même population.
La Mésopotamie , ou le pays entre les fleuves, s’étend entre leTigre et l’Euphrate . Les monts Masius au nord, la Chaldéc ausud, la bornaient autrefois, et on la divisait en Mésopotamie supé-rieure et Mésopotamie inférieure ; celle-ci s’appelait également Ara bie au-delà de l’Euphrate ; la première formait en grande partiela Syrie des rivières et la Mygdonie. La Mésopotamie est le pays despatriarçhes ; là sont nés les ancêtres d’Abraham , et le pays estencore tout pastoral. Son histoire n’a jamais été faite. Jusqu’ici cen’est que l’histoire des principales dominations qui s’y sont succé-dées : Babyloniens , Arabes de Mardocentès, Assyriens , Perses de Cy-rus, Macédoniens, Séleucides , Romains, ParthesetPerscs, Khalilesomniades et abassydes , sultans de Roum et de Perse , Turcs otto mans . Nous avons esquissé ailleurs les divisions du pays. Ses prin-cipales villes sont l’ancienne Amida, aujourd’hui Diarbekir , Orfa,l’ancienne Edesse de Mésopotamie , et la commerçante Mossoul .
Diarbekir est l’ancienne Amida , qui fut elle-même plus ancien-nement Carcathio-Certha ; on la nomme aussi Kara-Amid. Elle do-mine la rive droite du Tigre, que l’on y traverse sur un beau pontde pierre ; c’est une ville d’agriculture, de commerce et d’industrie,elle compte environ 60,000 habitants. On remarque ses murailles,sa cathédrale arménienne. Elle est le siège d’un patriarche nesto-rien et d’un haut fonctionnaire turc.
Mossoul , aussi sur le Tigre dans une belle plaine, s’est illustréepar les légers tissus qui portent son nom. Elle occupe à peu près,dit-on, l’emplacement de Ninive la Grande. On ignore la date pré-cise de sa fondation; elle eut longtemps des sultans qui relevaientdes khalifes, et malgré la brillante industrie qui la distingue au-jourd’hui , elle a brillé d’un plus vif éclat. Nadiy-Schah, en 4744,essaya vainement de l’arracher aux Turcs. Mossoul est aujourd’huile siège d’un patriarche catholique. Sa population s’élève à environ60,000 âmes. Nounia, dans ses environs, rappelle par son nom etquelques débris la capitale des Assyriens.
Orfa a succédé à Edesse, qui elle-même succéda à Ur , ville exis-tant à l’époque d’Abraham ; elle possède encore aujourd’hui50,000 habitants. Ilaran, nonmoinsancienne, a faitplaceàCharres.Nisibin occupe l’emplacement de la forteresse de Nisibis dont lapossession mit si souvent aux prises les Sassanides et les empereursGrecs.
Rakka, sur la gauche de l’Euphrate , fut une des résidences d’A-roun-al-Raschid.
Il faut enfin remarquer les villages Jezidis dans les montagnesdu Sindjar. Ces Jezidis sont, dit-on, les héritiers de ces Magesdont le siège principal était à Haran. Un scheïkh général nomméAlscheïkh-Almoazzem les préside.
Nousavonsnommé, dansles divisions, la petite ville d’Ana; c’est larésidence d’un émir à peu près indépendant. Elle s’élève sur la rivedroite de l'Euphrate , et prête aux caravanes des abris commodes
4. - 1RAK-AR4BI.
L’Irak-Arabi est l’ancienne Babylonie , tandis que l’Irak-Adjémiest l’ancien pays des Mèdes. On peut le regarder comme une vastesérie de plaines arides sur lesquelles débordent le Tigre et l’Eu phrate . Nulle terre n’a eu une pareille destinée; nulle ne peut se
vanter d’avoir eu, comme elle, la première ville, le premier empire;nulle ne peut se vanter d’avoir successivement reconnu pour reinesdes villes telles que Babylone où régnèrent Nemrod, le plus ancienconquérant, Sémiramis, la plus illustre des reines , et Alexandre,le plus hardi génie de l’antiquité: telles que Bagdad , la ville desléeries et des prodiges comme Babylone était la ville des merveilles.Nous ne parlons ni de Séleucie, ni de Ctésiphon , capitale des Séleu cides et desParthes, et qui forment une transition sévère entre lesdeux premières. Telle est la puissance des grands fleuves.
Babylone , fondée par les hommes échappés au déluge, n’existeplus que dans Hérodote et dans ses ruines. Isaïe l’avait d’avancevouée à la destruction ; nous ne parlerons pas des prodigieux ou-vrages qu’y élevèrent Sémiramis et Nabuchodonosor ; nous rappel-lerons seulement qu’elle fut le siège d’un grand nombre de grandsempires depuis 2,540 av. J.-G. jusqu’àCyrus, vingt siècles plus tard.On doit distinguer celui que fonda Nemrod et sur les débris duquels éleva celui de Mardocentès, chef arabe, en 2,248 ; à ce second suc-céda l’empire assyrien deBélusqui se perpétua jusqu’à Sardanapale,en 759, avec Babylone et Ninive pour capitales. Sur ses ruines s’élevale royaume du prêtre-roi Bélésis, qui subsista depuis 759 jusqu’à689; et avec ce dernier et le second de Ninive , Nabopolassar formale second empire assyrien, dont la capitale fut exclusivement Baby lone , Ninive ayant été détruite en 625. En 558, Cyrus, en détour-nant l’Euphrate , entra dans la cité reine de l’Orient; il la dépossédade son rang; elle se révolta contre les Perses. Darius y rentra, grâceau dévouement de Zopire. Alexandre y mourut en 524, daus unappartement qu’il fut donné quatre siècles plus tard à Trajan decontempler. Avec lui mourut Babylone , qui serait avec lui devenuemagnifique de toute la magnificence grecque. Séleucus , le fonda-teur des Séleucides, ayant tracé les contours de Séleucie sur leTigre, chaque jour on prit pour construire cette ville des matériauxà Babylone , et selon la belle expression du poète, empruntée à Isaïe ,elle rampa au niveau des déserts, et les prophéties s’accomplirent.Le Birs Nembrod est aujourd’hui la ruine qui atteste le mieux sonexistence. On croit reconnaître dans cette colline les assises de laTour de Babel; comme les autres débris qui l’avoisinent, elle fournità la contrée des briques toutes cuites et pour ainsi dire neuves encore.
Quant à Séleucie, fondée en 507 avant Jésus-Christ par le princeque nous avons nommé, elle ne tarda pas à avoir le sort de la villequ’elle avait dépossédée. Sur la rive opposée du Tigre , les roisparthes fondèrent Ctésiphon pour en faire leur résidence d’hiver.Les Sassanides adoptèrent cette ville, et quand vinrent les Arabes ,ils la renversèrent de même que Séleucie. Avec leurs ruines onéleva Bagdad ; mais ces ruines ne furent pas épuisées : on lesnomme Al-Madain, les villes , appellation pleine de profondeur etdevant laquelle on ne peut s’empêcher de sonder la variabilité deschoses humaines.
Bagdadfut fondéeen762, après Jésus-Christ , par le khalife Abou-Gialar-Almanzor pour être la capitale des khalifes maîtres du monde,et de la civilisation arabe. Un songe avertit le fondateur du choix àfaire pour son emplacement; les populations l’adoptèrent, et Bagdad resta jusqu’en 4258 la ville politique principale de l’Islamisme. LesMogols , à cette époque, mirent fin au kbalifat et à la splendeur de sacapitale, à laquelle il était d’ailleurs réduit sous la tutelle des Turcs.Les Ottomans l’arrachèrent aux princes de Perse en 4554. Elle futbientôt reprise par eux et réduite seulement en 4 658. Quoique biendéchue, cette ville s’étend encore des deux côtés du Tigre : elle compte400,000 habitants, dont la plus grande partie dans Bagdad , pro-prement dite, sur la gauche du fleuve. Elle fait un grand commerceet est sans cesse visitée par la civilisation européenne ; son aspect estcelui d’une cité persane ; sa position et ses fortifications la rendentdifficile à prendre, même par une forte armée. Elle a de beaux édi-fices, comme le palais du gouvernement, l’arsenal, le tombeau de