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Zobéïde, épouse favorite du khalife Aroun ; ses karavanseraï et sesbazars méritent aussi une mention; son pont de bateaux compte sixcent vingt pas.
Bassorah , ville toute marchande, est maintenant la seconde del’Irak-Arabi: sa population atteint le chiffre de GO,000 âmes. Elleest située sur la rive droite du Chat-el-Arab , c’est-à-dire de l’Eu phrate et du Tigre réunis, et qui lui forment une sorte de port très-fréquenté; ses rues, comme celles de Bagdad , sont tortueuses etsales, sa position est également forte. Elle est plus ancienne que sarivale et remonte au khalifat d’Omar. Vingt-deux lieues la séparentdu golfe persique et cent de Bagdad .
Les autres villes à citer, après ces célèbres centres de population,sont : Hilleh dans le voisinagedes ruines de Babylone ; Meched-Ali,qui possède le Meched ou tombeau d’AIi, gendre du prophète; etMeched-Hossein, qui possède le tombeau du fils d’AIi. La première aaussi dans ses environs un prétendu tombeau d’Ezéchiel . Kouffa ,première colonie arabe de l’Euphrate , berceau des Alides, n’offreplus que des ruines. Elle avait été fondée par le calife Omar, et sonécole de théologie musulmane fut longtemps un oracle.
L’Arménie parait s’être divisée depuis une très-haute antiquité engrande et petite. La grande s’étendait entre l’Euphrate et le Tjgre ;la petite à l'ouest de ce dernier. Elles formèrent de très-bonneheure un royaume où nous trouvons pour héros Haïk, contempo-rain deBélus et de Sémiramis. Après avoir été gouvernée par cin-quante-neuf rois haïganiens, depuis ce chef célèbre jusqu’en 528,elle fut enlevée par les soldats de la Macédoine à Valié, dernierprince de la dynastie d’Haïk. Elle passa ensuite aux Séleucides (voy.Syrie ) ; mais en -189 Artaxias s’y rendit indépendant; et des princesdistingués, parmi lesquels nous distinguons plusieurs Tigrane, yrégnèrent jusqu’en 75 de notre ère. Tiridale était le dix-huitièmesuccesseur d’Artaxias ; c’est sous lui que l’Arménie devint tributairedes Romains. Son royaume ne comprenait pas la petite Arménie .Celle-ci, affranchie en J 89 sous Zariadas, puis soumise au roi desGalates , devint romaine à la même époque. Les Parthes , puis lesPerses Sassanides, leurs successeurs, arrachèrent les Arméniens auxRomains et à la dynastie qui y régnait.
Depuis la chute des Sassanides , l’Arménie n’a pour ainsi dire pasd’histoire jusqu’aux Pagratides qui s’y élevèrent en 855 de Jésus- Christ . Les Grecs arrachèrent à cette dynastie la petite Arménie ;mais Rupen, prince pagralide, la recouvra. Les Mogols en -1575passèrent comme un torrent sur le pays et renversèrent la dynas-tie de Rupen ; les turcs ottomans vinrent ensuite. Toujours mal-heureuse, l’Arménie fut alors disputée entre la Perse et ces conqué-rants, et entre les Turcs et les Russes ; aujourd’hui l’Arménie sedivise en Arménie russe et Arménie turque. Les bornes qui séparentles deux dominations sont extrêmement litigieuses; l’ancien paysd’Erivan et celui d'Akhaltsiké sont aux Russes .
L’Arménie se distingue entre toutes les contrées par sa nation, laplus cosmopolite de l’Asie , et qui y a suivi partout les Juifs, les Grecset les Francs . Les Arméniens sont chrétiens monophysites, et leurEglise a des rites et un patriarche particuliers. Quant à l’Arménie elle-même, de hautes montagnes chargées d’une couronne et sou-vent d’un manteau de neige; des vallées dont la richesse fait croireau paradis ; un règne minéral des plus variés; un petit nombre devilles, la voilà en peu de mots.
Erzeroum est sa principale cité : l’on n’y compte pas moins deJ 00,000 âmes. Les Turcs l’arrachèrent à la Perse en J5J7 ; ils laperdirent un instant en \ 829; les Russes qui l’avaient prise larendirent en J 850. Elle s’élève, dans un pays froid et montagneux,à onze mille kilomètres de Constantinople dont elle est une des
possessions les plus lointaines, et non loin de l’Euphrate ; c’est uneposition militaire des plus importantes et en même temps un centrede commerce et d’échanges, où les marchandises du Caucase, cellesde la Perse, celles de l’Asie mineure et des Indes viennent se rencon-trer. II y réside un pacha turc de premier ordre ayant rang après leserasker général et surveillant les princes ou pachas héréditaires deVan, de Bayezid , de Mouch et d’autres chefs moins considérables.Les douanes, les caravansérails rivalisent avec les mosquées dontOuloudjérni est la plus belle; les églises arméniennes sont nom-breuses; la fabrique d’armes est la meilleure de l’empire; l’arsenalcontenait, lors de l’occupation des Russes , d’anciennes armuresarabes travaillées, selon toute apparence, par des ouvriers d’Erze-roum. Les principaux articles de commerce sont l’acier, les lamesde sabre, les soieries, le cuivre et les tissus de coton.
Ani se place après Erzeroum comme contenant un ancien etmagnifique palais des rois d’Arménie ; c’est une ville d’admirablesruines, située sur l’Arpatehai et bien fortifiée.
Van est plus célèbre, mais moins curieuse; c’est l’ancienne Sé-miranocerte, fondée par la grande héroïne de l’Orient sur le lacArsissa ou de Van et détruite par Tamerlan . Tout y rappelle encorele souvenir de l’épouse de Ninus et celui des autres conquérants dupays; on y compte environ 20,000 habitants. La contrée danslaquelle celte ville estsituée est peut-être la plus belle de l’Arménie :elle forme un pachalik héréditaire.
Il en est de même de Bayezid , cité fortifiée , commerçante et peu-plée de \ 5,000 âmes ; les autres villes remarquables sont Karz, rési-dence d’un haut fonctionnaire turc, Erzindjan et Maden.
Erzindjan s’élève sur l’Euphrate dans un territoire presqu’aussibeau que celui de Van. Sa population est de 20,000 habitants; soncommerce ne manque ni d’activité ni de variété. Pour Maden,ce sont les mines de cuivre de ses environs qui la recommandent.
Quant à Armauria, qui s’élevait sur une colline au nord del’Araxe , et qui avait été fondée selon les Arméniens l’an 2,000 avantJésus-Cbrist, cette capitale des rois d’Arménie pendant dix-huitsièclesa complètement disparu. Naxuana, siluéeau sud-est du mont Ararat , et plus ancienne, dit-on, que Babylone , est aujourd’huiNakchivan: elle appartient aux Russes .
La Syrie , que l’Ecriture nomme Aram, et que les Arabes appellentScham ou Bar-el-Cham , abonde en souvenirs devant lesquels lechrétien et le sectateur de Mahomet s’inclinent également. Les des-cendants de Chain la peuplèrent d’abord, et nous y voyons, dès lestemps les plus anciens, les petits royaumes de Damas , d’Hamah ouEmèse , de Gessur et de Sobah ou Sophême, et les différents peu-ples dont parle la Bible . Les Juifs sortis d’Egypte étant venus s’yétablir dans la partie qui porte encore aujourd’hui le nom de Pales tine , les-anciens habitants allèrent peupler cette autre partie de laSyrie que l’on nomme Phénicie. Une lutte s’établit de bonne heureentre les rois de Ninive et de Babylone , et leursvoisins. Toute la Syrie fut successivement conquise par eux. Cyrus la leur enleva commetout le reste de leur puissance; Alexandre-le-Grand la conquit parsa victoire sur Darius, et à sa mort elle devint le siège d’une dynas-tie macédo-grecque, connue dans l'histoire sous le nom deSéleueide,du nom de Séleucus, son fondateur, en 50J. Antiochus N1II, l’Asia tique , fut le dernier prince de cette maison; et en G4 les Romains, parle bras de Pompée , réduisirent la Syrie en province romaine. Maisla puissance des Séleucides avait péri depuis longtemps. Elle quidans les premiers temps embrassait tout l’ancien empire perse enAsie , la Syrie , l’Asie mineure, la Susiane , la Babylonie et l’Assy rie , la Médie et la Bactriane , elle avait vu se détacher d’elle leroyaume des Parthes et celui de Bactriane en 255; elle avait perdu