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Tome second.
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froids et humides, où l’aclion de l’air et de la cha-leur sur la souche coupée est si nécessaire pour ledéveloppement des jeunes bourgeons, et elle le se-rait peut-être encore dans les taillis composés dejeune bois, dont les racines n’auraient pas assezd’énergie pour pousser au dehors les surgeons des-tinés au repeuplement; tandis que dans les payschauds et dans les terrains secs, où le soleil fait ger-cer les étocs et occasionne une grande évaporationde sève, elle pourrait être utilement employée, sur-tout pour les vieilles souches. Cette méthode neprésente donc que des avantages bornés à quelqueslocalités ou circonstances ; et la disposition de l’or-donnance qui prescrit de couper les bois le plus prèsde terre possible, et qui, par conséquent, évite lesinconvéniens des coupes au-dessus du sol et ceuxdes coupes en terre, est véritablement la seule règlegénérale que la loi a dû tracer, et dont on ne doitpas s’écarter dans les forêts soumises au régime del’administration, à moins d’une autorisation spé-ciale , et dans les forêts des particuliers, sans avoirmûrement examiné toutes les circonstances locales.

Guyot, dans son excellent Manuel forestier, rendcompte des expériences qu’il a faites sur les diffé-rentes manières de couper les taillis et les futaies,et il indique une méthode qui pourrait bien avoirdonné lieu à celle de M. Douette-Riehardot ; maisil faut remarquer qu’elle n’est, dans le sens où elleest présentée, que la conséquence de la dispositionde l’ordonnance; que l’autour n’en fait point unerègle générale applicable à tous les lieux, à toutesles espèces de bois et à tous les âges de taillis ou defutaie. Elle a sur-tout pour objet l’enlèvement desvieilles souches recouvertes de nœuds , et où la sèveéprouve mille obstacles dans sa marche et dans seseffets. Pour mettre nos lecteurs à portée de jugerdans quel esprit est présentée la méthode de Guyot,nous allons la rapporter textuellement.

« Abatage des buis taillis. — Il est surprenant,dit l’auteur, que les bois taillis se coupent encorecommunément assez mal, malgré la disposition pré-cise de toutes les ordonnances forestières même lesplus anciennes. Dès les années i 3 j 6 , i 388 , 14.02et i 5 i 5 , on avait ordonné le recépage des bois malcoupés. L’ordonnance de 1669 s’explique là-dessusde manière à 11e laisser aucun doute. L’art. 4 2 dutit. XV dit : les futaies seront coupées le plus prèsde terre que faire se pourra, et les taillis, etc. Lesforestiers qui ont rédigé cet article étaient intime-ment persuadés de quelle conséquence il est pour lebon aménagement <le 11e laisser paraître aucunesouche sur terre; car pour 11e laisser aucun anciennœud , il faut certainement emporter la plus grandepartie d’une vieille souche, et quelquefois la tota-lité, lorsqu’elle est considérable et pourrie seule-ment dans l’intérieur : une pareille souche recou-verte d’écorce vive .est une vraie loupe qui, engrossissant tous les ans , occupe une grande partiede la sève cjui doit nourrir et élever toute la famille.

» J’ai fait les plus grandes expérience-* sur les dif-férentes manières de couper les bois taillis, et enfin,depuis plusieurs années, je suis parvenu à les faireabattre, de façon à multiplier beaucoup ilç brins-pieds et à renouveler toutes les anciennes cépées. La

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beauté de ces taillis, que je puis faire voir, prouvesi parfaitement la bonté de cette méthode, que ;eme contesterai de l’exposer, sans m’occuper de laréfutation des autres.

» Il faut, i°. que le bûcheron ôte avec la main,■les feuilles et les mousses qui couvrent une partiedes vieilles souches ; a“. qu’il frappe la terre tout àl’entour avec la tête de la cognée, pour découvrirles principales racines latérales; 3 °. qu’il coupe avecla cognée ces grosses racines, en s’avançant de cha-que côté dans le dessous de la souche, qui souvents’enlève comme un fromage, lorsqu’il ne se trouvepoint de pivot, ou lorsque ce pivot est pourri;4°. si la souche est garnie d’un pivot, il suffit, aprèsen avoir séparé les racines dans le contour, de lablanchir en ôtant toute l’écorce dont elle se trouverecouverte. Toute communication étant rompue avecles racines, cela fera le même effet (jour le renouvel-lement du bois que si elle était enlevée.

n En abattant les taillis de cette manière, on mul-tiplie et on rajeunit toutes les cépées sans aucunedépense. J’ai vu des souches anciennes, grossescomme des rondelles, bien enlevées de cette façon ;toutes les racines latérales étant séparées les unesdes autres, ont produit jusqu'à vingt maîtres brinsde pied, droits comme des cierges, qui, à la pre-mière exploitation, feront autant de cépées nou-velles. Ces racines forment un chevelu nouveau àmesure que les jets s’élèvent; l’organisation n’an estpoint interrompue par la corruption d’une vieillesouche , et toute la sève est employée à nourrir et àvêtir le nouveau-né de chacune, qui ne communi-que plus avec les autres. Cette méthode revient àcelle que INI. Duhamel donne pour le renouvelle-ment d’une ormoie. Quand on laisse subsister cesanciennes souches, même les plus jeunes, la sèveque les racines produisent en abondance est obligéede passer par des tours et des détours si multipliésdans la partie intérieure de celte espèce de loupe ,qui se corrompt toujours, qu’elle se détruit engrande partie avant de monter dans les tiges : aussicette souche grossit, tandis que ses eniàns languis-sent. En effet, que l’on examine avec attention le»morceaux d’une souche enlevée à la cognée, on dé-couvrira tous les plis et les replis des iilamensligneux, semblables à des pelotons de fil, et on seraseulement surpris qu’un pareil entrelacement ait pufaire ou permettre aucune production.

» Comme l’enlèvement d’une vieille souche exigequelquefois autant de peine que l’abatage d’un ar-bre, il faut en abandonner le profit au bûcheron ,autrement on ne viendra jamais à bout de bien fairecouper des bois taillis. Le marchand ad-

judicataire v gagne considérablement par le pied dechaque brin, qui se trouve avoir, indépendammentde Li souche, 6 pouces de longueur de plus dans lapartie la plus riche; cela peut aller à une corde etdemie pur arpent. Le propriétaire profite le plus; ilvoit toutes les parties de ses bois qui étaient prêtesà finir, se renouveler comme s’il eût fait une plan-tation nouvelle ou un ancien semis; et il peut sepasser de la germination des graines pour se procu-rer, soj,t des cépées neuves, soit des baliveaux,dont il trouvera un nombre suffisant dans ces brins