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plusieurs services, et perd par conséquent beaucoupde sa valeur ; et comme l’ouverture de ces fentes serecouvre presque toujours d’aubier, on ne peut lesapercevoir que lorsqu’on travaille le bois, ce quicause tant de rebuts dans les arbres qu’au premiercoup-d’œil on avait crus sains et d’un bon emploi.
Les arbres abattus se fendent presque tous parsuite du retrait de leurs fibres, que produit l’évapo-ration de la sève. Il y a à cet égard des différencessans nombre, suivant l’espèce de l’arbre, l’époquede l’année où il a été abattu, le terrain et l’expo-sition où il se trouvait, son âge, le plus ou moinsde rapidité de la dessiccation, etc.
TJn arbre abattu se dessèche, diminue de volume,et à mesure qu’il se resserre, les fentes parais-sent. Ces fentes sont d’autant plus grandes que ledessèchement est plus prompt, ainsi qu’on le re-marque sur les arbres exposés au grand soleil, etque le bois par lui-même est d’une fente plus facile,ce qui dépend de la contexture des fibres ligneuses.Un arbre coupé en sève se fend et se gerce plus quecelui qui est coupé en hiver, époque où il renfermemoins de sève. 11 est donc utile d’abattre les arbresen hiver, de les laisser dans leur écorce pendantquelque temps, et de les placer à l’ombre, afin quel’évaporation de la sève se fasse le moins prompte-ment possible.
On empêche aussi plus ou moins le fendillementdes arbres qui viennent d’être abattus, en les met-tant pendant un certain temps dans de l’eau douce ousalée. (V. Orme .) Dans ce cas, la sève est dissoute,et l’eau n’étant point visqueuse comme elle, ne favo-rise nullement le fendillement. L’eau chaude pro-duit plus rapidement le même effet. V. Gerçure , etle mot Marine.
Les arbres qu’on a écorcés au printemps et quel’on coupe l’hiver suivant, ne se fendillent presquepoint; mais nous avons démontré, au mot Ecorce-ment, les inconvéniens de cette opération.
Varennes de Fenille a fait des expériences sur lesfentes et les gerçures que les différentes espèces debois éprouvent par le dessèchement. Nous les fai-sons connaître à l’article de chaque arbre.
FENTE(BOISDE). Nousavons ditquelques motsdes bois de fente , t. I er ., p. 391.
On appelle bois de fente celui qu’on débite enle fendant en plusieurs morceaux, comme on le pra-tique pour la confection des échalas, des lattes, dudouvain, du merrain , etc.
Plusieurs motifs déterminent les marchands àtaire faire du bois de fente : i°. la position d’une fo-rêt relativement au débit qui peut se faire avanta-geusementdes merrains, traversins, échalas pour lesvignes, rames, gournables ou chevilles pour lesvaisseaux, cerches pour la boissellerie, lattes pourles couvertures de toits, etc. ; a°. quand le bois n’estpas d’assez bonne qualité pour fournir de bonnespièces de charpente; 3 °. quand, par la difficulté deschemins, l’éloignement des rivières navigables et desgrandes routes, ou la distance trop grande de la forêt,jusqu’aux lieux où l’on en pourrait faire la consom-mation, le transport devient trop coûteux. Cependantles marchands devraient faire attention que si d’uncôté ils retirent un grand produit du corps d’un gros
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arbre débité en fente, de l’autre il leur en coûtenécessairement un prix considérable pour la façon.Et d’ailleurs, il serait (dit Massé, dans son Traitédes bois) d’une bonne police de mettre des entravesà la cupidité des marchands, et de les détourner decouper par tronces les plus beaux et les plus grosarbres pour en faire de la cerche; car on pourraitfaire de très-bons seaux avec du merrain de boisblanc, cerclés de fer, et débiter les arbres dont onfait de la cerche en bois de menuiserie, de char-pente ou do construction, suivant la qualité et lanature du bois, d’autant mieux que les écha.las, leslattes, le merrain peuvent se prendre dans des arbresqui ne sont pas fort gros.
Il y a de l’épargne à fendre le bois plutôt que dele scier, pour les lattes, les douves des futailles,les cerches de boissellerie, etc. ; car outre la pertequ’occasionne la coupe de la scie, qui fait toujoursun objet de 2 à 3 lignes, et qui ne produit que dubois tranché, c’est que, par l’industrie dVs ouvriersfendeurs , ces ouvrages sont faits presqu’en un ins-tant. Mais tous les bois ne sont pas également pro-pres pour la fente : les uns se fendent beaucoupmieux que d’autres; le chêne et le hêtre se fendentcommunément mieux que l’orme, l’érable, etc.;l’orme-teille et Vorme femelle à larges feuilles sefendent ordinairement beaucoup mieux que l’ormetortillard. Parmi les chênes, celui qui porte son fruiten grappes, se fend ordinairement mieux que celuidont les fruits sont attachés à des queues fort courtes.Ce n’est pas cependant une règle générale, puisquela même espèce d’arbre élevée dans le même terrainet à la même exposition, se trouve tantôt de bonnefente, et tantôt hors de pouvoir être employée à cettedestination ; et encore souvent il arrive qu’un arbrequi se fendra bien vers les racines, sera très-difficileà fendre vers le haut de sa tige.
Mais en général on juge qu’un chêne se fendrabien, quand son écorce est fine, quand l’arbre di-minue uniformément de grosseur, et quand il a peude nœuds. Les bois roux, pouilleux et vergetés sefendent quelquefois assez bien quand ils ont touteleur sève, quoiqu’ils soient défectueux et d’un mau-vais emploi- Les bois roulis doivent être rejetéspour les ouvrages de fente, parce qu’ils donnentbeaucoup de déchet.
On prétend que le hêtre dont la tige 11’est pasexactement arrondie, et où il se trouve des espècesde côtes qui s’étendent suivant la longueur du tronc,est le meilleur de tous pour la fente; que l’on pré-fère l’arbre où les fibres longitudinales ont une di-rection droite, et qui forment une hélice ou vrilletrès-allongée ; que quand les fibres tournent de droiteà gauche, l’arbre se fend mieux vers la tête qu’aupied, et que le contraire arrive si les fibres tournentde gauche à droite ; mais il est certain que les arbresse fendent d’autant mieux que leurs fibres suiventune ligne plus droite dans toute la longueur dutronc ; que les jeunes arbres se fendent mieux queles vieux, le bois vert mieux que le bois sec, et ceuxqui poussent avec force mieux que ceux qui croissentlentement.
Il est difficile de décider si un arbre sur pied serade bonne fente ou non ; mais on doit absolument