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arrose souvent et doucement, jusqu’à ce qu’ellessoient levées, pour leur conserver leur humidité.
On accélère beaucoup la levée des jeunes plants,si, aussitôt l'ensemencement, on recouvre le ter-rain d’un châssis, ou si on sème les graines dans uneterrine ou sur couche. Ces plants acquièrent alorsbien plus tôt la force nécessaire pour résister auxfroids de l’hiver, contre lesquels d’ailleurs on lesmunit, en les entourant de terre et en les recou-vrant de feuillage et de ramilles.
Au printemps suivant, on les transplante en pé-
i ûnière , en les espaçant à un pied de distance. Danses premières années, on les abrite pendant l’hiver,en les recouvrant d’une couche très-épaisse defeuilles, qu’on enlève,'au printemps, quand lesfroids sont passés.
On relève alors chaque tige, qu’on attache à untuteur : de cette manière, on les acclimate petit àpetit, et on les met en état de supporter nos hivers,sur-tout si on les place dans des endroits abrités etdans un terrain frais, sablonneux et mêlé de ter-reau.
La transplantation doit toujours avoir lieu auprintemps. Les plantations faites en automne sontsujettes à être endommagées par les gelées.
Au bout de trois ou quatre ans, on procède à laplantation à demeure.
On multiplie encore cet arbre par la greffe, quel’on fait sur des robiniers ou faux acacias, et parbouture 5 mais les plants que l’on élève de cette ma-nière sont toujours délicats et périssent communé-ment dans nos hivers.
On connaît trois variétés de févier : l’une , qui ales gousses très-longues et les folioles petites; l’au-tre, dont les gousses n’ont que 3 à 4 pouces de long,et dont les folioles sont larges; et la troisième, quin’a pas d’épines. Il parait que cette dernière est dueà la culture; car elle se voit dans les semis de l’es-pèce ordinaire, et ne se trouve point en Amérique ,l es autres espèces de févier sont :
Le Févier nionospernie , dont les feuilles et lesépines diffèrent peu de celles du précédent ; maisdont les gousses sont presque rondes et ne contien-nent qu’une seule semence. Il croit en Caroline eten 3 irginie, dans les lieux marécageux, et s’élève àla même hauteur que l’autre; il est très-sujet à lagelée : c’est pourquoi il est peu multiplié en France .
Le Févier de la Chine , qui a les feuilles deuxfois ailées; les pinuules composées de six à huitpaires de folioles ovales-oblongues, deux fois pluslongues et trois fois plus larges que celles des précé-dens; les épines plus grosses, plus courtes, moinsnombreuses sur les rameaux, et beaucoup plus abon-dantes et plus longues sur le tronc; les fruits rare-ment de plus de 6 pouces de long. Cet arbre secultive dans les jardins des environs de Paris . Il nele cède pas en grandeur et en beauté au févier à troisépines, il a même sur lui l’avantage d’être moinssensible à la gelée, et de donner plus fréquemmentdes fruits. On en voit de beaux pieds portant grainesau Jardin royal des Plantes et chez M. Cels.
Le Févier a grosses épines , gleditsia macrocan-thos (Desf. ) , gleditsia Jerox , a les feuilles deuxfois ailées, les pinnulés composées de folioles oblon-
gues, coriaces , plus vertes et plus luisantes en des-sus; les épines nombreuses, très-grosses, et sou-vent surcomposées ; le bois couvert de poils extrê-ment courts. On le dit originaire de la Chine , commele précédent, avec lequel on le confond sous le nomd e févier de la Chine . C’est un arbre très-propre àfaire des haies; il ne craint point les gelées, et de-puis quelques années on le multiplie de graines pro-venant d’arbres existant en France .
Le Févier de la Caspienne , gleditsia capsica.(Bosc. ) Il est encore très-peu répandu.
FI. Nom d’un chêne fort voisin du chêne pédon-ctilé, mais peut-être distinct, qu’on trouve dans laforêt de Chambord.
FIBRES LIGNEUSES. Ce sont des filets irrégu-liers, très-minces, regardés comme formant seuls,ou par leur réunion , des canaux par lesquels circu-lent les fluides des végétaux. Elles s’élèvent depuisla racine jusqu’à l’extrémité de l’arbre, et se distri-buent dans les pédicules des fruits et des feuilles ;mais quoique leur direction soit longitudinale,elles s’écartent souvent pour se rapprocher les unesdes autres à certaines distances, et forment unesorte de réseau dont le parenchyme remplit les in-terstices.
Les fibres s’enlèvent plus ou moins facilement àl’aide de la macération dans l’eau, ainsi que cela alieu pour le chanvre que l’on fait rouir. Elles per-dent leur solidité par la putréfaction; il ne subsisteplus d’adhérence entre les parties dont elles sontcomposées : ces fibres se changent alors en unepulpe friable. U parait que, d’après les nouvelles re-cherches physiologiques, ou ne considère plus lesfibres comme des filets, et qu’on les regarde commede véritables membranes qui se déchirent longitu-dinalement (Y. Physiologie xégét. ); mais commeces fibres se présentent, à l’œil nu , sous la forme defilets, dans le bois, dans l’écorce du chanvre, dulin, etc., nous pouvons leur conserver le nom defilets, qui leur a été donné par Duhamel.
Une des perfections des arbres, c’est d’avoir lesfibres de leur bois très-droites; mais il y en a dontles fibres sont tellement torses, qu’elles décriventdes hélices autour de la tige, ce qui est un défaut,sur-tout dans le chêne que l’on destine à des oui ragesde fente. Cependant cette disposition devient unavantage dans l’orme, qu’on emploie à des ouvragesde charronnage. Les ouvriers qui fendent le hêtrepour en faire des ouviages de ràclerie, ne sont pasfâchés d’y voir des fibres un peu contournées, et àmoins que cetle torsion ne soit bien considérable,on ne la craint pas beaucoup, parce qu’au moyendu feu on vient à bout de redresser une pièce defente qui se trouve un peu voilée en aile de moulin.Cette direction de fibres ne fait aucun tort aux arbresqu’ou emploie en entier.
Le bois de bonne qualité doit avoir les fibresfortes et souples, rapprochées les unes des autreslors même qu’il est devenu sec , et les copeaux quel’on coupe à la cognée ne doivent point se romprequand ou les plie, ou si on les plie au point de lesrompre, ils doivent se séparer par grandes filan-dres : au lieu que les bois que les ouvriers nom-