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toute sa longueur , les deux gardes des bords et lapièce du milieu, où l'on place les moussières; lesautres pièces, qu’on nomme de remplissage, se trou-vant de diftérentes longueurs, sont ajustées de fa-çon que plusieurs puissent faire la longueur de labrelle ; ou les lie les unes aux pouliers de l’avant, lesautres aux pouliers de l’arrière et à celui du milieu,sinon on perce des trous au bout des pièces qui setouchent, pour les lier les unes aux autres avec desTouettes.
Pour qu’un train puisse bien se gouverner à l’eau,il faut qu’il soit plus large par le bout de derrièreque par celui de devant ; ce que l’on peut faire aisé-ment en disposant les pièces de façon que leur boutle plus menu soit placé à l’avant de la brelle et legros bout vers l’arrière.
Lorsque les bois soirt lourds et qu’on les juge pou-voir devenir canards en peu de temps, on ménageentre les pièces de remplissage, sur-tout vers l’avantet vers l’arrière , des places vides , dans lesquelles onplace des futailles, que l’on assujcttitfermement avecde fortes liarts.
On fait plus ou moins de coupons ou brolles, sui-vant que les pièces de bois sont plus ou moins lon-gues. Le coupon de devant se nomme coupon oubrelle de tâte ; celui de derrière , brelle de queue : ledessus des brelles doit toujours être de niveau; ledessous ne peut pas toujours l’être, parce que lespièces sont d’épaisseur inégale. Toutes les pièces quidoivent former une brelle ayant été ajustées sur leriyageet percées de leurs trous aux endroits marquésavec la règle, on les jette à l’eau pour lier à flot lespouliers sur les pièces avec des rouettes. Les deuxbrelles étant faites, ou les lie l’une à l’autre, de fa-çon qu’il y ait du jeu eutre elles suffisamment pourpouvoir leur faire prendre la courbure des sinuositésd’une rivière. Ces trains ainsi dressés, on les con-duit de la même manière que ceux de bois à brûler;oq les gouverne avec des perches ou avec deux ra-mes, qu’on place entre les moussières de l’avant etcelles de derrière.
Trains de bois de sciage.
Les trains de bois de sciage se dressent comme ceuxde bois à brûler; c’est-à-dire qu’on met les planches,les membrures, etc., en travers. Comme ces piècesont ordinairement 12 ou 18 pieds de long, elles fontla largeur totale d’un coupon, qu’on nomme éclu-see ; au lieu qu’il faut trois ou quatre branches pourfaire un coupon de bois à brûler, qui est commu-nément de 14 pieds de largeur. On arrange à terre,sur un plan incliné ou sur une couloire, et sur troisou quatre chantiers posés dessous, et qui ont souvent12 ou i4 toises de longueur, un lit de grandes plan-ches ou membrures de la longueur et largeur qu’onveut donner à l’éclusée. En supposant 18 pieds, onarrange sur les chantiers de dessous un lit de plan-ches de j 8 pieds; s’il y a des planches de 6 pieds,on en met trois entre d’autres de 18; si elles ont9 pieds, on en met deux bout à bout pour faire unelongueur de 18 pieds , ou une de 9 et une de 6, etil reste un vide de 3 pieds ; on forme ainsi, lit parlit, l’épaisseur de l’éclusée; ainsi, un train qui qst
composé de deux éclusées se trouve avoir de 24 à28 toises de longueur.
Pour l’épaisseur ordinaire de ces trains, on metcommunément trois solives l’une sur l’autre, ou troispoteaux, ou cinq membrures, ou quatre chevrons,ou quinze planches d’un pouce d’épaisseur, ou dixplanches d’un pouce et demi, ou huit de 2 pouces ;de sorte que l’épaisseur des éclusées se trouve êtrede i 5 à 16 pouces, et que le train entier contient à-peu-près trois cents pièces de bois.
On finit toujours les éclusées comme on les a com-mencées, par des pièces qui aient en longueur toutela largeur de l’éclus%; on pose par-dessus les chan-tiers de dessus, qu’011 lie à ceux de dessous avec desrouettes, de la même façon qu’on lie les coupons debois à brûler , et on les pousse de même à l’eau ; ony ajoute encore quelques traversins pour attacher lesliarts; l’on attache ensemble les deux éclusées,comme les brelles de buis carré, et ces trains se con-duisent aussi avec des rames ou des perches.
Quant aux autres manières de transporter les bois,V. Transport des bois.
Deuxième Section. — Tes réglemens sur leflottage.
I. L’ordonnance de 1669 contient plusieurs dis-positions relatives au flottage.
Les art. 4 2 » 4 ^ et 44 du tit. XXYI 1 défendentde jeter des immondices dons les fleuves et rivièresnavigableset flottables, et de rien laire qui nuise aucours d’eau.
L’art. 43 du même titre concernant le chômagedes moulins établis sur les rivières navigables etflottables, tait défense à toute personne de retarderen aucune manière la navigation et le flottage. V.Chômage.
L’art. 5 a du tit. XV défend à toute personned’empècher ou d’arrêter le flottage des bois, sousprétexte de droits de péage, travers ou autres, àpeine de répondre de tous dépens, dommages et in-térêts des marchands.
II . Suivant l’ordonnance rendue pour la ville deParis , du mois de décembre 1672, tliap. XM 1 ,art. 4 , les marchands peuvent faire tirer et sortirleurs bois des forêts, les faire passer en charrettesou autrement sur les terres ou par les chemins, de-puis les forêts jusqu’aux ports flottables, en dédom-mageant les propriétaires, à dire d’experts. V. laLoi du 28 juillet 1824.
Suivant l’art. 5 de La même ordonnance , ils peu-vent faire faire des canaux et se servir des eaux desétangs en dédommageant les propriétaires, à dired’experts.
Suivant l’art. 6 , ils peuvent faire jeter leur boisà bois perdu dans les rivières et ruisseaux, en aver-tissantlespropriétairesdix jours à l’avance, depuis lelieu du jet jusqu’à celui de l’arrêt, et en dédomma-geant des dégradations si aucunes sont faites.
Suivant l’art. 7, les propriétaires sont tenus delaisser un chemin de 4 pieds le long des bords desruisseaux, pour le passage des ouvriers qui poussentle bois à l’eau.
Suivant Part. 8 , il est permis aux marchands de