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19 0 . Le Frêne lance , F. lancea (Bosc).
20°. Le Frènf. a longues feuilles, F. longi-folia ( Bosc).
31®. Le Frêne cendré, F. cintrea (Bosc).
22°. Le Frêne a feuilles elliptiques, F. ellip-tica ( Bosc).
Il y a encore quelques autres espèces de frênesmoins cultivées dans les pépinières et dont on peutvoir la description par M. Bosc dans le Nouveaudictionnaire d’agriculture.
Les frênes croissent dans les plaines humides, surles revers des montagnes , le long des vallées ; maisils ne réussissent pas bien dans les terrains secs.
Nous allons traiter de ces différentes espèces defrênes , en commençant par le grandfrêne, le frênecommun , qui est la véritable espèce forestière.
Le Frêne commun ou grand frêne ( V. la figure àl 'Atlas, Pl. XIV ), est l’un des plus grands arbreset des plus utiles de notre Continent; il ne craint pasles hivers les plus rudes ; il croit avec rapidité, ets’élève quelquefois jusqu’à la hauteur de 90 et 100pieds ( 3 o à 33 mèt.). Son tronc est uni et bien filé ;sa tête prend une très-belle forme; il ne craint pointle voisinage des autres arbres , et dans les bons ter-rains il acquiert en soixante et soixante-dix ans unehauteur considérable et tontes les qualités d’un bonbois.
Uécorce est lisse et verdâtre sur les rameaux,cendrée et un peu gercée sur le tronc.
Les racines , nombreuses , s’enfoncent beaucoupdans les terrains profonds ; elles tracent dans lesautres.
Les branches sont rares et de peu d’étendue.
Les feuilles sont produites par des boutons re-marquables par leur couleur noirâtre et leur formeovale-obtuse ; elles se développent vers le milieu dumois de mai ; elles sont opposées et formées de qua-tre à six paires de folioles , avec une impaire , quitermine le pétiole commun. Les folioles ou petitesfeuilles sont lancéolées, aiguës, dentées sur lesbords, lisses en dessus, longues de 3 à 4 pouces,et d’une largeur qui varie depuisç jusqu’à 18 lignes ;elles sont attachées par de courts pédicules sur lepétiole commun.
Les fleurs précèdent les feuilles, et paraissent dèsla fin d’avril ou le commencement de mai; ellesforment de petites grappes axillaires et opposées ;elles sont tantôt toutes mâles et stériles sur le mêmepied, tantôt toutes hermaphrodites, et quelquefoismélangées. Le fruit est une capsule d’un pouce etdemi de long sur 3 lignes de large, d’un brun clair,renfermant une semence plat» et longue d’environ9 lignes. Il mûrit dans le mois d’octobre , et tombede l’arbre après la chute des feuilles , ordinairementen novembre et en décembre.
Culture. — Le frêne se multiplie par les semis ,les plantations , les rejetons et la greffe. Les deuxpremiers moyens sont ceux qu’on emploie dans lescultures forestières.
Récolte et consen'ation des semences. — On ré-colte les semences dans le mois d’octobre, aussitôtqu’elles sont mûres , soit à la main sur l’arbre , soiten les gaulant et les recueillant dans des draps. Onles sème en automne ou au printemps suivant : la
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première époque est préférable , parce qu’une partiedes plants lèvent dès l’année suivante ; mais quandon a à craindre le ravage des mulots, des écureuils etd’autres quadrupèdes rongeurs, qui en sont très-friands , il faut les conserver dans du sable frais ,et non les faire sécher, et 11e les employer qti’nn peutard au printemps, par exemple , au mois d’avril ;mais alors elles restent un an en terre avant defever.
Epreuve des semences -On en rompt plusieurs,
et si l’amande, qui est de couleur bleuâtre, a cbn-servé une consistance semblable à celle de la cire,les graines sont bonnes; mais si la substance estsèche et aride , elles ne valent plus rien , et il nefaut pas les employer, parcequ’elles ne lèveraient pas.
Quantités d employer. •— Dans les terrains et lessituations favorables, il faut, pour les semis en plein,3 o kilogr. ou 18 décal. de semences par hectare;dans les positions moins favorables, on peut éleverles quantités jusqu’à 36 kilogr. ou 24 décal. ; maissi on sème en rayons ou par potets , il n’en faut queles deux tiers de ces quantités. Comme il est rarequ’on fasse des semis purs de frêne dans la vite d’enformer des forêts, on diminue les quantités de grai-nes dans la proportion des autres espèces de boisqu’on y fait entrer, soit en semis, soit en plantation.
Terrains , climats et situations. —Le frêne résistebien au froid ; il se plaît et parvient à tout son ac-croissement dans les terres légères et humides, dansles fonds composés d’un mélange de terre végétale,d’argile, de sable et de gravier, qui réunissent laprofondeur à la fraîcheur, ou qui sont traversés pardes eaux courantes. 11 vient aussi dans les terrainsqui ont moins de fond , parce qu’alors ses racines ,quoique pivotantes, tracent et s’étendent au loindans la superficie du sol. On le voit même croîtredans les rochers , pourvu qu’il puisse glisser sesracines dans les fentes et les interstices des pierreset qu’il y ait de l’humidité; cependant les bancs depierre ou de terre compacte, en contrariant son pi-vot, nuisent à son élévation. Les argiles dures, lesterres crayeuses, sèches , et en général les terrainssecs, légers , sablonneux, superficiels, trop pauvreset situés sur-tout dans les coteaux exposés au midi,ne lui conviennent nullement.
On le voit prospérer dans les plaines , dans lesvallées fraîches et ombragées, sur le bord des ruis-seaux, dans les anciens marais desséchés , sur le re-vers septentrional des collines et même sur les mon-tagnes de moyenne élévation, pourvu qu’il y ait dela fraîcheur. L’ombre des autres arbres ne lui faitpoint de tort; mais la sienne leur est nuisible lors-qu’il parvient à les dominer d’une manière trop abso-lue : alors ses branches et ses racines finissent quelque-fois par s’emparer du terrain et parfaire mourir lesarbres, les arbustes, et même les bois blancs, àl’exception du tremble et du peuplier, dont la vé-gétation rivalise avec la sienne. On attribue au dé-gouttement des feuilles du frêne le dommage qu’ilcause aux autres végétaux ; ce qui a fait dire aux an-ciens que son ombre était dangereuse.
Semis à demeure. — Le terrain n’a besoin qued’un labour ordinaire dans les endroits où la char-rue peut être employée ; et dans les endroits enfriche on peut se contenter de cultiver par bandes