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Tome second.
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dans les villages , parce que cet arbre , dit-il , qui ala propriété de brûler étant vert, pourrait, dans lesincendies, servir à propager le Feu. Cette craintene me paraît pas fondée ; mais les inconvéniens descantharides sont des motifs suffisans pour l’écarterdes habitations.

Plantation pour décoration. — Le frêne se placeavec avantage dans les jardins paysagers, soitenmas-sif, soit isolé, et son feuillage léger, d’un vert brunet luisant, contraste agréablement avec la verduredes autres arbres; mais il a l’inconvénient de donnerpar lui-même peu d’ombre et d’être sujet à être dé-pouillé de ses feuilles par les cantharides vers le mi-lieu du mois de juin : c’est pourquoi on lui préfèrele frêne à fleurs , dont nous parlerons plus loin , etqui est exempt de cet accident.

Plantation pour clôtures. —On cultive encore lefrêne commun dans les haies : tantôt on le laissecroître en liberté, pour le couper à 12,1 5 et 20 ans,selon les usages auxquels on le destine ; tantôt onl’arrête à 10 ou »2 pieds de haut, et on le trans-forme en têtards, qui , dépouillés tous les 3 ou 4ans, donnent abondamment des cerceaux, desécha-las et des fagots. Ces têtards sont aussi destinés àfournir des feuilles , qu’on fait sécher pour la nour-riture des bœufs et des moutons pendant l’hiver.M. Bosc observe avec raison qu’on ne doit couper ,chaque année, qu’une partie des branches pendantl’été , parce que les arbres sur lesquels on les coupetoutes souffrent beaucoup et même périssent quel-quefois. Il ne partage pas l’opinion de Miller sur lemauvais goût que ce fourrage donnerait au lait etau beurre; il assure, avec Rozier, qu’on ne s’aper-çoit pas de ce mauvais goût.

Marcottes ou couchages. — Quoique le frênepuisse se multiplier des rejetons que produisentquel-quefois ses racines, et qu’il reprenne même assezfacilement de marcottes , on n’emploie guère que lavoie du semis ou de la plantation ordinaire ; cepen-dant, ces moyens ne sont pas indifférens dans lestaillis f où l’on peut faire des couchages pour re-peupler de petits espaces vides autour des cépées.

Exploitation. — Le frêne commun s’exploitecomme futaie, comme taillis et comme têtard.

En futaie. — Il se plaît dans les massifs et s’yexploite, avec tous les avantages dont il est suscep-tible, à l’âge de 100 et 120 ans ; mais sa durée dansles terrains et Les situations qui lui conviennent,est beaucoup plus longue. On a coupé des frênes de180 ans qui avaient 90 pieds de haut sur 3 pieds dediamètre, et qui étaient parfaitement sains. M. dePertbuis cite un frêne qu’il a fait abattre , en 1758,dans le parc de Beauvoir en Brie , et qu’on appelaitle beau frêne ; il avait environ i 5 o ans; il présen-tait 9 pieds détour, 60 pieds de tige sans noeuds nibranches , une envergure de 56 pieds et une hauteurtotale de ç 5 pieds. Le frêne,convient donq aux fuotaies -aménagées à longi termes et situées dans lesterrains frais. On pcçtënd que si on le coupe depuisle mois de novembre jusqu’en février y il est bienmoins sn jèf à être Ittàqué par les versque lorsqufons’y .prend trop tôt bn automne oO'trbp tard au prin-tedips.p < >m VI. yjlê-U'- m

En ikiUis. **- Il convient aussi fort bien en taillis,

parce qu’il repousse parfaitement de souche jusqu’à80 et 100 ans, et qu’il donne des produits, avanta-geux et rapprochée. On peut le couper de 10 à 1 5 anspour faire du fagotage, des cercles et des échalas, ouavoir un bon bois de chauffage ; de 20 à 3 o ans, pouravoir des perches qu’on emploie à une infinité d’u-sages. Les baliveaux de frêne qu’on réserve dans lestaillis ont lé grand avantage de ne pas étouffer lesous-bois par leur ombrage.

En têtard. — Cet arbre s’explaite aussi en têtard,et fournit de cette manière desh branches pour lescercles, du fagotage et des feuilles pour la nourri-ture des bestiaux. On remarque assez souvent sur lesfrênes des terrains montuèux, ainsi que sur ceuxque L’on tond fréquemment, de gros,nœuds , occa-sionnés par un dérangement dans les fibres., d’unegrande dureté et variés de couleurs. Les tourneurs enfont usage y quoique ce bois soit difficile à travailler.

Qualités et usages J —* Le bois du frêne est d’unblanc jaune , veiné longitudinalement y dur et très-liant quand il conserve un peu de'eève : aussi'est-il employé de préférence pour les pièceb 'de charron-nage qui doivent avoir du ressort et dé la courbure.On en fait des moyeux, des rayons j des jantes deroues , des instrumens de labourage.

Il ne fait retraite que d’undouzièmeeuse desséchant.Il est très-élastique , et Varennes de Fenille a trouvéqu’il fallait 200 livres pour faire casser une de sessolives ; ce qui est le plus fort 'poids supporté par lesbois indigènes. If peso par pied cube , suivant leterme moyen des expériences de plusieurs autenrs ;savoir,

Vert. 64 üv. qonc.

A demi sec. . ... . . 5 j 14

Sec. 49 B

On l’emploie dans les grandes constructions, soità sec , soit dans l’eau ; mais , exposé aux alterna-tives de la sécheresse et de l’humidité, il est sùjet àla vermoulure, et ne dure pas très - long - temps.Les meilleurs brancards de berlines et de cabrioletssont de ce bois. Comme lès jeunes frênes s’élèventfort droits, on les dresse à la plane, et on en formedes perches, qui servent ordinairement à faire cessupports que l’on place le long des murs des esca-liers , et que l’on nomme écuyers. On en fait encoredes échelles, des manches d’outils, et un grandnombre d’autres objets qui exigent de la force. Lestourneurs s’en servent pour la carcasse des chaiseset des fauteuils ; mais comme les couches de ce bois,quoique fort dur, ne sont pas assez homogènes, iln’est pas susceptible d’un assez beau poli pour enfaire des pièces de tour un peu délicates. Les menui-siers de campagne le débitent en planches pour enfaire des armoires, des commodes, des coffre* etautres meubles grossiers, mais solides. On en faitd’excellens arcs, car il plie et se débande avec plusde farce qu’aucun autre bois, le cytise»des jAipêsexcepté. Les cercles de cuve et de tonneau' fait*» decé bois sont Supérieurs à tous les autres, dexcé|>téceux du châtaignier. , :

Les frênes les plus estimés'pour le charronnagesont fceux qui ont cru dans une oonèe terre^ ui tvopsèche ni trop marécageuse, et qili Bnt étè'pïdntf^s &nbouquets et non isolés les uns des 1 autres; Le frêne