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planté en massif, dans un terrain humide, donnedes jets bien droits et propres à faire de belles per-ches ; mais quand il est planté dans un terrain tropsec , son bois est cassant. Les adjudicataires font dé-biter les gros frênes en petites planches ou voliges ,bien plus convenables pour Les couvertures eu ar-doises que les couvertures ordinaires.
oc Lorsque la tige de cet arbre, dit Varennes deFenille, est fréquemment ctronçonnée , il s’y formede grosses loupes , où le parallélisme des couchesannuelles est troublé par la quantité de petites bran-chesqui s’en échappent $ on le débite alors en feuillestrès-minces, et l’on en fait un placage agréable lors-que les morceaux en sont bien choisis, et qu’on aideà leur couleur, naturellement terne, par une cou-leur artificielle qui pénètre dans l’intérieur des fibresdu bois. L’ébéniste en varie les teintes à volonté;les menuisiers en emploient aussi beaucoup pourfaire les panneaux des armoires et des commodesdestinées pour la campagne.
» Le frêne non étronçonné, et dont la fibre estdroite , semblerait devoir être spécifiquement plusléger que le broussin du même bois : en effet, lebroussin parait plus compacte, plus dur, son poliest plus vif ; j’ai cependant éprouvé qu’il était moins]>esant. »
Cette différence tient sans doute à ce que le bois debroussin est percé de petits trous, et qu’il est moinsplein que celui des frênes de droit fil.
On a présenté, en 1810, à la Société d’encoura-gement d’assez jolis meubles plaqués en feuilles ti-rées des loupes et des broussins de frêne, mais moinsbeaux que ceux faits en orme.
Comme bois de chauffage, le frêne est excellent,il brûle presque aussi bien vert que sec, fournitbeaucoup de chaleur et donne un charbon fort es-timé. Il est, d’après les expériences de M. Hartig,l’un des premiers bois sbus le rapport du degré etde la durée de la chaleur qu’il dégage , et il n’y aque le Sycomore et le pin sauvage qui lui soient su-périeurs sous ce rapport. 11 est placé immédiatementavant le hêtre, et sa valeur est à celle de ce dernier,toujours pour le feu, comme i 55 i est à l 54 o. Soncharbon est encore supérieur à celui du hêtre, étantdans les rapports de >646 à 1600.
Enfin les cendres qu’il produit sont très-riches ensalin ; car, d’après les expériences de M. de Wer-neck, iooo livres de cendres donneraient de 124 à126 livres de potasse.
Les feuilles et l'écorce du frêne commun ont unesaveur âcre et amère. Sa semence est aromatique etamère; on en prend l’infusion contre l’hydropisie.L’écorce fournit un tan assez bon. On l’emploieaussi dans la teinture pour faire des couleurs brunes,noires et bleues; la seconde écorce est regardée commeun puissant diurétique et un excellent fébrifuge,Quêrçues médecins l’ont préconisée comme préf.lérahle dans certains cas au quinquina même. I3 -
On.a.beaucoup vanté, disent les traducteurs deMiller, les propriétés médicinales du frêne; mais ilparaît qu’on y eompte peu aujourd’hui, malgré letémoignage de-Césalpin et de Hobbel; cependant,dit M. IEitour ^il’écorce et le bois de cet arbre peu-vent être mis tut;nombre des apéritifs et des dàapho-
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rétiques légers et employés comme tels dans lesfièvres, les obstructions du foie et de la rate, lesmaladies cutanées, etc. Le sel fixe que l’on retire deses cendres ne diffère point de celui des autres vé-gétaux , et c’est une erreur de lui attribuer des ver-tus particulières. La propriété de guérir la surditéqu’on suppose à là sève qui s’écoule par les deux ex-trémités de ce bois lorsqu’on le met en travers surle feu est tout-à-fait imaginaire ; car cette sève estde l’eau toute simple, et ne contient aucun prin-cipe actif.
M. de Perthuis assure que la sève du frêne est unremède éprouvé contre la gangrène, et qu’il en avu des effets merveilleux. On exprime la sève desfeuilles en les macérant, ou on l’extrait du bois verten le mettant au feu.
Ray dit qu’en Angleterre on confit dans le sel etle vinaigre les jeunes fruits du frêne cueillis avantla maturité, et qu’on les mange comme assaison-nement.
On prétend aussi que l’usage habituel de cure-dents faits de bois de frêne préserve du mal dedents; mais je ne rapporte cette assertion, à la-quelle au reste j’ai vu, en France et en Allemagne ,beaucoup de familles ajouter foi, que pour ne rienomettre des qualités qu’on attribue au bois de frène-J’ai déjà fait mention de l’aversion que , suivaiit lééanciens auteurs, les reptiles et sur-tout les serpensavaient pour les feuilleset pour l’ombre de cet arbre.
Les feuilles, données vertes ou fanées à.L’ombre,sont une bonne nourriture pour les vaches, les mon,tons et les chèvres ; mais on doit éviter de les em-ployer à cet usage quand elles sont chargées de can-tharides. Les’feuilles dévorées par ces insectes sontremplacées par de nouvelles feuilles, qui;,poussentà La seconde sève et qui restent sur l’arbre jusqu’auxpremiers froids.
Variétés du frêne.
Le frêne commun offre plusieurs'variétés qu’üiipeut couserver ou multiplier par la greffe; M. Boscen décrit huit principales; savoir,
Le Frêne doré. Son écorce est d’un jaune tiès-vif, et il produit un bel effet dans les jardins paysa-gers, sur-tout pendantrPbiver.
Le Frêne a bois jaspé, fraxinus jaspidea. Sonécorce, sur-tout celle des jeunes branches, est rayéede jaune.
Le Frêne hobjzontal , fraxinus horizontales. Sespousses, au lieu de prendre la direction perpendi-culaire , s’étendent parallèlement à la terre.
Le Frêne-Parasol , fraxinus pendula. Ses bran-ches se recourbent et prennent réellement la formed’un parasol.
Pourque ees deux variétés fort, singulières produi-sent tout leur effet, il faut qu’elles soient greffées à8 au.«o pieds de terre, et que l’on place deux outrois greffes sur chaque pied ; car lorsque la circon-férence n’est pas entièrement garnie de rameaux ,elles ne sont point agréables.
111, Le Frêne horizontal et le Frêne-Parasol abois doré. Ces deux variétés sont encores rares;, etméritent peut-être d’être plus multipliées que lesdernières, parcequ’elles présentent un effet de plus.