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Le Frêne a feuilles déchirées. Il a les foliolesprofondément et irrégulièrement dentées , comme sielles avaient été déchirées et mordues sur les bords.
Le Frêne a feuilles panachées de blanc.C ettevariété est quelquefois si panachée de blanc qu’011ne voit plus la couleur naturelle des feuilles. Commec’est à une véritable maladie qu’elle doit cette sin-gularité, l’arbre est toujours grêle et ne subsiste paslong-temps. _
Le Frêne graveleux , fraxinus verrucosa. Il al’écorce rude, raboteuse et d’un gris brun ; les jeunesrameaux sont lisses et légèrement striés de blanc. Ilest si différent, ajoute M. Bosc, du frêne çommun,qu’il y aurait lieu de croire que c’est une véritableespèce , si tous les pépiniéristes n’assuraient qu’ilprovient du semis du frêne commun.
Toutes ces variétés se multiplient par la greffesur l’espèce commune, greffe qu’on effectue, soit auprintemps en fente et entre deux terres, sur des su-jets de 2 ou 3 ans, soit en automne, à œil dormant,sur des sujets de cet âge ou de 2 ou 3 ans plus vieux.Les autres espèces de frêne sont celles ci-aj rès :Le Frêne a fleurs ou Ff.êne polypétalé pa-raît être le véritable fraximis des anciens, et avoirreçu à tort de Linné le nom d'omus. Cet arbre ,qui croit en Italie , ne s’élève guère au-delà de 20 à2 5 pieds. Son port est plus agréable que celui dufrêne commun , sa cime mieux garnie et plus ample,et son 'feuillage est d’un plus beau vert; il a desbourgeons grisâtres ou cendrés, des feuilles com-posées de neuf à onze folioles aiguës, dentelées etpétiolées ; maïs ce qui le distingue particulièrement,ce sont ses fleurs pourvues de quatre longs pétaleblancs , et disposées en panicules pendantes à l’extrémité des rameaux. Leur nombre est assez considurable; elles sont communément hermaphrodites,quelquefois la plupart mâles sur certains pieds,comme l’observe Miller. Elles ne s’épanouissentpoint avant le développement des feuilles , commedans le frêne commun : elles se montrent en mai, etrépandent une odeur douce et agréable.
On l’appelle orne dans la Calabre . C’est un de ceuxqui fournissent la manne du commerce. Son bois esttrès-dur, mais rarement d’un fort échantillon. Onle cultive beaucoup, en France , dans les jardins d’a-grément , auxquels il est bien plus propre que lefrêne commun , par la forme de ses rameaux plusnombreux et plus grêles , qui se courbent sous lepoids de leurs teuilles; par ses fleurs, qui forment degrosses grappes ; et par ses fruits, qui sont nombreuxet pendans, et qui subsistent jusqu’à la fin de l’au-tomne. On le place ordinairement au troisième rangdes massifs ; mais il produit également de très-bonseffets lorsqu’il est isolé. Il se multiplie de ses grai-nes, qui mûrissent fort bien dans le climat de P,iris,et qu’on sème à une exposition chaude. Le plant setraite comme celui du frêne commun.
VI. Bosc , à qui j’emprunte une partie de la des-cription des frênes , assure que cet arbre se contentedes plus mauvais terrains, et qu’on pourrait le cul-tiver avec avantage dans plusieurs cantons.
Il existe une variété de cette espèce à feuilles plusétroites, qu’on appelle vulgairement le frêne deMontpellier . Cétte variété croit dans le midi de la
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France, et ne s’élève qu’à 8 ou 10 pieds ; enfin il ya une autre variété qui a les feuilles plus larges quel’espèce et qu’on cultive de préférence dans les envi-rons de Paris .
A oici ce que dit M. Desfontaines, en parlait dufrêne à fleurs : « Linnæus a donné le nom â'ormis aufrêne à fleurs, il parait que c’est à tort. Théophraste ,liv. 111 , chap. XI, distingue deux espèces de frênes:l’un, fort élevé, dont le bois est blanc, avec delarges veines, plus uni, plus tendre et moins noueux;l’autre , plus petit^ plus jaune et plus raboteux. LesIndiens, ajoute Tbéopbraste, croient que le pre-mier n’a ni fleurs ni fruits ; mais son péricarpe con-tient une petite graine amère comme celle des apian-des sauvages, et il porte des grappes de fleurs dis-posées comme celles du laurier, excepté qu’ellessont plus denses. Celui-ci vient de préférence dansles lieux ombragés et bumides. Les Macédoniensl’appellent bonmelia (grand frêne). Il paraît bienque c’est là le frêne de nos bois, ou fraxinus excel-sior (Lin.) ; et Columelle lui a appliqué le nomd'ornus : Orni ex sylvestribus fraxini sunt,paulo la-tioribus tamen foliis quant cæterce fraxini. Les ornussont des frênes forestiers à feuilles un peu plus lar-ges que celles des autres frênes. Tout ce que les an-ciens ont dit de la taille de Vornus ne peut convenirau frêne à fleurs, qui u’a guère que 6 à 8 met. dehauteur :
Advolvunt ingéniés nwnübus ornas.
X inc.
JExcelsas montibus ornos depellunt. ( Valer .,Flacc., etc.)
\. le Mémoire de M. Dureau Delamalle fils,Ann. du Mus. d’hist. nat. , t. IV , p. 242. »
Le Frêne a feuilles rondes, ou a manne, ouLe Frêne df. Calabre , a été décrit de la manièresuivante par Gaspard Carramone, qui l’a vu dans lepays même :
«La manne, dit-il, se tire en Calabre d’une sepleespèce de frêne , qu’on appelle communément orne.Cet arbre se trouve et croit sur le penchant des mon-tagnes de moyenne hauteur et dans les lieux remplisde bois, quoiqu’il croisse encore facilement dans desterres cultivées et même dans des vignobles. On n’envoit point dans les plaines maritimes , sur les col-lines de peu d’élévation , ni sur les coteaux. Le solsur lequel il se trouve est presque toujours d’un ac-cès rude et difficile, rempli de pierres et de cailloux,ou au moins de petites pierres. Quelquefois encorele terrain est noirâtre, particulièrement dans lesvallons. On rencontre dans les mêmes lieux, etabondamment, le chêne, l’alaterne, l’yeuse, l’éra-ble, le charme et autres arbres et arbrisseaux sau-vages.
» Le tronc de l'orne est dur , solide et lignçux ;il est couvert d’une écorce lisse, marqué^ irrégu-lièrement de certaines taches blanchâtres ; i) estrond, et sa grosseur ordinaire est d’environ 6 poucçsde diamètre, quoiqu’on en trouve quelques-ups quiaient jusqu’à un pied de diamètre. Cet arbre croitquelquefois isolé et distant des autres; mais très-souvent ils croissent cinq ou six ensemble très-rap-prochés ; sa hauteur est fort variable, et on peut dire