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seulement qu’elle n’arrive jamais à celle des arbresde haute futaie. On en a souvent remarqué de lamême hauteur de ceux qu’on appelle ordinairementarbres fruitiers.
d Les premières branches sont étendues de cha-que côté et sans ordre remarquable ; quant aux ra-meaux lés plus élevés et les plus tendres, on remar-que qu’il en sort du tronc , d’un même côté , deux,trois , et quelquefois même quatre , qui forment unangle presque droit; mais comme plusieurs de cesbranches se dessèchent et périssent, c’est la raisonpour laquelle celles qui restent semblent être pla-cées sans ordre.
33 Les feuilles sont comme ailées; le pétiole estlong, uni et rond, supportant les folioles deux àdeux , placées à-peu-près à angle droit , formanttrois ou quatre paires, terminées par une impaire.Les premières folioles sont ordinairement plus pe-tites que les autres, et la distance est presque tou-jours égale entre elles. Les bords de ces feuilles sontunis, entiers, et ne sont point dentelés, commedans les feuilles du grand frêne ; elles ont chacuneune nervure longitudinale , et d’autres petites ner-vures ou filamens latéraux moins relevés et à peinesensibles , sortant alternativement de la nervureprincipale.
n Tous les ornes ne portent point de fleurs, etceux qui en portent ne produisent ordinairementpoint de manne. Les fleurs sont sans pétales; ellespoussent sur les cimes les plus hautes de l’arbre enpetites quantités et disposées en grappes ; l’extré-mité du rameau quitte sa substance ligneuse , etse termine en un pédoncule rameux, dont les rami-fications inférieures sont soutenues par les pétiolesdes feuilles, et dont les supérieures sont sans soutien;à l’extrémité dessubdivisions de la grappe sont placésles fruits. Les grappes sont le plus souvent pendantes,et à-peu-près de la couleur des feuilles de l’arbre.
33 Pour plus d’éclaircissement, il est bon de com-parer en partie le frêne ordinaire avec Y orne. Refrènese trouve dans les terrains plats et maritimes, et par-ticulièrement dans les endroits marécageux ; l'ornese trouve seulement sur le penchant des montagnes.La superficie de l’écorce du tronc du frêne n’a pasces taches blanchâtres qu’on remarque si sensible-ment sur celle de l’orne. Les feuilles du frêne sonten forme décomposée, comme celles de l’orne; maiselles en diffèrent e» ce que la dernière foliole esttoujours plus grande que les folioles latérales, cequi n’a pas lieu dàns l'orne. La feuille du frêne estbeaucoup plus petite qhe celle de Vomc ; dans cedernier, elle est unie, et dans le premier, dentelée;ce qui est plus sensible vers la iiointe. L 'orne a lafeuille ovale et d’une longueur double de sa largeur;celle du frêne est plutôt elliptique , sa longueurétant le triple de sa largeur.
33 Telle est est, dit Gaspard Carramone , la des-cription des deux espèces de frêne qui se trouventdans nos contrées (en Calabre ), description peut-être trop minutieuse, et d’une précision superflue;mais on a cru que pour faire connaître un arbreutile il fallait en donner les notions les plus claireset les plus distinctes , et détailler tout ce qu’ila de remarquable, afin qu’on pût, sans erreur,
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le distinguer de tous qenx qui lui ressemblent.
( Mémoire inséré dans ceux de la Société d’agricul-ture de Paris , 178b, trimestre d’hiver.)
Le frêne à manne est encore rare en France , etpresque tous les pieds de cet,arbre qui existent dansles pépinières et les jardins des environs de Paris ,sont greffés sur le frêne à fleurs ou sur le frênecommun, parce qu’il n’y donne point de graines.Quelques personnes disent aussi que ce frêne nonplus que le frêne à fleurs ne produisent pas demanne dans le climat de Paris . Cependant M. Des-fontaines assure en avoir récolté sur ceux qu’on cul-tive au Jardin du Roi, ainsi que pur le frêne àfeuilles de lentisque ; mais il n’y a pas de doute quele frêne à fleurs ne donne de la manne dans le midide la France .
« On distingue, dit M. Bosc, plusieurs espècesde manne dans le commerce, qui toutes provien-nent des frênes à fleurs et à feuilles rondes ; savoir ,la manne en larmes , la manne sèche et en sortes , oumanne de Marème, la manne de Cenisy , la manneRomaque, la manne de la Calabre , la manne dumont Saint-Ange, enfin la manne de Rome ou dela Tolfa.
33 La manne est un suc concret, d’un blanc jau-nâtre, soluble dans l’eau, d’une odeur approchantde celle du miel, d’une saveur douce et un peu nau-séabonde. Il est inutile d’examiner si ce que nousentendons par le nom de manne doit être appliquéà celle dont il est parlé dans l'Ecriture , et qui ser-vit de nourriture aux Hébreux dans le désert. Iln’existe , à coup sûr , aucun rapport entre elle et lamanne du commerce. 33
Duhamel, dans son Traité des arbres et arbustes,t. I, p. a 5 o , et M. GeofFroi, dans sa Matièremédicale, s’expliquent ainsi sur la récolte de lamai: 11e.
a Dans la Calabre et la Sicile , la manne couled’elle-même ou par une incision pendant les chaleursde l’été, à moins qu’il ne tombe de la pluie desbranches et des feuilles du frêne ; elle se durcit,par la chaleur du soleil, en grains ou en grumeaux.
33 L’époque del’écoulcmentnatureldans la Calabre est depuis le 20 juin jusqu’à la fin de juillet, et ila lieu par le tronc et par les branches. La mannecommence à couler.vers midi, et elle continue jus-qu’au soir , sous la forme d’une liqueur très-claire;elle s’épaissit ensuite peu-à-peu, et se forme en gru-meaux, qui durcissent et qui deviennent blancs. Onne les ramasse que le lendemain matin, en les dé-tachant avec des couteaux de bois, pourvu que letemps ait été serein pendant la nuit, car s’il survientde la pluie ou du brouillard , la manne se fond etse perd entièrement. Après qu’on a ramassé les gru-meaux , on les met dans des vases de terre non ver-nissés, ensuite on les étend sur du papier blanc , eton les expose au soleil jusqu’à ce qu’ils ne s’atta-chent plus aux mains : c’est là ce qu’on appelle lamanne choisie du tronc de P arbre.
33 Sur la fin de juillet, lorsque la liqueur com-mence à cesser de couler , les paysans font des inci-sions dans l’écorce du frêne jusqu’au corps de l’ar-bre , alors la même liqueur découle encore depuismidi jusqu’au soir, et se transforme en grumeaux