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Tome second.
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particulier dans la qualité de leurs fruits , et ne mé-ritent guère d’être cultivées. Ce groseillier croîtnaturellement dans les lieux incultes, montagneux,dans les contrées septentrionales de l’Europe , enFrance, dans les vallées du Jura et des Basses-Alpes .

Culture. — Le groseillier vient dans toute espècede terrain et à toute sorte d’exposition ; cependantil préfère un sol frais sans être humide, et une tem->érature moyenne. Dans les parties méridionales de’Europe , on le place contre des murs au nord, etil parait que chez nous il a besoin, pour donner toutle produit possible, d’être planté dans un lieu abrité.

On peut le multiplier de toutes les manières : parses semences mises en terre, en automne, aussitôtaprès la maturité; par marcottes qui se font en hi-ver, et sont propres à être relevées l’automne sui-vant; par boutures, qui se mettent en terre avantl’hiver, et auxquelles on laisse un talon de bois del’année précédente ; par drageons, qui se lèvent éga-lement en automne. Mais le mode de multiplicationle plus en usage est de partager en plusieurs partiesles touffes épaisses du groseillier, et de planter sé-parément chacune des parties ainsi détachées. Lesnouvelles touffes portent des fruits la même année,et ne tardent point à se garnir de nouveaux jets.

Comme les jeunes branches donnent généralementdes fruits plus gros que les vieilles, il faut taillerles groseilliers, c’est-à-dire couper rez terre, ou àquelques pouces de hauteur, les brins qui ont plusde trois ans. On doit aussi éclaircir les touffes, pourque les fruits mûrissent mieux et soient plus beaux,t Qualités et usages. — Les groseilles ont une sa-veur acide, qui sh.doucit d’autant plus qu’elles res-tent plus long-temps sur l’arbre, et on peut les yconserver jusqu’en octobre, en couvrant de paille legroseillier aussitôt que son fruit est rouge, pour em-pêcher qu’il ne soit desséché par le soleil, et pourle défendre des oiseaux ; mais les groseilles blanches,étant moins acides que les rouges , se prêtent moinsà ce moyen de conservation.

On mange les groseilles fraîches, soit seules, soitavec du sucre. On en fait des boissons rafraîchis-santes, de très-bonnes compotes, des confitures, desgelées et des sirops.

Le Groseillier des rochers ressemble beaucoupau précédent. 11 a, comme lui, les fruits rouges;mais il est moins haut, et ses feuilles sont divi-sées en trois lobes aigus, grossièrement dentées, etd’un vert foncé ou noirâtre. 11 croît sur les mon-tagnes, dans les lieux sombres et couverts, parmiles pierres, dans le voisinage des ruisseaux et destorrens , en France, en Allemagne , dans les Alpes ,au Mont-d’Or .

Le Groseillier noir ou Gacis se distingue dugroseillier rouge par ses feuilles plus grandes, par-semées de petits points jaunâtres et résineux, d’uneodeur forte; par ses fleurs en grappes plus lâches etplus grandes; par ses fruits noirs, plus gros, et d’unesaveur desagréable, qui est commune à l’écorce etaux feuilles. 11 croit en France, en Allemagne , dansles bois et les montagnes. On le cultive dans les jar-dins. Ses fruits passent jiour être stomachiques,diurétiques, cordiaux et toniques : on en fait unratafia propre à faciliter la digestion. Ses feuilles et

son écorce sont employées, en médecine, dans les ma-ladies de la vessie. Il se cultive comme le groseillit-irouge.

Le Groseillier des Alpes est un arbuste qu’ontrouve parmi les haies et sur les montagnes enFrance, en Angleterre et en Allemagne . Ses fruitssont rouges comme ceux de la première espèce;mais il s’en distingue par son écorce grise; par sesfeuilles plus petites, à trois lobes, plu* aiguës, etvelues des deux côtés; par ses petites grappes re-dressées, et par la saveur insipide de ses baies, il ya des individus de cette espèce qui portent des fleursmâles et femelles séparées, soit sur le même pied,soit sur des pieds différens.

Le Groseillier épineux ou Gp.oseillier a ma-quereau est un arbrisseau de la deuxième gran-deur, dont les tiges sont nombreuses, et arméesd’un grand nombre d’épines droites et divergentes,disposées ordinairement trois par trois; les feuillespetites, légèrement velues, lobées et dentées; et lesfruits gros, blancs, quelquefois velus et mêmeépineux.

Il y a un grand nombre de variétés de ce groseil-lier qui ont été produites par la culture, et dont lesprincipales sont : le commun à fruit blanc ; le com-mun à fruit rouge ; à gros fruit rouge couvert de du-vet; à gros fruit verdâtre et à feuilles luisantes ; àfruit blanc , moyen , et à feuilles vernissées ; à fruitmoyen et à feuilles gluantes; à fruit rouge et àfeuilles légèrement velues ; à gros fruit violet, hé-rissé de pointes roides ; à gros fruit jaunâtre et àfeuilles luisantes; à gros fruit ob long, blanchâtre età feuilles luisantes; à gros fruit blanchâtre, hérisséde pointes roides; à gros fruit violet, hérissé depointes roides.

Cet arbuste croit dans les parties montagneusesde l’Europe , dans les haies et les buissons : on lecultive dans les jardins, et on obtient par cetteculture des fruits beaucoup plus gros que ceux del’arbuste sauvage. 11 croit dans toute espèce de terreet à toutes les expositions; cependant on doit leplacer de préférence dans les terrains graveleux et àune exposition chaude , pour la qualité de ses fruits.Il se multiplie comme le groseillier rouge. Ses fruitssont acides avant leur maturité, et s’emploient alorsen guise de verjus pour assaisonner les mets et prin-cipalement le maquereau. Ils perdent, en mûrissant,leur acidité, acquièrent une saveur douce assezagréable , sont bons à manger et passent pour laxa-tifs ; ils deviennent un peu fades lorsqu’ils sont très-mûres, et dans cet état on les regarde comme indi-gestes. On les conserve, ainsi que les groseillesrouges et presque toutes les baies, en les mettantavec de l’eau dans des bouteilles que l’on bouchehermétiquement.

On fait avec tous les groseilliers des haies qui sontassez fourrées, et qui offrent une défense d’autantplus forte, qu’on y emploie les espèces épineuses.On les plante en automne, et on les recèpe à la se-conde année pour leur faire pousser des jets, qu’onarrête parla taille tous les deux ans.

GROSSE. Douze douzaines de certaines mar-chandises, par exemple de sabots; cependant lagrosse de sabots varie suivant les pays. V. Sabots.