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Tome second.
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GRU

par les lois nouvelles, i°. lorsqu’il n’est pas prouvéêtre le prix d’une concession de fonds5 i°, lorsque,formant le prix d’une concession de fonds, il a étéconstitué avec mélange de droits féodaux. »

Ce principe a été consacré par un arrêté du gou-vernement , du 3 o messidor an 11 (au Recueil, t. I,p. 646), et par un avis du conseil d’état, du 14 ven-tôse an 1 3 , approuvé le j 7 du même mois (au Re-cueil , t. II, p. 10); et c’est sans doute parce que lespreuves à établir d’après ces actes n’ont pu êtrefaites, que le droit de grurie ne se perçoit plus.Y. Tiers et Danger, et Délits.

Il existe cependant dans le département des Ar-dennes un droit qu’on appelle grurial, et qui se per-çoit encore. Il consiste, en faveur du domaine, àprendre la moitié des écorces de certaines coupescommunales qu’on y exploite annuellement.

Voici l’origine de ce droit : les anciens souverainsde la principauté de Château-Regnault, avant saréunion à la France en 1629, possédaient, seuls, lavaste forêt de ce nom , qui devait contenir environ3 o,ûoo hectares (1); mais pour y attirer des colons,ils en concédèrent la plus grande partie à divers éta-blissemens, qui forment aujourd’hui quinze com-munes, à la charge du droit général de la moitié duprix des écorces.

Ce droit, étant le prix et la condition de la conces-sion sans mélange de féodalité , n’a pas dû cesser, etn’a pas cessé en effet d’être perçu par le gouverne-ment de la même manière qu’il perçoit les presta-tions qui sont le prix de droits d’usage ou d’affecta-tions dans quelques localités.

Grumes royales. C’étaient des juridictions su-balternes établies dans les lieux éloignés des maî-trises, pour veiller à la conservation des forêts duroi, et connaître en première instance des moindresdélits, etc.

Les maîtres particuliers pouvaient, quand bonleur semblait, tenir leurs audiences aux sièges desgruries de leur ressort, pourvu qu’ils n’entrepris-sent rien sur la juridiction des gruyers. ( Arr. duCons., des 20 juillet 1688 e/26 septembre 1702.)

Les procureurs du roi aux maîtrises pouvaientfaire les mêmes fonctions dans les gruries que dansleurs sièges ordinaires. ( Ord. de 1669 , art. i er . du

lit. FI.)

Les garde-marteaux des maîtrises pouvaient fairetous les martelages nécessaires dans l’étendue desgruries. (Ib., art. 2 du tit. VII.)

Gruries des seigneurs. C’étaient des juridic-tions créées pour connaître en première instance desmatières d’eaux et forêts dans l’étendue des justicesseigneuriales.

GRUME (BOIS EN). ( T. des eaux et forêts.)Se dit du bois qui a encore son écorce , qui n’estpaséquarri. V., pour l’estimation des bois eu grume,le mot Estimation.

GRUYERS. Il y avait deux sortes de gruyerssavoir, les gruyers royaux et les gruyers des sei-

(t) Elle n’est plus , aujourd’hui, qup de 12,894 hectares ,dont 7,iÔ2 hectares appartiennent aux communes.

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Les fonctions et les devoirs que ces offiçiersavaient à remplir, sont détaillés dans l’ordonnancede 1669, IX., et dans le Dictionnaire forestierde Chailland , au mot Gruyers.

Les gruyers ont été supprimés dans toute laFrance , par l’art. 10 de la loi du 7 septembre 1790.

GUI, viscum. Nom d’un genre très-singulier durègne végétal, faisant partie de la dioécie tétrandrieet de la famille des caprifoliacées.

Dénominations. — Il se nomme en grec izàs onizià; en latin , -viscum ; en italien , vischio ; en es-pagnol, liga mordago; en allemand , mis tel; en an-glais , misseltoe. La plupart de ces noms indiquentla propriété visqueuse des fruits du gui.

Histoire. — Pline cite plusieurs espèces ou va-riétés de gui, et il parle du respect des Gaulois pourle gui du chêne et des cérémonies avec lesquellesles druides cueillaient cette plante dans leurs sacri-fices. Le nom de druide lui paraît venir du motgrec drus, qui signifie chêne-roure, parce que cesprêtres choisissaient pour leurs cérémonies des fo-rêts de chênes-rourcs. Quand ils trouvaient du guisur un chêne de cette espèce, ils le regardaientcomme un présent du ciel; On amenait sous ce chênedeux taureaux blancs qui n’avaient jamais été sousle joug; le prêtre, vêtu d’une robe blanche et arméd’une serpe d’or, montait sur l’arbre, et coupait legui, qui était reçu dans une casaque blanche ; ensuiteon immolait les victimes, et on priait Dieu de rendreutile et profitable le présent qu’il avait fait. LesGaulois croyaient que ce gui donnait la féconditéaux animaux auxquels ils en faisaient prendre, etque c’était un antidote contre toute sorte de poison,tant la superstition, ajoute Pline, a souvent d’em-pire sur l’esprit des peuples, pour leur faire res-pecter les choses les plus frivoles ! Tanta gentiumin rebus frivolis plerumque religio est! (Plin.,lib. XVI, cap. XLIV.)

On trouve, sur l’histoire du gui, sur sa manièrede se reproduire et de se nourrir, comme aussi sur lamanière d’en préparer de la glu , des renseignemensfort curieux dans une note supplémentaire au cha-pitre de Pline que nous venons de citer, et qui estrapportée, page 646, dans les Mémoires de l’Aca-démie des inscriptions et belles-lettres , t. XIX,p. 483 ; dans le Traité des arbres et arbustes , de Du-hamel , et la nouvelle édition de ce traité , etc., etc.

EsrÈcts,

On connaît une douzaine d’espèces de gui, dontune seule est indigène de l’Europe et de l’Asie .

Le Gui blanc , viscum album (Lin.), a trois va-riétés : l’une, à baies blanches ; l’autre, à baiesrouges; et la troisième, à baies blanches et à feuillesplus courtes et cartilagineuses. C’est un arbrisseauparasite, toujours vert, très-commun sur les pom-miers et les poiriers. Il a les tiges cylindriques, di-chotomes, articulées; l’écorce verdâtre; les feuillesopposées, épaisses et d’un vert jaunâtre; les baiesglobuleuses, transparentes, remplies d’un suc glu-tineux, et contenant une seule semence. Il fleuritdans les mois de février et de mars. Les baies mûris-sent en automne, et restent sur l’abrisseau pendantune partie de l’hiver.

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