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Tome second.
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imitée ; la voici : lorsqu’on a commencé la Fouilledu fossé , et que la berge a reçu environ 4 ou 5pouces de terre , on étend cette terre sur 4 ou5 pieds de large, et on y couche les jeunes arbres,la racine du côté du champ,.la tète du côté dufossé. On charge les racines de 6 pouces de nou-velle terre , qu’on continue à extraire du fossé , etcette terre est arrangée en talus; on couche unnouveau rang de plants de la même manière que lepremier, et on couvre ce second rang d’une nou-velle couche de terre, toujours en talus ; on disposeenfin une troisième rangée de jeunes arbres , et oncouvre leurs racines avec le reste de la terre du fossé-

Ces trois rangées de jeunes arbres en talus , e 4qu’on a eu soin de placer en échiquier, élevant per-pendiculairement leurs tiges, forment une des clô-tures les mieux entendues.

Lorsqu’une haie est plantée, on la rabat à 2 pou-ces de terre, afin de lui faire produire des branches;chaque année , jusqu’à ce qu’elle ait atteint la hau-teur désirée, on coupe les brins qui s’élèvent au-dessus des autres, et on remplit les vides en diri-geant et en croisant sur la haie les branches qui seportent en avant ; souvent même on greffe ces bran-ches par approche à l’endroit où elles doivent êtrecroisées.

Il est une manière particulière de conduire unehaie, qui lui donne une grande force : àl’àgede 3 ans,on la coupe à 6 pouces de terre, et on la tient pen-dant 3 années à cette même hauteur; on la coupependant 3 autres années 6 pouces plus haut, et ainside suite d’étage en étage.

Dans certains endroits, on laisse , de distance endistance, de 3 o en 3 o pieds par exemple , un desarbres de la haie suivre sa croissance naturelle , oubien on coupe sa tige à une certaine hauteur pourfaire un têtard. Dans les pays chauds, dans les lieuxélevés , dans les lieux arides , la distance entre lesarbres qu’on laisse croître peut être rapprochée sansinconvénient.

Lorsqu’une haie est de pure défense, tous les ans,en été, entre les deux sèves, ou en hiver , on latond sur les côtés et au-dessus, afin qu’elle se tiennetoujours bien garnie.

Si la haie est destinée à produire du bois de chauf-fage, on ne la taille que tous les 3 ou 4 ans.

Quand la haie se dégarnit par le bas, on la coupeà rez terre, et on la conduit ensuite comme unehaie nouvelle.

Observations-

On forme ordinairement les haies avec des arbresou des arbrisseaux d’une seule espèce; mais un mé-lange bien fait de différentes espèces d’arbres , ar-brisseaux et sous-arbrisseaux épineux et non épi-neux , forme également une excellente haie fores-tière.

Dans chaque pays, on doit faire choix des espècesqui s’accommodent le mieux du climat.

Les principaux arbres et arbrisseaux non épineuxqui peuvent entrer dans la composition des haies,et convenir à-peu-près à toute la France , sont : lechêne , le hêtre , l’érable champêtre , le charme,l’orme , le saule-marceau , le cerisier mahaleb ou

Sainte-Lueie, le cognassier, le prunier, l’amandier,le troëne , le frêne pour les lieux frais, l’aune pourle bord des eaux.

Les principaux arbres et arbtisseanx épineuxsont : le houx , le genevrier, l’aubépine, le prune-lier, l’ajonc, lerosierd.es haies, la ronce, l’épine-vinette, le groseillier épineux, l’argousier, le fra-gon ou petit houx, l’arrête-bœuf, etc.

La clématite , disposée horizontalement et liéeaux arbres d’une haie, rend la haie impénétrable :il en est de même de la vigne.

Une haie de chêne, d’érable de Sainte-Lucie, etc.,lorsqu’elle est bien conduite, est aussi impénétra-ble qu’une haie d’aubépine.

Lorsque les arbres dont on veut former la haieont des racines traçantes qui s’étendent au loin, etqui pourraient nuire aux récoltes, au lieu d’établirla haie sur la berge du fossé, on l’établit dans lefond du fossé même : on agit ainsi pour l’acacia, legléditzia, l’orme, etc.

Une manière avantageuse de tirer parti d’uneberge de fossé, c’est de la garnir de mûrier blancpour fourrage; les jeunes pousses , coupées avec lesfeuilles , fournissent une excellente nourriture poul-ies bestiaux.

Une autre haie de clôture d’un grand intérêt,c’est celle qu’on forme avec des arbres de haute tige,placés à 5 ou 6 pieds de distance, étêtés à la hau-teur désirée , et dont les branches, disposées et as-sujetties horizontalement, servent de soutien à desvignes. Un habile agriculteur, M. de l'ère , plantedes vignes dans ses domaines du département de Lot-et-Garonne , au pied d’arbres isolés, uniquementdans l’intention d’en récolter les feuilles pour lanourriture de ses bestiaux, et il trouve un grandbénéfice à le faire : c’est le meilleur moyen de tirerparti de la vigne comme fourrage; car ce n’est ja-mais qu’au détriment du fruit qu’on effeuille un vi-gnoble.

Un dernier moyen de tirer parti des berges desfossés , si l’on ne veut pas y établir des haies , c’estd’y élever , comme en pépinière, de jeunes arbres,qu’on enlève à mesure qu’ils sont propres à êtretransplantés. Y. Aubépine et Houx , pour la ma-nière de former des haies avec ces arbrisseaux. Y.aussi Clôture.

§ 2. —De la législation sur les haies.

I. Il est libre au propriétaire de clore ses héri-tages , pourvu qu’il ne gêne pas ses voisins.

II. Suivant la Coutume d’Orléans , tit. XIII,art. 25 g , « il n’est loisible de planter ormes, noyerset chênes au vignoble du bailliage d’Orléans plusprès des vignes de son voisin que de 4 toises , niplanter haies vives plus près de l’héritage voisin qued’un pied et demi (un demi-mèt.) (telle est aussi ladisposition de l’art. 671 du Code civil), et doit laditehaie être d’épine blanche, et non d’épine noire. »

III . Suivant les Coutumes de Montreuil , art. i 3 ,et Saint-Omer , en Artois , tit. II, art. 2 , a quandaucun veu t mettre ouches, et planter haies à l’entourde son bois et ailleurs, à l’encontre de son voisin, il'doit laisser pied et demi entre sa terre et celle deson voisin , si c’est contre les vents de mer , et si