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parce qu’en maniant souvent les plantes on apprendmieux à les connaître.
Quant à la manière de composer un herbier or-dinaire, voici celle que nous indique Jean-JacquesRousseau , qui aimait passionnément les plantes :
k On peut se faire un très-bon herbier sans savoirun mot de botanique ; tous ceux qui se disposent àétudier la botanique devraient commencer par là.Quand ils auraient desséché un assez bon nombrede plantes , et qu’il ne s’agirait plus que d’y ajouterles noms , il y a des gens qui leur rendraient ce ser-vice pour de l’argent ou pour quelque chose d’équi-valent : d’ailleurs, n’avons-nous pas, dans presquetoutes les villes un peu considérables, des jardinsbotaniques où les plantes sont disposées dans un ordreméthodique, marquées d’une étiquette sur laquelleleur nom est inscrit? Pour peu que l’on ait une idéedelà méthode adoptée et les premières notions de l’A,B, C de la botanique, c’est-à-dire les premiers élé-mens de cette science, on y trouve les plantes quel’on cherche, on les compare, on en prend les noms,et c’en est assez ; l’usage fait le reste et nous rendbotanistes; mais ne comptez guère sur les meilleurslivres de botanique pour nommer, d’après eux, desplantes que vous ne connaîtriez pas. Si ces livres nesont pas accompagnés de bonnes ligures, iis vousfatigueront sans succès ; à chaque pas, ils vous offri-ront de nouvelles difficultés, et ne vous appren-dront rien... Ne vous attendez pas à conserver uneplante dans tout son éclat ; celles qui se dessèchentle mieux perdent encore beaucoup deleurfraicheur...De tous les moyens employés à la dessiccation desplantes , le plus simple , celui de la pression , estpréférable pour un herbier; les couleurs peuventêtre conservées aussi bien que par la dessiccation ausable , et les plantes desséchées y sont moins volu-mineuses et moins fragiles... Ayez une bonne pro-vision de quatre sortes de papiers: :°. du papiergris, épais et peu collé; 2 °. du papier gris, épais etcollé; 3 °. du gros papier blanc sur lequel on puisseécrire ; et 4 °- du papier blanc sur lequel vous fixe-rez vos plantes lorsque la dessiccation sera com-plète... Lorsque vous voudrez dessécher une plante,il faut la cueillir par un beau temps; et lorsque sesfleurs seront épanouies , laissez-la quelques heuresse faner à l’air libre... Dès que ses parties serontamollies , étendez - la avec soin sur une feuille depapier gris de la première espèce dont j’ai parlé;mettez dessous cette feuille une feuille de carton etdessus douze à quinze doubles de papier de la pre-mière espèce; mettez le tout entre deux ais de boisou deux planches bien unies, que vous chargerezd’abord médiocrement, et dont vous augmenterezpeu-à-peu la pression à mesure que la dessiccations’opérera. Il est plus avantageux de se servir de cespetites presses de brocheuses , parce que l’on serresi peu et autant qu’on le veut ; au bout d’une heureou deux , serrez-la davantage, et laissez-la ainsi24 heures au plus ; retirez-la ensuite , changez-la depapier et mettez dessous une autre feuille de cartonbien sèche, ainsi que les feuilles de papier que vousallez mettre dessus ; remettez le tout en presse ; ser-rez plus que la première fois; laissez ainsi deux joursvotre plante sans y toucher ; changez-la encore une
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troisième fois de papier, mais prenez du papier griscollé ; serrez encore davantage la presse, et ne met-tez dessus que trois ou quatre doubles de papier ouseulement une feuille de carton dessus et une des-sous ; laissez-la ainsi en presse deux ou trois fois24 heures; si, lorsque vous retirerez votre plante,elle ne vous parait pas assez privée de son humidité,vous la changerez encore plusieurs fois de papier.(Il y a des plantes qu’il suffit de changer deux foisde papier et d’autres qu’il faut changer jusqu’à sixfois : celles qui sont de nature aqueuse exigent qu?onen accélère la dessiccatipn). Mais si au contraire lesparties qui la composent ont déjà perdu de leur flexi-bilité , il faut la, mettre dans une feuille de gros pa-pier blanc , où on la laissera en presse jusqu’à ceque la dessiccation soit parfaitement achevée : cesera alors qu’il faudra songer à assurer pour long-temps la conservation de votre plante. Elle pourraêtre employée à la formation de votre herbier ; il 11es’agit plus que de la fixer, de la nommer et de lamettre en place... Pour garantir votre herbier desravages qu’y feraient les insectes , il faut,tremper lepapier sur lequel vous voulez fixer vos plantes dansune forte dissolution d’alun, le faire bien sécher ety attacher vos plantes avec de petites bandelettes depapier que vous collerez avec de la colle à bouche :c’est avec cette colle que vous pourrez aussi assu-jettir les organes de la fructification des plantes lors-que vous aurez eu la patience de les dessécher àpart... Il serait bon d’avoir plusieurs échantillons dela même plante, sur-tout si elle est sujette à varier...Il faut renfermer vos plantes dans des boîtes de til-leul, que vous étiquetterez : il faut qu’elles soientdans un lieu sec, etc. »
HERBORISER. C’est rechercher les plantes quicroissent spontanément dans un pays. On,étudie labotanique dans les livres, dans les jardins botani-ques, dans les herbiers ; mais il est nécessaire d’al-ler souvent voir les plantes dans les lieux agresteset variés, où la nature seule prend soin de leur cul-ture : c’est là que le botaniste attentif doit profiterdes ressources que la nature lui offre pour la con-naître ; c’est là qu’il doit ramasser les matériaux deson herbier , et non pas dans les jardins botaniques,où la culture rend souvent les plantes monstrueuseset contrefaites.
HÉRITIER D’UN PRÉVENU DE DÉLIT. 11
n’y a pas lieu de poursuivre l’action publique contrel’héritier d’un prévenu de délit forestier mort avantle jugement, attendu que celui qui meurt non con-damné est censé mourir innocent. ( Arr . de la C. deDijon , du 26 décembre 1809, conforme à l’ art. 2du Code d’instr. crim.)
Mais observons que l’action civile n’est pas sus-pendue par la mort du prévenu. V. Action-
En principe général, les peines sont personnelleset s’éteignent avec la mort de celui qui les a encou-rues. C’est sur ce principe qu’est fondée une décisiondu ministre des finances 3 du i 5 juillet 1806, por-tant qu’en matière d’enregistrement l’amende en-courue par une personne décédée et contre laquelleil n’y aurait pas eu de jugement, est éteinte par lamort de cette personne.
Mais si un jugement de condamnation a été pro-