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Tome second.
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HÊT HÊT 2 53

noncé, par exemple , contre un notaire pour défautd’enregistrement de ses actes, ou s’il a souscrit uneobligation, ses héritiers sont tenus de payer le mon-tant des amendes. V. le Dictionnaire d’enregistre-ment, au mot Héritier .

En matière forestière, les cautions et les per-sonnes civilement responsables étant tenues de payerles amendes, il en résulte d fortiori que le montantpeut en être perçu sur les biens délaissés par le con-damné, c’est-à-dire par les héritiers.

HERMAPHRODITE, Qui a les deux sexes. Lafleur hermaphrodite est Pelle qui a étamines et pistils.

Les fleurs qui n’ont que des étamines sont nom-mées mâles, et femelles celles où l’on ne trouve quedes pistils. V. Botanique.

HERMES, HERM ou ERMES. La Coutumedu Boulonnais entend par ces mots les terres enfriche- qui ne sont occtipées par personne. CetteCoutume , art. 33 1 , les attribuait au seigneur. Y.Communes ; ou Communan±.

HERMES. I)u grec Fermés , mercure. C’était,chez les anciens, une statue de Mercure sans bras etsans pieds. Les Romains la plaçaient, sous le nomde Therme, sur les grands chemins aux endroits oùles routes se croisent. Y. Bornes.

HERS1LIÈRES. {T. demar .)Pièces de bois cour-lies placées au bout des plats-bords d’un bâtiment, etqui sont sur l’avant ei sur l’arrière pour les fermer.

HÉTÉROPHYLLE. Plante qui porte des feuillesnotablement dissemblables les unes aux autres parleur figure. Les plantes aquatiles sont souvent hé-térophylles.

HÊTRE, fagus. Gen re d’arbres de la monoéciepolyandrie et de la famille des amentacées.

Dénomination. — On le nomme, dans quelquesprovinces, le fau , le fayard , le fouteau, le fays. Ils’appelle en allemand bûche , buche-baum , mast-buche; en anglais , beeche; et en italien , faggio.

Histoire. — Le mot fagus vient d’un mot grec quisignifie manger : Ita dicta d comedendo , quod anteinventas fruges (ut fabulantur poetœ) homines ejusarboris glandibus solerent victitare. ( Calep ., Dict.)

Les anciens connaissaient le hêtre, et Pline l’adésigné de manière à ne laisser aucun doute à cesujet. « Son gland, dit-il, qui ressemble à un noyau,est recouvert d’une peau triangulaire; sa feuille estmince et légère , elle ressemble à celle du peuplier,et jaunit très-vite... Les mulots, les loirs, les gri-ves , en mangent la graine avec avidité. Presquetous les arbres , et sur-tout le hêtre , ne portent defruits en abondance que de 2 ans en 2 ans... Le glandde hêtre réjouit les cochons, et rend leur chair tendreà cuire, légère et de facile digestion... L’écorce duhêtre , étant desséchée, sert aussi à je ne sais quelusage religieux ; mais, au surplus , l’arbre lui-mêmene dure pas long-temps... Pline ajoute qu’on fendaitle hêtre en planches minces , dont on faisait descaisses et des vases réservés pour les cérémonies re-ligieuses : F'agi glans nucleis similis , trianguld eu teincluditur ; folium tenue, atque è levissimis, populosimile, celerrime flavescens.... Fagiglans muribusgratissima est, etideo animalis ejus und proventus ;glires quoqrte saginat; expetitur et turdis. Arborumfertilitas omnium ferè alternat, sed maxime fagi...

Glans figea suem hilarem facit, camem coquililem,ac lèvent et utilem stomaçho... A suçco neenon ytquodam usu sà crorum religiosus est fagi cortex ; sed

non durât arbor ipsa . (Plin., lib. AVI.) Facilis.

est fagus, quanquam fragilis et tenera. Eadem stc-tilibus laminis in tenui flexilis, capsisque et scriniissola ulilis. (Ib.,cap. XLIII.)

Plusieurs des régions de Rome étaient distinguéespar des noms de forêts. « Il y a encore aujourd’hui,dit Pline', le quartier de Jupiter fagutal (de fagus ',,où était anciennement un bois de hêtres. Nous avonsaussi la porte Querquétulane , ainsi appelée à caused’un bois de cliênas , et la colline Yiminale , ainsinommée à cause des osiers qu’elle produisait : Syl-varum ( nomen ) certè distinguebaturinsignibusffagu-tali Jovi etiam nunc , ubilucus fageus fuit.

Virgile a parlé du hêtre dans ces vers si connus :

Tityre , tu palultv recubnns sub tegmine fagi,Sylvestrem tenui m usant méditons avenâ.

Eclog. I.

Aujourd’hui le hêtre est très-rare dans l’Agro-Ro-mano et même dans tous les Etats Romains ; mais il yen a des forêts dans les autres parties de l’Italie .

ESPÈCES.

Nous n’avons qu’une seule espèce de hêtre dansles forêts de l’Europe , c’est le hêtre des ho\s, fagussylvatica (Lin.). Il en existe deux autres espèces, quisont naturelles à l’Amérique septentrionale : cesont le hêtre blanc , fagus sylvestris americana; etle hêtre ferrugineux, fagus ferruginea. On cultiveaussidansles jardins, enEurope, un hêtre connu sousle nom de hêtre pourpre , fagus purpurea, dont onne connaît pas l’origine.

Le Hêtue des bois ,fagus sylvatica (V. la fig. àP Atlas , PI. X V)esl un arbre delà première grandeur,qui, par son utilité, rivalise avec le chêne, et qui, parla beautédeson port etson feuillage épais et brillant,se fait remarquer parmi tous les arbres forestiers. Satige, lorsqu’il croît dans un sol qui lui convient, ac-quiert en 120 ans une grosseur considérable , et sonsommets’élèveà 90et 100pieds de hauteur; elle pré-sente quelquefois un fût de 60 pieds, sans aucunebranche et sans nœuds; elle est droite, bien pro-portionnée dans toute sa longueur, et revêtue d’uneécorce épaisse, grise et parfaitement unie ; sa tèteest large et touffue, d’une forme régulière et arron-die. Il habite les climats tempérés de l’Europe . On11e le trouve ni dans les contrées glacées du Nord ,ni dans les pays très-chauds. 11 aime les coteaux etles plaines; il se plaît beaucoup sur le penchant desmontagnes: celles de la Suisse, des Pyrénées et desAlpesen sont couvertes.On l’y trouve à la même hau-teur que le sapin, avec cette différence que le sapinest placé du côté du nord,et le hêtre du côtédumidi.

Cet arbre forme à lui seul, ou mêlé avec le chêne,des forêts d’une grande étendue et les plus bellesfutaies que l’on puisse voir. Son association avec lechêne est très-avantageuse, parce que n’étant paspourvu d’un pivot aussi long, mais ayant une grandequantité déracinés latérales, il trouve sa nourrituredans les couches supérieures du terrain; tandis quel’autre va la puiser à une plus grande profondeur.