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Tome second.
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ron en étaient ombragées. Stace, dans sa Thébaïde ,envoie une furie, portant à la main un rameau d’ifenflammé, à la rencontre des âmes qui descendentau séjour des ombres, pour leur en éclairer la routeténébreuse, et les y introduire à sa lugubre lueur. »

M. I)utour, dans le nouveau Dictionnaire d’his-toire naturelle, dit avoir vu en Angleterre une mai-son de campagne ( à Country-Seat ), appartenant àun liomme fort riche, qui était inconsolable de laperte de sa femme, morte depuis plusieurs années.Pour charmer sa douleur, cet époux avait couvertson parc de cyprès, de sapins, de genévriers et detous les arbres les plus lugubres. Une quantité pro-digieuse d’ifs entouraient te château. C’était un bâtiment isolé et de forme gothique; il était construiten pierres alternativement noirâtres et blanches,ce qui le faisait paraître comme revêtu d’un largedrap mortuaire : on Petit dit habité par des ombres.

L’if acquiert une grosseur prodigieuse, et sa duréeest de plusieurs siècles. On voit dans le comté deSurrey , en Angleterre, à Northbury-Parck , des ifsqu’on dit contemporains de Jules-César . Telle était,dti moins, la tradition du pays sous le règne d’Elisa-beth, et cette princesse vint les voir comme on vi-site un monument. Il y en a 12 ou i 5 de proportioncolossale, relativement à leur espèce; iis ont en-viron 20 pieds de circonférence, et 26 à 27 pieds detige, sans branches. Ils 11e présentent aucun signe dedécrépitude, et ils sont entourés de nouveaux plantsdont l’âge est plus que centenaire

M. de Male_sherbes rapporte avoir vu, en 1767,à Sainte-Baume, caverne fameuse en Provence parle séjour prétendu de la Madeleine , plusieurs vieuxifs autour du couvent des moines, pour qui cesmoines et les pèlerins qui les visitaient avaient beaucoup de vénération, prétendant qu’ils existaient dutemps de la sainte. Ôn disait qu’un religieux quiavait vécu très-long-temps dans ce couvent, ayantpris exactement, lorsqu’il était jeune, la mesured’un de ces arbres, et l’ayant prise encore 5 o ansaprès, avait trouvé que l’arbre n’avait augmenté quede la trente-cinquième partie de son diamètre, ce quiétait pour ces bons moines une démonstration qu’ilexistait depuis le temps de J.-C.

Ces deux exemples, quelle que soit l’exagération,prouvent, au moins, la grande longévité des ifs.

Comme cet arbre se prête à toutes les formes, etqu’il est touffu et d’une verdure constante, on leplantait autrefois avec profusion dans tous les grandsjardins, et cet usage existe encore en Suisse , enFlandre et en Hollande : on l’y voit figurer des por-tiques, des animaux, des globes, des tours, desstatues, des guerriers armés, des chasseurs avec leursfusils, des hommes fumant leur pipe, mais pluscommunément des obélisques et des pyramides. Cegoût bizarre avait été transmis par les anciens, quise servaient de l’if pour représenter des dieux et deshéros de la mythologie, des sujets de la fable, desélérnens, etc. Il est heureusement proscrit de nos'jardins d’agrément, où l’on s’occupe plus d’imiterla nature que de tourmenter lg£ arbres par la taille.

Les auteurs de la Description tomographique etstatistique de làFrance? MAI. l’euèhet et Chanlairepcitent un if*assez remarquable qui Se trouVe à Le-

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zay, près d’un château appartenant à la famille deLaval . Cet arbre, dont le tronc 11’a que 6 pieds dehauteur, se divise en un grand nombre de branches,partant toutes du même point et extrêmement éva-sées. O11 a construit sur la plate-forme de ces bran-ches un plancher, entouré d’un banc de forme hexa-gone, avec un ados de hauteur ordinaire. Les bran-ches se rapprochent par le haut et forment uncouvert très-touffu , à la hauteur de 7 pieds. Ce jolicabinet est assez grand pour qu’on puisse dresser unetable de douze couverts.

Toute l’antiquité a regards l’if comme un poison ;mais quoique les opinions des auteurs anciens surcet objet appartiennent à l’histoire de l’if, je ne lesrapporterai que lorsque je parlerai des propriétés decet arbre pour les rapprocher des expériences nou-velles.

ESPÈCES.

On connaît quatre espèces d’if, dont ur.e, Vifcommun, celui dont il est ici question , est indigènede l’Europe, du nord de l’Asie et de l’Amérique ;les trois autres, qui sont Vif nucifère, Vifmacro-phylle et l 'ifverticillé, sont particulières au Japon ;et comme elles ne sont point cultivées en Europe ,elles ne doivent pas nous occuper.

L’If commun ou Baccifère est un arbre vert, dela troisième grandeur, ne parvenant ordinairementqu’à 25 ou 3 o pieds de haut, dont le tronc est droit,rougeâtre, et comme dépouillé de son écorce. Cetronc, qui acquiert environ un pied de diamètre,soutient une cime assez ample , fort rameuse et biengarnie de feuilles, petites, linéaires, d’environ unpouce de long sur un huitième de large , pointues,d’un vert sombre et luisant en dessus, blanchâtres etstriées en dessous, très-rapprochées les unes desautres , et disposéesen peigne et alternativement surles deux côtés opposés des rameaux. Les fleurs mâleset les fleurs femelles naissent sur des pieds diffé-rens, selon Linnæus et un grand nombre de bota-nistes, et sur le même individu, quoique rarementsur la même branche, suivant Lamarck : elles pa-raissent au mois de mai au milieu des feuilles. Lesfleurs mâles sont nombreuses, axillaires, solitaires,rarement géminées, sessiles, roussâtres, composéesd’un calice formé d’écailles orbiculaires et concaves,et de cinq à dix étamines, dont les filets, réunis encolonnes, portent des anthères d’abord arrondies,mais qui, après l’émission de leur poussière, pren-nent la forme d’un bouclier, et ont leur bord partagéen sept à huit lobes peu profonds. Les fleurs femellessont beaucoup moins nombreuses et plus petites,pourvues d’un ovaire ovoïde, sans style, percé ansommet, un peu plus long que le calice. V>e fruitprpù.mûrit en septembre, est une baie sphérique, d'unrouge vif, mucilagineuse, dont la pulpe a une s‘a-veur douce, et contient un noyau qui n’est recou-vert que jusqu’aux deux tiers de Sa longueur. 11Il y a une'variété de l’if qui me diffère de' l’espècfe'principale cjue par ses feuilles, qui sont panâthéés,de jaune ou'de blanc. . ‘ .’

L’if croît le'ntement, est 1 trèh-robusle , n’est ,en-dëinmagé par aUtun insecte, 11e dépérit et ne meui’t''de vieillesse qhe léTsqil’il a plusieurs Siècles. Ilest

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