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teur, qui parle beaucoup des qualités malfaisantesde l’if, n’avait point connu celui quicroiten France .Pline rapporte, il est vrai, beaucoup de faits quel’expérience n’a pas prouvés : il dit que les baies del’if nulle sont un poison mortel, sur-tout en Es-pagne , et que même ou a vu des exemples de per-sonnes qui sont mortes pour avoir bu du vin quiavait été renfermé dans des barils de ce bois, dansles Gaules : « Nias noxio fructu, léthale (juipptbaccis, in I/ispanid prœcipuè, -venenum inest. Vasaetiam viatoria ex eâ -vinis in Galliâ facta mortiferafuisse compertum est, lib. XVI, cap. X. Puis il ditque, suivant Sextius , l’if, dans l’Arcadie , donne lamort à ceux qui dorment ou qui mangent sous sonombre, opinion qui, comme nous l’avons vu, a étépartagée par Plutarque - Il fait même dériver le motlatin toxica, poison, de taxus, nom latin de l’if;et il offre un exemple de la superstition de sontemps, en disant que l’if perdait sa qualité nuisiblesi l’on enfonçait dans cet arbre un clou d’airain :Repertum, innoxiam fieri, si in ipsam clavus ceneusadigatur. Ce préjugé, de la nature de ceux qui exis-tent encore dans nos campagnes, parait avoir été misen vogue par les aruspices de Toscane , d’où il avaitpassé à Home. Ils se figuraient, dit le traducteur dePline, lé mot enclotter comme signifiant conjurercertains maux avec des clous ; superstition fondéesur le rapport illusoire d’un mot avec un autre sem-blable, mais d’un sens tout différent. .
Parmi les modernes, Mathiole et Jean Bauliinsont les premiers qui ont constaté, par des-faits po-sitifs, les propriétés vénéneuses de l’if. Ce dernier as-sure que des animaux domestiques ont péri pour enavoir mangé. Le P. Sclioof, jésuite, prétend quesi l’on jette de l’if dans de.l’eau dormante , les pois-sons en deviennent étourdis. Quant à l’effet dange-reux de l’ombre sur les personnes qui s’y reposent,il est formellement contredit par plusieurs personnes,et on peut dire par l’expérience ; il en est de même dela prétendue qualité vénéneuse des baies de l’if. Lesobservations laites en France et en Angleterre leprouvent. On avu souvent, au Jardin des plantes àParis , des enfans manger de ces fruits en grandequantité sans en être incommodés ; le même lait estattesté par Lobel et Girard, botanistes anglais : cedernier en a mangé lui-même avec plusieurs per-sonnes sans qu’il en ait ressenti aucun trouble, et ila souvent dormi, à l’ombre de cet arbre, sans mal detète et sans accident. Les baies ne sont point malfai-santes non plus pour les animaux, elles sont mêmerecherchées par les oiseaux. L’amande que renfermele noyau a le goût des pignons et des noisettes ; elleest agréable et nourrissante; l’on peut en màngersans craindre le moindre inconvénient. Ces amandess’altèrent en vieillissant et deviennent rances : elles•sont alors dangereuses par lour àcreté. On pourraiten tirer par expression une très-bonne huile : ellesservent à nourrir et à engraisser les volailles.
Mais il est certain que, soit au midi, soit au nordde l’Europe , les jeunes pousses de l’if sont un poi-son pour l’homme et pour les animaux; il agit,dit-on , comme les poisons âcres, cause une inflam-mation à la gorge et à l’estomac, avec un resserre-ment spasmodique à l’œsophage. Les meilleurs an-
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tidotes sont les adoucissans et les huileux : les an-ciens ordonnaient le bon vin et les aromatiques. O11cite un grand nombre d’exemples d’animaux qui sontmorts pour avoir mangé des feuilles d’if. Eu 1 - 753 ,plusieurs chevaux étant entrés dans un jardin voisinde Bois-le-Duc , en Hollande , mangèrent des bran-ches de cet arbre , et moururent 4 heures après, sansautres symptômes que des convulsions qui durèrentquelques minutes. Un fait à-peu-près semblable estrapporté par Varennea de Feuille pour des chevauxdecarabiniers, qui, pendantlesguerresd’Allemagne ,avaient été attachés à des ifs, et en avaient mangé.Valmont dellomare cite un âne qu’on avait nt'nchéau Jardin des plantes près d’une palissade d’ifs, etqui , se trouvant pressé par la faim , et ayant mangéquelques rameaux de cet arbre, mourut l’instantd’après, et tout enflé, malgré les secours qu’on luidonna. MM. Daubenton et Desfontaines ont vu despoules et des moutons à qui on avait fait manger desfeuilles d’ils, mourir en peu de temps. Ces effets per-nicieux de l’if ont été confirmés par les expériencesréitérées de W iborg, professeur à l’Ecole royale vété-rinaire, et au Jardin de botanique de Copenhague.11 résulte des expériences de ce professeur que lesfeuilles d’if, mangées seules, sont mortelles aux ani-maux, particulièrement aux chevaux, sur lesquelsil a fait ses essais ; mais que , mêlées par un tiers ouun quart avec l’avoine, elles peuvent servir de nour-riture sans aucun danger. Cette neutralisation desqualités vénéneuses de l’if par un autre végétalpeut, jusqu’à un certain point, expliquer la diversitédes opinions sur leurs eliéts, étant possible que desanimaux qui n’en avaientpoint été incommodés eus-sent mangé en même temps d’autres plantes. Ausurplus, comme l’observe M. Dutour, il est pos-sible encoieque la nature du sol, du climat, et l’âgede l’arbre, contribuent à atténuer ses mauvais effets ;et il en est sans doute de ce poison comme de quel-ques autres, auxquels on s’accoutume insensible-ment: par exemple, l’opium, que les Turcs se sontaccoutumés à prendre sans danger. On dit que, dansles montagnes du Hanovre et de la liesse, le» pay-sans nourrissent en partie leurs bestiaux pendantl’hiver avec l’if. Ils connaissent ses qualités nuisi-bles, et quoiqu’ils le regardent comme un bonfourrage, ils savent que son emploi demande lesplus grandes précautions, sans lesquelles on risque-rait de perdre les animaux : en conséquence, ils leuren donnent d’abord très-peu, mélangé avec d’antrefourrage; ensuite ils augmentent-successivement ladose, jusqu’à ce qu’ils puissent enfin .tjowner lesfeuilles d’if presque seules et sans dangeryQuoJ qu’ilen soit, on ne peut recommander l’if sous là-rappiOrtde l’utilité de ses feuilles : c’est principalement pourles précieuses qualités de son bois qu’on doit le Cul-tiver dans les forêts. . ■■■ > 1 =•
Gleditsch etBurgsdorfdisentqueee bois csCunlvbnspécifique contre la morsure des chiens enragés. Chile fait racler bien menu; 011 le mêle avec delà pâtequ’on fait cuire, et dont on prend une demicepar jour en plusieurs fois. ■> ■ ‘
Comme l’if 11e quitte.p tint ses feuilles, il <co*vivient beaucoup dans les bosquets dlhi-eep; dm- ftyplantait autrefois avec profusion, et on lui donnait,
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