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Tome second.
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des bestiaux et de 5 oo liv. d’amende, et de plus«landes peines s’il y échoit, lescjuelles ne pourrontêtre réputées comminatoires, etc. V. Brûlis.

Comme nous avons rapporté sous le mot Feutoutes les dispositions réglementaires concernant lesincendies dans les forêts, nous ne nous occuperonsici que des moyens d’arrêter les progrès du feu quandil se manifeste, et de repeupler les places incendiées.

De tous les accidens qui menacent les forêts, leplus terrible et le plus fréquent est le feu. Les étésmarqués par de grandes sécheresses sont presquetoujours funestes aux forêts : aussi les incendies ont-ils été plus multipliés en l’an 8 ( 1799) et en 1818que dans les autres années; et si dans cette dernièreannée ilsn’ont pas causé des ravages considérables,c’est au zèle des agens chargés de la surveillance desbois, à celui des magistrats , des maires et des habi-tans des communes qu’on en est redevable.

Il est d’autres dangers sans doute qui sont redou-tables, et auxquels on ne peut opposer que de faiblesobstacles : tels sont les ouragans qui arrachent etbrisent des milliers d’arbres; la multiplication d’unefoule d’insectes qui les font périr ; les maladiesnombreuses qui les attaquent et en font disparaîtreannuellement de prodigieuses quantités du sol fo-restier; enfin les sécheresses, les inondations et lestorrens. Mais que tous ces fléaux sont loin encored’avoir des résultats aussi prompts, aussi effrayansque les incendies! Que de ravages le feu n’a-t-il pasexercés en l’an 8! Tous les journaux de l’Europe ont retracé les événemens désastreux qui ont détruitde grandes étendues de bois. On a vu en Allemagne ,dans la Suisse et dans plusieurs contrées de laFrance , s’anéantir sous les flammes le produit dessiècles et l’espoir de la postérité. L’homme est ef-frayé quand il arrête sa pensée sur la multitude descauses, souvent les plus légères, qui peuvent dansun instant détruire ses plus grandes ressources etses plus riches espérances. Une étincelle échappéede la pipe d’un fumeur, la bourre enflammée d’unfusil, une légère flammèche que le vent apporte d’unfeu voisin : telles sont, la plupart du temps, les causesqui produisent de grands embrasemens. Mais plusces causes sont multipliées, plus nous devons re-doubler de précautions pour les éloigner, et pour enrendre les effets moins désastreux quand les incen-dies éclatent.

L’ordonnance de 1669 défend à toute personne deporter et d’allumer du feu, en quelque saison quece soit, dans les forêts, landes et bruyères, à peinede punition corporelle et d’amende arbitraire, outrela réparation des dommages que l’incendie pourraitavoir causés : elle défend également aux marchandsde bois, aux usagers et à toutes autres personnes,de faire des cendres dans les forêts ; aux cercliers ,vanniers, tourneurs, sabotiers et autres de tellecondition, de tenir leurs ateliers dans la distance dedemi-lieue des forêts, à peine de confiscation deleurs marchandises et de 100 liv. d’amende; enfinil est défendu de faire des fours à chaux plus prèsque de cent perches des forêts.

Duhamel observe que, quoique ces dispositionssoient sages, on a toujours été obligé de déroger àces articles de l’ordonnance, particulièrement pour

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les places à faire le charbon, et que les officiers fo-restiers peuvent, dans certaines circonstances, au-toriser les adjudicataires à faire des cendres; maisqu’il faut que les places à ce destinées soient dé-signées par ces officiers en un lien où il y ait peu oupoint de souci es, et où le feu ne puisse se commu-niquer par les herbes. M. de Burgsdorf conseille,dans ce cas , de faire nettoyer ces places de toute es-pèce de matières combustibles, telles que feuillesmortes, herbes sèches, ramilles, etc., et même deles faire labourer et herser. On doit, dit le mêmeauteur, placer au nombre des mesures préservatricesdes incendies l’attention de remettre promptementen bois les endroits qui auraient déjà été incendiés,attendu que souvent les pâtres, les bergers et les usa-gers pour le pacage, mettent eux-mêmes le feu auxforêts, dans le dessein d’augmenter l’étendue deleurs cantonnemens et d’accélérer la crue des herbes.Cette attention, qu’on aurait à chaque incendie, dé-truirait le motif de ce délit.

Mais il arrive quelquefois aussi que l’on attribuefaussement ces accidens à la malveillance , et qu’ilsont une cause spontanée. Voici ce que dit à cetégard INI. Trunck , auteur d’un manuel forestier al-lemand .

« Plusieurs personnes pensent, dit-il, que quandla terre renferme beaucoup de soufre et de salpêtre,elle peut, sur-tout pendant la sécheresse et dans lesendroits où il se trouve des bruyères et de la tourbe,s’enflammer d’elle-même et communiquer le feuaux forêts. O11 doit, ajoute l’auteur, quand la terredevient noire et qu’elle commence à fumer, regar-der cet événement comme le présage d’un incendie.Dès-lors il faut que le garde forestier sonde souventla terre, et s’il en retire de la poussière ou de lacendre, qu’il fasse faire tout autour de cet endroitdes fossés et des trous, dans lesquels il fera jeter del’eau, et qu’il ait en même temps l’attention d’or-donner l’enlèvement des bruyères et de la tourbe,et des autres matières combustibles qui se trouventaux environs. »

Toutes ces précautions, et celles prescrites par lapolice forestière, sont de la plus grande importance;mais quand, malgré tous les soins, un incendie sedéclare dans une forêt, il faut employer les moyensles plus prompts pour arrêter les progrès du feu.

Ces moyens consistent :

i°. A faire annoncer le feu dans tout le voisinagepar le son des cloches et par tous autres moyens , età inviter les habitans à se rendre au lieu de l’inceu-die, armés de divers instrumens, tels que bâches,hoyaux et bêches ; '

2°. A placer les travailleurs, à mesure qu’ils ar-rivent, les uns pour faire des abatiss'cuTS'/e vent,les autres pour peler la superficie de la terré? dansune largeur de 6 à 7 mèt. (envitdn 3 oti r 4 toises),en observant de faire rejeter les gazons du côté op-posé au feu, afin que la conin’.uméât'idnl'hf/ puissepas s’établir par les herbes sèches, qui s’embrasentaisément;

3 °. A faire faire, quand la circonstance l’ékige oule permet, des tranchées à une certaine distance dufeu, toujours en ayant l’attention de rejeter les ga-zons du côté opposé; ‘ '