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Tome second.
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ij 0 . A se servir d’eau et de pompes quand on peuts’en procurer;

5 °. A faire fouiller la terre quand le feu a prisdans des bruyères, et à la jeter sur la bruyère en-flammée et même sans attendre qu’elle le soit- Sila bruyère brûle, cette terre étouffe le feu; et si lefeu n’a pas encore atteint l’endroit qu’on fouille,la tranchée que l’on forme en arrête la communica-tion (i).

6°. On peut aussi, dans ce dernier cas, c’est-à-dire quand le feu est dans un cantbn qui n’est cou-vert que de bruyères ou de petits arbustes, et quandon ne peut pas se procurer de l’eau, éteindre le feuen frappant dessus avec des poignées de lioussines,et en enlevant les berbes avec le boyau et le râteau.J’ai vu employer, avec un succès très-prompt, cemoyen dans un incendie violent qui avait éclaté dansla forêt de Brühl, près Cologne , en 1796. Quelquesfemmes et les enfans de deux ou trois petits villagessuffirent pour éteindre ce feu, qui s’étendait déjà surune surface de plusieurs hectares. C’est encore lemoyen qu’on a employé très-avantageusement dansun incendie de la forêt de Fontainebleau.

7 0 . M. d’Ourcbes, qui a publié un ouvrage surles forêts, fait mention d’un moyen singulier quel’on emploie dans le département de la Gironde , oùil y a de grandes forêts de pins, lorsque le feu yprend. ccL.es habitans, dit-il, [»orteiit le feu exprèsdans un canton, voisin de l’incendie, et l’allumentle plus près possible ; ce qui est fort aisé, vu que lebois résineux est très-combustible. Alors il s’établitentre les deux foyers une attraction qui ramènetoutes les flammes au centre, et dès le moment quela communication est établie, l’incendie cesse dansla circonférence, w Ce moyen parait trop dangereuxpour le recommander. La plus légère circonstancepourrait en faire manquer l’effet et occasionner undouble incendie.

Quand on est parvenu, n’importe par quel moyen,à éteindre un incendie , on doit faire veiller sur leslieux pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, sur-tout si, comme cela arrive assez souvent, on aper-çoit encore du feu par-ci par-là, et recommanderaux gens préposés à cette garde de parcourir non-seulement les endroits incendiés, mais encore ceuxdes environs qui se trouveraient sous le vent, afin

(1) Ces divers moyens, qui renient à arrêter la commu-nication ihj teu , prouvent l’excellence tl’un avis donné parDuhamel. Tl conseille, lorsqu’on plante lin bois, delecou-per pan des routes de quatre à cinq toises de largeur. «In-dépendamment de la commodité dont elles seraient pourl’exploitation des bois, ce serait, dit-il, forrtier d’avancedes .tranchées qui serviraient efficacement à arrêter les pro-grès des incendies, outre qu'on se ménage des cheminspour tirer les bois, des allées pour la promenade, et desroutes pour la chassai u

On objectera peut-être contre le conseil de cet auteur,que ce serait diminuer l’étendue des plantations, et parconséquent la niasse des produits à venir. Il est facile dedétruire celle objection , en faisant remarquer que les forêtsconvenablement percées par des chemins et des alléessont mieux aérées, qu’elles produi ent du bois meilleuret en plus grande quantité sur les bords des chemins quedans le fond des massifs , et qu’en dernier résultat, mê-me sans avoir égard aux vues île liuhamel, l’avantageserait toujours pour les forêts divisées par des routes.

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d’étouffer, avec de la terre ou autrement, le feu quise rallumerait, ou les flammèches qui auraient étéemportées dans les cantons voisins.

Les gardes ou les agens forestiers doivent, aus-sitôt après l’événement, faire connaître par un pro-cès-verbal le moment où le feu a commencé ; lesmoyens employés pour l’éteindre ; les communes oules particuliers qui se sont présentés pour porter dessecours, et ceux qui, en étant requis, s’en sont dis-pensés; l’étendue des endroits incendiés; les dom-mages occasionnés par le feu; les causes probablesou connues de l’incendie; les noms bien exacts desincendiaires, si on les a découverts , pour les pour-suivre suivant la rigueur des lois; enfin, toutes lescirconstances particulières de cet événement, et lesmesures à prendre tant pour en éviter le retour quepour remettre promptement en bois les parties ouïesflammes ont passé.

« Lorsqu’on est parvenu à éteindre le feu dansune forêt, dit Duhamel, il faut abattre tous lestroncs rôtis qui 11’ont point été consumés par le feu,et couper les souches à fleur de terre. Très-souventces bois repoussent mieux que s’ils avaient été abattusà l’ordinaire et en bonne saison.

» Je crois, âjoute-t-il, qu’on ferait bien, dansl’hiver suivant, de répandre des semences d’arbresdans les clairières : elles y réussiraient d’autantmieux que les mauvaises lterbes auraient été dé-truites par le feu, et que la terre serait amendée parles cendres qu’elles auraient produites; ce qui re-vient à l’esprit de l’ordonnance , qui veut que lescharbonniers soient tenus de repeupler les placesqu’occupaient les fourneaux. „

Le conseil que donne ici le premier de nos au-teurs forestiers, a été suivi dans les brûlis de la fo-rêt d’Orléans, où les semis ont eu un succès pro-digieux.

Les incendies considérables arrivés pendant l’an11 dans l’étendue de cette forêt avaient jeté l’effroi,et fait croire à ceux qui né connaissaient pas leslieux que le gouvernement en avait éprouvé uneperte réelle; mais cet accident a tourné au pro-fit de la chose, et il en a résulté, en définitive, qu’onest parvenu à planter des terrains peu garnis, et, cequi est extrêmement intéressant, à acquérir uneexpérience qui peut procurer à peu de frais le repeu-plement d’une grande partie de cette forêt, dont labruyère seule est restée la maîtresse.

Entre autres parties incendiées où les gardesavaient fait des semis de bouleau , et qui ont fourniune quantité considérable de beaux plants, il y a euquelques cantons d’une contenance totale d’environ70 hectares, où les semis ont obtenu un succès éton-nant, quoique le terrain fût de mauvaise qualité.

Les semences de bouleau qui y ont été jetéesavec profusion ont produit des millions de plants,dont ou a pu disposer pour planter les endroits va-gues de la forêt. Pour donner une idéede la foroe dela végétation de «es semis, il suffira de dire qu’on atrouvé des plants qui, quoique n’ayant que 2 ans,avaient depuis 3 met. jusqu’à a mèt. et demi dehauteur, et de i 3 à j 4 centim. au pied; on en amême vu qui étaient déjà trop forts pour être d’unetransplantation Facile.