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3» ces galeries ne se croisent; mais elles acquièrent :» plus de largeur à mesure que la larve prend de :» l’accroissement. La manière dont ces pionniers :v> travaillent sous l’écorce vaut bien la peine d’être» considérée, et il n’éeliappera pas aux observateurs» combien est remarquable, dans une aussi nom-3) breuse famille d’insectes à étuis, cet amour de la33 paix , par - tout si rare, qui ne permet à aucun3) de ses membres d’empiéter sur le terrain de l’au-3 ) tre , et les retient à travailler chacun pour soi.
33 La féconde mère reste jusqu’à sa sortie dans la33 galerie principale ; les larves occupent l’extrémité33 des galeries latérales serpentantes. Le toutcom-33 pose constamment une famille; mais il arrive quel-33 quefois aussi que deux familles de ces insectes33 s’approchent de si près , qu’elles se détruisent33 l’une l’autre. Au bout de quelques semaines, la33 larve se change en nymphe ; dans cet état, elle>3 devient extrêmement sensible et délicate, une sai-33 son défavorable en détruit alors des millions.
33 C’est aussi de la saison que dépend le plus ou33 moins de temps que la nymphe met à passer de33 son état à celui d’insecte parfait. Si l’époque du33 développement tombe dans lasaison la plus chaude3> de l’année, la larve aura surmonté toutes ses pé-33 riodes dans l’espace de 8 semaines; mais si la33 ponte des œufs ne s’est effectuée qu’en automne ,
33 cela peut durer autant de mois. Devenu insecte33 parfait, le bostriehe dévore tout ce qui est encore33 resté entre le bois et la partie dure de l’écorce33 extérieure , et ne laisse que ce qui n’est pas trop33 desséché ; finalement, il se perce une issue au>3 jour. Lorsqu’on examine un morceau d’écorce33 ainsi rongé, on n’aperçoit déjà plus les galeries33 serpentantes, mais des cavités. S’il existe une33 très-grande quantité de trous à l’extérieur de l’ar-33 bre, c’est une preuve que les larves , déjà méta-33 morphosées, dont il en habite souvent quatre-33 vingt mille dans un seul arbre, l’ont déjà aban-33 donné; mais lorsqu’on ne voit pas, toute pro-33 portion gardée, beaucoup de trous , c’est que les>• brigands ne font que d’y entrer pour commencer33 à exercer leurs ravages. On ne saurait imaginer,33 sans le plus grand étonnement , à quel point cet33 être a la vie dure. Qu’on abatte le bois dans l’é->3 corce duquel il habite, qu’on le fasse flotter sur» l’eau; qu’on le laisse dans l’eau, sur la glace,33 dans la neige, on y trouvera toujours notre iri-33 secte sain et dispos.
» Les arbres, dans la tendre écorce intérieure33 desquels ces larves font leurs fouilles funestes ,33 voient d’abord leurs feuilles en aiguilles se jaunir,33 et meurent à commencer par le haut de la cime.>3 II est peu de grandes forêts de l’Allemagne qui33 n’aient éprouvé cette épidémie , que l’on y ap-33 pelle wurmtroekniss (ce qui signifie, dans notre33 langue , sécheresse occasionnée par la piqûre des33 rets) ; et l’an trouvé , dans les anciennes litnr-33 gies, notre bostriehe formellement mentionné33 sous sa dénomination vulgaire , ni plus ni moins33 que le turc. 11 existe déjà, sur des registres de33 l’année i 665 , des rapports circonstanciés du mal>3 affreux qu’il causait, et alors, déjà, on s’avisa duj3 seul remède entièrement sûr à lui opposer : c’é-
33 tait d’abattre, dans le principe, tout arbre qui se33 trouvait attaqué , d’en enlever l’écorce et de peler33 l’arbre radicalement. Au commencement de ce» siècle, ce fléau se manifesta, pendant plusieurs
a années consécutives , dans les forêts du Hartz.
» Il reparut en 1757 , redoubla de fureur en 1769,
33 et alla toujours croissant jusqu’en 1777- H parut30 que cette plaie voulait cesser en 1778 et 1779 ;
33 mais, dans les années suivantes, après un été33 très-chaud et très-sec , elle ne s’accrut que da-33 vantage, et même de la manière la plus effrayante.
33 II se trouva, dans le Clausthal seul, plus de33 3 oo,ooo, et dans la contrée, en général, plus d’un33 million de troncs d’arbres absolument séchés sur33 pied. Les habitans du Hartz se virent, par là,
33 menacés d’une ruine entière , et l’exploitation de
33 leurs mines d’une suspension totale. Le mal
33 était parvenu à son comble en 1783. On pouvait3 j évaluer , au Hartz seul, le nombre des arbres at-33 teints de la maladie à un million et demi. Ce33 qu’on avait à se promettre pour l’avenir se pré-33 sentait sous un aspect toujours plus effrayant. Ces33 masses de sapins, naguère si superbes et d’un vert33 si foncé , n’offraient plus à la vue qu’un jaune33 sale et portant l’empreinte de la mort; à mesure33 que le mal s’accroissait, s’augmentait aussi l’im-» possibilité d’y remédier. On vit en outre, à cette33 époque, nos bostriches se rendre, par essaims pa-33 reils à des essaims d’abeilles, en Souabe et en33 Franconie . Enfin, depuis l’année 1784 jusqu’à33 1789, grâce aux saisons froides et humides qui33 survinrent, ce terrible fléau diminua sensible-33 ment. Avec l’année 1790, l’ancien ennemi repa-» rut de nouveau avec plus de force encore, et l’on33 était, en 1796, en suspens sur le sort qu’éprou-33 veraient le petit nombre de lieux riches en sapins33 qui étaient restés intacts. Il paraît actuellement33 bien décidé que, malgré que le bostriehe préfère33 aux arbres qui sont en pleine sève ceux qui ne le33 sont pas, il n’en attaque pas moins aussi, au33 défaut d’autres , les arbres les plus sains. O11 peut33 avancer hardiment que la confiance tranquilli-33 santé avec laquelle on s’est trop long-temps per-33 suadé que cet insecte ne cherchait que les arbres33 qui se trouvaient déjà malades sans cela, et qu’il33 cesserait de lui-mèine ses ravages, a coûté plu-33 sieurs centaines de milliers d’arbres. Un petit33 nombre de bostriches ne sauraient sans doute33 faire tomber un arbre sain dans le dessèchement,i3 et dans les années où ce pernicieux insecte est peu» abondant, on peut le livrer à l’indifférence sur33 ce qui le concerne ; mais il est toujours prudent,73 nécessaire même, d’enlever bientôt le bois nou-33 vellement abattu par la hache ou renversé par>3 le vent. Il peut cependant quelquefois servir àa rassembler ceux qui sont errans, et qui tombent; » premièrement sur ces bois-là, où on les tient alors>3 comme dans un piège. Il serait encore très-im-: » portant de ne jamais permettre aux charpentiers: « d’établir leurs ateliers dans la forêt, et defendre: r> très-sévèrement de tirer sur les pics, que la na-is ture créa pour s’opposer aux progrès de cette; o plaie- Le point capital, c’est d’abattre très-promp-» texnent les arbres qui sont une fois attaqués, 6t