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« d’enterrer bien profondément les écorces qu’on« aura soin d’en enlever, et l’on fera encore mieux» de livrer ces écorces aux flammes. 11 est certain» que tout bois laissé long-temps sur pied après» son dessèchement n’est plus propre ni à bâtir ni” à brûler, ni même à faire du charbon.
33 11 est un autre bostriche plus fécond , maisj> point aussi redoutable que le précédent, c’est le» calcograplie ou graveur, scolytus chalcographus.33 De môme que le précédent, la larve creuse, en33 rongeant ses galeries dans les couches de l’écorce33 verte pénétrées dé sucs : la seule galerie princi-33 pale des parens décrit une courbe ; ils poussent33 leur travail au point de p>énétrer un peu dans le>3 bois même, ce qui n’a jamais lieu chez les précé-33 dens. Nous n’avons pas trouvé, chez ce petit in->' secte, de plus grands talens pour l’art que sa dé-33 nomination annonce, que chez le précédent pour>3 la typographie... Le ligniperda ou perce-bois s’y33 prend encore d’uneautre manière dans son travail:33 tandis que les précédens déposent leurs œufs sur33 les cotés de la galerie principale, la femelle de33 celui-ci dépose les siens en un monceau, de raa-33 nière que les larves commencent leur travail en33 partant d’un centre commun. 33
« Cet extrait intéressant mériterait d’être connu,à raison de son extrême importance , de tous lesgrands propriétaires, et sur-tout par les inspec-teurs de nos forêts ; elles ont aussi leurs insectesdestructeurs, et ils verraient combien de causesqui , dans le principe , ne fixent aucunement l’at-tention , peuvent, par négligence , devenir funestesà l’état. 33
Je vais traduire la description donnée par M. Har-tig des bostriches dont on vient de parler et de quel-ques autres, et je continuerai d’ajouter aux déno-minations de Linné employées par l’auteur, cellesdes autres naturalistes :
Le Dermeste , ou Bostriche , ou Scolyte ty-pographe ou imprimeur, dermestes typographus(Lin., , scolytus typographus (Latr.), ips typogra-phus (deGéer.), bostrichus typographus (Fabr. ),scolytus typographus (Oliv.) (1).
Ce bostriche ou scolyte, qui, ainsi qu’on l’a vupré-cédemnient, cause les plus grands dégâts , particu-lièrement dans les forêts de sapins et d’ épicéas, estreprésenté de grandeur naturelle par la figure 7, etconsidérablement grossi par la figure 8. 11 est velu ,et d’un brun alternativement clairet foncé; ses ély-tres sont striés , tronqués et dentés à l’extrémité, etses pattes sont rouges.
Au printemps, dès que la chaleur se soutient, cesinsectes sortent de l’écorce des arbres résineux, vontdeux par deux , se répandent en très-grand nombredans les environs et s’accouplent; ensuite ils fontun trou oblique, de bas en haut, dans l’écorce des ar-bres, et qu’ils continuent jusqu’à l’aubier ; ils y for-ment une galerie droite et cylindrique , et la fe-melle dépose sur les eûtes de cette galerie cinquanteet jusqu’à cent œufs blancs, de la grosseur d’ungrain de millet. Quinze jours après , ces œufs don-
(1) Ce dermeste ou bostriche forme la troisième espècedes scolytes de M. Latreille.
Tobie II.
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nent naissance à de petits vers blancs ou larves,dont la forme est représentée figure 9. Ils ont la têtebrune et des raies transversales sur le dos. C’est danscet état de larve que l’insecte cause particulièrementde grands dommages , en formant dans le liber desarbres, c’est-à-dire entre l’écorce et le bois, desgaleries qui arrêtent totalement la circulation de lasève lorsque l’arbre se trouve sillonné de tous côtés.
Dès que la larve est formée et qu’elle a 2 lignes etdemie à 3 lignes et demie de long, elle se dépouillede sa peau , et se change en une chrysalide repré-sentée parla figure 10, qui, elle-même, se transformebientôt en un insecte ailé, d’abord jaune, ensuitebrun et d’une grosseur invariable. Cet insecte, lors-que la température est favorable, c’est-à-dire sècheet chaude, vole dès le mois d’août ou de septem-bre : autrement, il reste caché sous l’écorce jusqu’auprintemps prochain , époque à laquelle il se montrepour s’accoupler, comme nous l’avons dit, et re-commencer de nouveaux ravages.
La question de savoir si le dermestes typographusmeurtaprès l’accouplement et la ponte, ou s’il se re-montre encore une fois en automne ou au printempssuivant, pour faire de nouveaux trous et y déposerses œufs, a partagé les opinions.
Il est du moins certain que ces insectes, aprèss’être introduits dans le liber , et y avoir déposé leursœufs, continuent de vivre pendant l’hiver, et qu’onles trouve à l’extrémité des principales galeries.J’ai, continue M. Hartig, la preuve de ce fait, parun morceau d’écorce qui est devant mes yeux , etj’ai d’ailleurs fait des expériences qui prouvent queni le froid ni l’eau ne peuvent faire mourir ces in-sectes. Ils peuvent vivre des mois entiers dans laglace et dans l’eau sans en éprouver aucune atteinte.
L’histoire abrégée que nous venons de donner decet insecte, suffit pour établir que sa manière de vi-vre doit causer la mort des arbres où il se multi-plie. Sa nourriture favorite est la substance séveuse( le cambium de Duhamel ) des sapins et des épicéas ;mais on le trouve aussi dans les pins malades et sousl’écorce de toutes les souches d’arbres résineux etdes bois de ces espèces , gisans dans les forêts depuisquelque temps. La nature semble lui avoir assignéles arbres résineux malades, car il y reste tant qu’ilspeuvent lui fournir de la nourriture sans attaquer lesarbres sains; mais quand les arbres malades, quandles souches et les bois gisans 11e lui offrent plusassez d’espace et de nourriture, et qu’il s’est con-sidérablement multiplie , il se jette sur les arbressains, et détruit en peu d’années les plus vastes fo-rêts , ainsi qu’on en a eu de funestes exemples dansplusieurs parties de l’Allemagne (i).
Le petit Bostriche ou Scolyte velu, bostrichusvillosus (Payk.) , scolytus villosus (Latr.), hylési-nas villosus (Fabr.).
(1) Il parait même qu’il se jette surfons les arbres , non-seulement les pins et mélèzes, mais encore sur les arbres .1feuilles rondes. M. Hartig assure, dans scs Archives Jores-tières , année 1816, 4 '-partie, page 82, avoir remarqué quele dermeste typographe, transporté dans des villages avecdes sapins qui en étaient infestés, s’était jeté sur les pru-niers.
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