Band 
Tome second.
Seite
283
JPEG-Download
 

INS

les espèces d’oiseaux qui se nourrissent d’insectes ,ou du moins qu’on n’en diminue pas trop le nombre.Parmi ces oiseaux, il y en a beaucoup que l’on n’aaucun intérêt de prendre, parce qu’ils ne sont pasbons à manger; mais il y en a d’autres qui, à raisonde la délicatesse de leur chair, sont l’objet d’unechasse destructive : de ce nombre sont particulière-ment les grives ( turdus ), les bréans ( emberiza ) , lespinçons ( Jringilla ), les mésanges (parus). Commeces oiseaux détruisent une grande quantité d’oeufsd’insectes, de chenilles et d’insectes parfaits, ondoit les ménager. Quant aux autres oiseaux vivantd’insectes, on n’est pas dans l’habitude de les pren-dre en grande quantité.

Les moyens qui peuvent être employés pour di-minuer, autant que possible, la quantité des insectesqui se sont multiplies, sont de plusieurs sortes :

Premier moyen. — Détruire les chenilles dansleur émigration d’un arbre à un autre.

Deuxième moyen. — Ramasser et détruire leschenilles qui se trouvent dans les sous-bois et lesbroussailles.

Troisième moyen. — A l’égard de la grosse che-nille du pin (phalæna bombyx pini ), qui aime àformer ses cocons dans les sous-bois , il convient deficher en terre autour des futaies des branches depin, sur-tout du côté du midi, et ensuite brûler cesbranches avec les chrysalides qui s’y sont établies;ou bien, si l’on veut conserver les branches de pin,en détacher les cocons avec les petits rameaux etles brûler.

Quatrième mo)en. — Détruire les nids de che-nilles, rassembler et détruire, autant qu’il est pos-sible, les cocons ou les chenilles au moment qu’ellesles forment.

Cinquième moyen. —Détruire les papillons de lagrosse chenille du pin (phalæna bombyx pini), quiordinairement se tiennent sur la partie inférieuredes pins, et s’ils ont déjà déposé leurs œufs, dé-truire ces œufs.

Sixième moyen. — Allumer pendant la nuit, àl’époque où les papillons se montrent, une grandequantité de feux clairs et flamboyans dans les placesvides qui se trouvent dans l’intérieur et autour descantons de bois attaqués par les insectes, afin queles papillons, qui viennent voler sur ces feux, ysoient brûlés.

Nota. C’est le moyen que M. de Ziegra assureavoir employé avec succès dans une forêt de laBasse-Lusace , de 1 3o,ooo arpens, qui était attaquéepar les chenilles.

Septième moyen. — Avoir soin de conduire , enautomne , en hiver et au printemps , dans tes can-tons attaqués par les chenilles un troupeau de co-chons, qui chercheront et mangeront, ou détrui-truiront les chenilles et les chrysalides qui se trou-veront sous la mousse.

Huitième moyen. — Si l’on remarque qu’il setrouve une grande quantité de chenilles ou de chry-salides dans la mousse même , et qu’on puisse lesemporter avec elle , on rassemblera cette mousseavec un râteau , et on la mettra en lieu sûr pour labrûler ou l’employer comme litière; mais si les che-nilles ou les chrysalides se'sont établies sous la

INS a85

mousse même et dans la terre, on conçoit que cemoyen devient inutile.

Neuvième moyeu. — Quand un bouquet d’arbres,quelle que soit son étendue, est attaqué par les che-nilles, il faut abattre autour de ce bouquet un nom-bre d’arbres suffisant pour interrompre la communi-cation par le haut des arbres. Ces abatis doivent sefaire de manière que la tête des arbres tombe dans lapartie attaquée par les chenilles, afin que celles quipourraient se trouver sur ces arbres ne puissent ga-gner la partie saine de la forêt; ensuite on ramasseraet on détruira toutes les chenilles que l’on trouverasur les arbres abattus, ou qui seront tombées desautres arbres par l’effet des secousses occasionnéespar l’abatis. Cela fait, on creusera tout autour ducanton infesté un fossé d’un pied et demi de largeet d’autant de profondeur, dont les pans ou talus se-ront perpendiculaires, et on placera le rejet desterres du côté où le bois est encore sain , pouraugmenter d’autant la hauteur du talus de ce côté.Par la suite , on visitera, tous les jours, ces fossés ,auxquels on donnera aussi plusieurs embranchemensà travers le canton infesté, et on détruira les che-nilles qui y seront tombées dans leur migrationd’un arbre à tin autre. Ce moyen est l’un des plusefficaces, et quand on l’emploie assez à temps etqu’on le combine avec les moyens susindiqués, onen éprouve d’heureux effets ; mais quand on laisseprendre trop d’empire au mal et qu’on néglige des’opposer à la production des chenilles , tous lesmoyens deviennent souvent inutiles, et l’on se re-proche trop tard d’avoir manqué de soin et de pré-voyance.

11 faut que chaque garde reçoive l’ordre de visiter,au printemps, dès que la température commence tidevenir chaude, le triage de bois résineux qui estconfié à sa surveillance, et qu’il constate si et dansquelle partie de son triage il a remarqué des insectesdes espèces que nous avons décrites , afin que l’onpuisse employer à temps les moyens nécessaires. Ilfaut sur-tout qu’un forestier chargé de l’administra-tion d’un bois résineux soit très-attentif, pendanttoute l’année, à observer s’il y a des chenilles de pinet des bostriches , et dès qu’il en aperçoit des traces,en marquer la place, afin que l’on puisse détruirele mal dans sa source, et l’empêcher de faire de:-progrès.

Outre les moyens qu’on vient d’indiquer pour ladestruction des chenilles les plus nuisibles aux fo-rêts , on en a proposé beaucoup d’autres , qui sont,les uns infructueux, les autres impraticables et ri-dicules. Dans ce nombre , on peüt ranger 'deux quiconsistent à employer la déttmation du Ctrnon , lafumée de soufre , la fumée produité pûr lai combus-tion de bois et de mousse entassés, les aspersionsfaites avec des matières corrosives', des eaux de'sa-von , ou d’autres, les lessives alcalines, le'piétinementdu sol, pour écraser les chenilles et les larves^ lenettoyage des arbres avec des balais émoussés, etc.

5G”