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Tome second.
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LIE

LIE

et suivant d’autres il dériverait du verbe errare,errer, parce que ses rameaux sont errans sur les au-tres arbres. La première étymologie mê'pataît laplus exacte. On dit aussi que le nom spécifique hé-lix vient du grec elissâ, j’enveloppe. Ainsi, l’un etl’autre expriment la même idée.

Histoire. — « Le lierre était bien connu des' an-ciens. Les naturalistes, les historiens, les poètes,les médecins en font souvent mention. Ils en distin-guent de plusieurs sortes, à raison de la grandeur dela plante, de la couleur des feuilles et des fruits;mais ce ne sont que des variétés de la même espèce-Pline, liv. XVI, chap. XXXIV, a confondu avec lelierre un ciste à fleurs roses , dont on tressait descouronnes ; erreur qui a déjà été relevée par quelquesauteurs. ( Desj'.)

xi Le lierre était consacré à Bacchus , soit à causede sa verdure perpétuelle, emblème de l’éternellejeunesse du dieu de la vendange, soit parce qu’onlui attribuait la propriété de suspendre l’ivresse, ou,suivant d’autres, d’en augmenter le délire lorsqu’onen mêlait au vin. Dans les jours de fêles, les sta-tues, lesthyrses, les casques, les boucliers du dieuétaient ornés de lierre, et les Bacchantes en por-taient des couronnes. On en couronnait aussi lespoètes et quelquefois même les vainqueurs. Plinenous apprend qu’Alexandre, à son retour de l’Inde ,portait une couronne de lierre. » ( Ib .)

Pline dit aussi que le lierre est ennemi des autresarbres et de toutes les plantes ; qu’il gâte les murs etles sépulcres : Inimica arbori, satisque omnibus :sepulcra, nturos mmpensç que le lierre blanc faitmourir les arbres auxquels il s’attache, et qu’en leurenlevant tout leur suc, il se nourrit si bien qu’il de-vient arbre lui-même : Arbores autern necat can-dida , omnemque succum aujerendo tanta crassitu-dine augetur, ut ipsa arbor fiat. C’est à quoi Labé-rius fait allusion dans ces beaux vers :

Ut edera serpens vires arboreas necat ,

Ita me vetitstas amplexu annorum enecat ;

Sepulcri similis, ml ni si nonien retineo.

Saturn., lib. II, c. vu.

Horace et Virgile rappellent, par les vers ci-après,que le lierre servait à couronner les poètes :

Me doctacfim ederx piasmia frontium ,Dis miscerit fuperis .

Horat.

Pastores , hederâ crescentem ornate poetam.

Virg. , Eclog. VII.

. Accipe j assis

Cnrmina çcepta tuis, utque banc sine tempora circumIràkr victrices hederam tibi serpere lauros.

I ■ Virg. , Eclog. Vin.

Le lierre sert encore maintenant, au défaut dulaurier, à tresser des couronnes pour orner le frontdes. écoliers dans les distibutions de prix; on en faitaussi des guirlandes pour les fêtes et réjouissancespubliques ; enfin il a encore retenu quelque chosede son ancienne consécration à Bacchus : les mar-chands de vin en font des couronnes qu’ils suspen-dent au devant fie leurs boutiques, afin de leur servird’enseigneq

Dans l’ancien français , on écrirait liierre; ce motse trouve dans plusieurs auteurs, et llonsard a dit,'égldguè il :

J’ai pour maison un antre et un rocher ouvert,

Ile lambruplie sauvage et cl’liierre rouvert.

« Un lierre représenté attaché à un chêne, aprèsmême qu’il est abattu , et ces mots : Hœretque ca-denti, sont la devise d’un homme qui suit, dansl’adversité, un grand auquel il s’est attaché. x>

Varron , Caton et Pline attribuaient au lierre unevertu singulière pour jèpdc>u,vèr lie vlri dans lequel onaurait mêlé de l'eau; ils disent qlië si on met de ce*vin dans un vaisseau fait de bols de lierre, fout levin se répand au dehors, et l’earf resté dans te vais-seau : Si voles setre in yinum aqua addita sit, nec-ne, vasculum Jiicito dè màteria ederacea. Vinum idquodputabis aquam habcrc, èodern rnittito. Si ha-bebit aquam, vinum efjîuet, aqua ntanebit. Isa ninon continet vinupn. vas ederaceurn.'X Ça ton. ) Cettepropriété du lierre de' laisser ecliappér le vin à tra-vers ses pores, est regardée par 16 traducteur dePline comme un conte fait à plaisir : l’expérience aété en effet répétée sans succès. Cependant M. Des-longchamps rapporte qu’une personne digne dè foilui a assuré que c’était l’eau qui filtrait à travers lespores du bois, et que le vin reslàit dans lé vase; cequi est plus croyable. Au surplus, l’expérience seratoujours difficile à faire, parcè qu’tm trouve rare-ment un tronc de lierre assez gros pour en faire tour-ner une tasse, et c’est cette difficulté qui a empêchéM. Deslongchamps de l’exécuter.

ESPÈCES.

Les botanistes connaissent quatre espèces de lierre,dont une seule est cultivée en France : c’est celledont nous allons donner la description, puisée enpartie dans la nouveLle édition des Arbres et Ar-bustes, de Duhamel.

Description. — Le Lierre commun ou orim-pant , hedera hélix ( Lin. ), est un arbrisseau sar-menteux et toujours vert, de la première grandeur,que l’on trouve presque par-tout, dans les bois, dansles haies, dans les bons terrains et ceux de médiocrequalité, principalement dans les lieux frais, om-bragés et exposés au nord.

Sa tige est revêtue d’une écorce d’un brun clair,et elle se divise en rameaux de couleur verte : ellepeut acquérir, avec les années, jusqu’à un pied degrosseur et 5o pieds d’élévation; elle est rampanteou grimpante , s’appuie ordinairement sur les corpsenvironnans, comme le tronc des vieux arbres, lesrochers et les murailles; dans un âge avancé, ellese soutient quelquefois seule.

Ses rameaux, très-nombreux, s’étendent fort loin,et s’attachent par des vrilles qui ressemblent à depetites racines et naissent sur le corps même desliges et des rameaux, sur-tout sur le côté qui s’ap-puie aux objets environnans. Ces vrilles paraissentne tirer que peu ou point de nourriture des corpsauxquels elles s’attachent; car en quelque quantitéqu’elles soient, elles ne peuvent point remplacer lesracines; et quoiqu’elles aient souvent de B lignes à