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cotte tient à l’arbre qui lui donne vie , et qu’on nela sèvre que lorsqu’elle a des racines.
La pratique des marcottes se trouve très-bien dé-crite par feu M. Thouin, professeur de culture auJardin royal des plantes. Voici un bref extrait desprincipes qu’il expose.
cc Cette pratique, dit-il, a pour but de multipliercertains végétaux qui ne se propagent pas avec leursqualités utiles ou agréables par la voie des semences,ceux encore qui ne donnent pas de bonnes graines,enfin ceux qui sont trop long-temps à procurer desjouissances parla voie des semis.
53 'Foute la théorie de cette opération consiste àdéterminer, au moyen de l’humidité, de la chaleurd’une terre préparée, des incisions, des ligatures,les rameaux marcottés à pousser des racines et à for-mer , par ce moyen, de nouveaux individus doués detoutes les qualités de leurs souches.
33 Le marcottage le plus simple consiste à butter ouà élever une butte de terre autour d’une cépée dejeunes tiges d’arbres ou d’arbustes plantés en pleineterre. On se sert ordinairement, pour former cettebutte, d’une terre limoneuse un peu grasse, c’est-à-dire qui soit susceptible de s’imprégner d’humi-dité et de la conserver pendant long-temps. Onlui donne une hauteur à-peu-près égale à sa base;on la foule autour des jeunes branches, et on en af-fermit la surface pour qu’elle se gerce moins et con-serve plus long-temps sa fraîcheur.
33 La saison la plus convenable à cette sorte demarcottage , qui n’exige aucune autre opération,c’est la fin de l’hiver, lorsque la terre est profondé-ment humectée : elle ne demande d’autre cultureque d’être arrosée de temps en temps pendant lesgrandes chaleurs de l’été. A l’automne , il est bon des’assurer si les branches enterrées ont poussé suffi-samment de racines pour être séparées de leur sou-che. Dans le cas où le chevelu est abondant, onsèvre les marcottes et on les met en place. Si aucontraire les racines ne sont pas assez nombreusespour nourrir les jeunes arbustes, on attend l’annéesuivante pour les séparer de leur mère.
33 La voie de multiplication par provins convientà un certain nombre d’arbres et d’arbustes dont lestiges, d’une consistance plus ferme que celles de 1 hdivision précédente, ont besoin d’une opération delus pour pousser des racines. Elle consiste à cour-er ces branches en terre au lieu de les laisser dansleur direction perpendiculaire , et de se contenter deles butter comme dans le marcottage.
33 Ou emploie ce moyen pour regarnir les clai-rières qui ne sont pas trop étendues dans les boistaillis, et c’est un des procédés les plus simples et lesmoins dispendieux pour remplir cet objet impor-tant. Lorsque sur la lisière ou dans l’intérieur d’uneclairière il se trouve des espèces d’arbres composésde jeunes branches vigoureuses et flexibles, onouvre de petites tranchées d’environ un pied de pro-fondeur, dans lesquelles on couche l’extrémité deces branches avec précaution, pour ne pas casserleurs tiges. Ces extrémités doivent être redressées etcoupées à 5 ou b pouces de terre, afin d’arrêter lasève et de la déterminer à porter ses efforts sur laproduction des Tacines. Des gazons, de la terre de
la surface, des feuilles pourries doivent entourerla branche couchée, et le reste des rigoles est remplipar la terre qui en est sortie- On la foule pour l’af-fermir autour des branches et leur conserver unehumidité favorable. Il ne faut pas laisser sur lacépée dont on a couché une grande partie des ra-meaux, des branches perpendiculaires ; la sève dela souche, ayant une bien plus grande tendance àmonter droit qu’à circuler dans des branches cour-bées, abandonnerait celles-ci pour se. porter avecaffluence sur les autres, il en résulterait la perte desmarcottes. 11 est donc essentiel de supprimer toutesles branches verticales, et pour qu'il n’en poussepas de nouvelles jusqu’à la parfaite reprise des bran-ches marcottées, il convient de couvrir la cépée de4 à 5 pouces de terre, en forme de petite butte.
33 Ces marcottes sont souvent 2 ans avant d’êtreenracinées, et quelquefois davantage. Lorsqu’ellessont reprises, on les sépare de leurs cépées, et ondécouvre la souche des terres dont on l’avait cou-verte. Sa sève, débarrassée d’une circulation gênée,ne tarde pas à donner naissance à des productionsvigoureuses, qui remplacent celles qui ont été mar-cottées.
» Dans les pépinières, le moyen de multiplier lesarbres par des marcottes en provins est fort en usage ;mais il diffère un peu de celui qui vient d’êtredécrit. Dans un carré destiné à cet usage, on établitdes mères-souches: ce sont de forts pieds d’arbres etd’arbustes dont on coupe la tige principale ou lesplus gros jets au niveau de la terre. Lorsque cessouches sont garnies de jeunes pousses vigoureusesd’un ou de 2 pieds de haut, on les couche de 8 àîo pouces de profondeur dans toute la circonférencede la mère-souche. On la recouvre elle-même d’uneéminence de terre en forme conique, de 6 pouces dehaut, et disposée de telle manière que les eaux plu-viales glissent sur la souche et s’arrêtent dans une.fossette qui a été établie à sa circonférence par lemoyen d’un bourrelet de terre contre lequel sont ap-puyées toutes les extrémités des branches couchées.Si ce sont des arbrisseaux ou des arbustes, on leurpince l’extrémité de la tige pour arrêter la sève et oc-casionner plus promptement la croissance des racines ;mais si ce sont des arbres destinés à faire des arbresde ligne, il est convenable de ne pas toucher à cetteextrémité, l’our l’ordinaire , cette opération se pra-tique en automne, dans des terrains secs et sous desclimats chauds. Dans les pays septentrionaux etaquatiques, on remet à la faire au printemps. Lesbranches ainsi marcottées poussent suffisammentde racines pour vivre sur leur propre fonds pendantle courant de l’année, et on peut les lever à l’au-tomne suivant pour les mettre en pépinière. Si ellesne se trouvaient pas assez garnies de racines, il fau-drait attendre une année de plus pour les lever avecsûreté. On multiplie par la voie des marcottes enprovins toutes les espèces de vignes, plusieurs va-riétés d’arbres fruitiers, différens grands arbres d’a-lignement, tels que le platane, le tilleul, etc., etun grand nombre d’arbustes et d’arbrisseaux étran-gers qui ne portent pas de graines dans nos climats,et ne peuvent se propager que par ce moyen. 33
Les autres méthodes de marcottage ayant plus de