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Tome second.
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duits en combustible et en argent. Un tel projet,dit l’auteur, aurait pour résultats d’affranchir detoute gène la culture et le commerce des bois, etd’assurer une conquête à la puissance maritime.

Il ne pense pas que les baliveaux sur taillis puis-sent jamais fournir de grandes ressources pour lesconstructions, et il fait à ces arbres tous les repro-ches que nous avons analysés et discutés dans lechapitre VI de notre article Aménagement. On a,dit-il, une expérience saillante du mécompte qu’of-ire ce genre de réserves dans la grande coupe auto-risée par décret du a 5 avril 1812. Un recensementgénéral des arbres de 5 pieds de tour et au - dessusayant été ordonné, il en résulta une apparence deressources immenses , que le Moniteur annonçapouvoir fournir à la construction de plus de millevaisseaux de ligne ; mais on trouva qu’il n’y avaitqu’une fraction infiniment faible des arbres recensésqui fût propre au service, et les départemens les plusboisés ne donnèrent le premier cinquième de leurcontingent que difficilement et au grand préjudicedes forêts. 11 est telle inspection forestière qui s’é-tait annoncée pour vingt mille arbres, et où l’onn’en trouva pas quelques centaines.

Ces observations sont exactes, et nous pouvonsajouter que, quoique le territoire de la France s’é-tendit alors depuis Rome jusqu’à Hambourg , on neput, dans cette livraison, fournir à la marine qu’en-viron 4 2 > co ° stères de bois , et que par-tout lesagens forestiers déclarèrent qu’il était impossible defaire une seconde fourniture semblable.

Le système des éclaircies appliqué aux futaies se-rait combiné avec les procédés qui ont été indiquésdepuis long-temps pour donner aux arbres, dès leurjeunesse, les courbures recherchées par les cons-tructeurs de vaisseaux; l’administration de ces fu-taies resterait confiée aux agens forestiers, qui, n’é-tant plus distraits par aucune vue étrangère au grandobjet de la destination des arbres , s’attacheraient àles conserver et à favoriser les conformations pré-cieuses qui se manifesteraient fortuitement.

L’auteur traite ensuite de l’étendue à donner à ladotation , et des produits qu’on peut en obtenir. Ilprend pour base de nos besoins en bois de marine l’étatdes forces navales qui avait été arrêté par Louis X \ Ien 1786, et il trouve que ces besoins exigent la con-sommation annuelle d’un million de pieds cubes debois de chêne ( 34 ,000 stères); ce qui suppose le be-soin de 45,000 arbres reçus dans les ports , ou de60,000 arbres martelés en forêts, à cause des rebuts.

Il pense que , vu le résultat favorable du systèmedes éclaircies , on peut compter que les quatre cin-quièmes des arbres composant la réserve à l’âge de120 ans, présenteront la conformation et les qualitésrequises pour être marqués postérieurement par lamarine.

Mais, dit-il, chaque hectare pouvant, d’après lesrègles du savant M. Hartig , contenir , à 120 ans,environ 600 arbres, il faudrait que la superficie enexploitation fût annuellement de 5 oo hectares ; etcomme l’âge de la futaie devrait, pour sa grandeperfection, être porté à 160 ans, époque finale àlaquelle l’hectare ne contiendrait plus que 120 ar-bres en plein développement, l’affectation entière

Tome II.

serait de cent soixante fois 5 oo hectaresou de 80,000hectares,ou, mieux, de 100,000 hectares, à cause desnon-valeurs possibles et des besoins extraordinaires.

Le mémoire de M. Bonard, dont nous ne pré-sentons qu’une briève analyse , est un monumentprécieux par les renseignemens utiles , les connais-sances étendues et les honorables intentions qu’ilrenferme; et comme il ne nous appartient point dediscuter la question de savoir si le gouvernementdoit avoir recours à une loi pour s’interdire à lui-même la faculté d’aliéner les 100,000 hectares quiformeraient la réserve de la marine , nous nous bor-nerons à présenter quelques observations sur lesressources présumées de ces 100,000 hectares de fu-taies et sur la possibilité de composer cette réserve.

i°. L’auteur rappelle que , d’après M. Hartig, ildoit rester, à 120 ans, environ 600 arbres par hec-tare. Cela est vrai pour une futaie bien garnie etqui réunit toutes les conditions supposées par le fo-restier allemand ; mais dans la plupart des futaies,et sur-tout dans celles qui ont été traitées commecelles de France , il arrive souvent qu’on ne peut,à cet âge, trouver plus de 100, 120 ou i 5 o arbres àréserver. V. notre article Aménagement, et à la suitede cet article le Mémoire de M. Lintz sur la forêtde Kirkel .

2°. Il s’agit, dans la règle posée par M. Hartig ,de procurer le repeuplement naturel de la forêt sou-mise à son système d’exploitation , et l’on sait queles arbres les plus riches en semences sont ceux quel’on préfère pour cet objet ; mais ils ne sont pas tou-jours les plus propres aux grandes constructions.

3 °. M. Bonard, en rectifiant dans un second mé-moire une erreur qui lui était échappée dans le pre-mier, sur la proportion des arbres à rebuter , an-nonce qu’elle ne sera que d’un arbre sur 4) parceque dans ces futaies convenablement traitées lesarbres présenteront beaucoup moins de vices quedans les forêts soumises au mode d’exploitation ac-tuel. Nous ferons remarquer , à cet égard, que plusles futaies sont tenues dans un état serré, commedoiventl’être les futaies traitées par éclaircies, moinselles fournissent de bois courbes, qui sont lespiècesles plus rares et les plus recherchées par la marine.Cet inconvénient sera sans doute compensé par unplus grand nombre de pièces droites et par les cour-bures que l’on pourra former à l’aide des moyensartificiels que nous indiquerons plus loin. Maisune objection plus sérieuse sur les produits évaluéspar M. Bonard se présente : la réserve arrivée à 160ans ne sera pas uniquement composée de chênes etde beaux arbres , il s’y trouvera des hêtres et desarbres d’une dimension et d’une conformation peuavantageuses, qu’on auraétéobligé de conserver pourmaintenir l’état serré de la forêt et en assurer le re-peuplement naturel, qui sont le grand objet de laméthode des éclaircies. Il est donc certain que laperte, évaluée à raison d’un arbre sur 4 , est bienau-dessous de la réalité.

4 °. Si nous admettons avec l’auteur qu’à 160 ansil y aura 120 arbres à exploiter, nous trouvons en-core un mécompte. En effet, 100,000 hectares di-visés par 160 ans ne donnent que 625 hectares à ex-ploiter par année, et ces 625 hectares, multipliés par

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