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120 arbres, ne donnent que 75,000 arbres, qui seréduisent à 55 ,000 par la soustraction du quart ,mais qui doivent se réduire à une quantité bexu'cmipmoindre, si on admet une plus juste appréciationdes rebuts.
Tous ces mécomptes autorisent à penser qu’uneréserve de 100,000 hectares serait insuffisante pouratteindre pleinement le but proposé.
Nous convenons que les arbres de ces futaies se-ront plus beaux et mieux conformés que ceux surlesquels la marine exerce aujourd’hui son privilège;mais quand on considère que sur i 5 à 1,600 milliersd’arbres qu’elle est appelée à visiter annuellementdans les forêts de toute catégorie, elle n’en marqueque de j 5 à 80,000, on est forcé de conclure, ouqu’elle 11e marque point tout ce qu’elle trouve d’u-tile , ou qu’il y a une énorme quantité d’arbres queson service repousse. Elle ne fait point, il est vrai,de martelage dans les lieux éloignés des rivières na-vigables , et elle ne marque dans les bois des parti-culiers qu’environ le trentième des arbres qui luisont déclarés, soit parce qu’elle serait obligée de lespayer à dire d’experts , soit parce que ces arbressont en effet de trop faible dimension ; mais toujoursest-il certain que la proportion entre les arbres vi-sités et ceux marqués est énorme et sans aucun rap-port avec celle qu’on suppose devoir exister à l’é-gard des futaies éclaircies.
5 °. Lapins grande difficulté sera de constituer laréserve et de l’amener à l’état désiré. L’état possèdeun million d’hectares de bois, dont en futaies etdemi-futaies 320,000. Si de cette dernière quantitéon soustrait les demi-futaies aménagées à 40, 60 et80 ans, les futaies d’arbres résineux et les clairièreset chemins , on trouve à peine 100,000 hectares defutaies, qui sont composées de chênes et de hêtres,et toutes dans l’état auquel les a réduites la mauvaiseméthode des exploitations à tire et aire.
Que de temps il faudra pour obtenir les résultatsqu’on se propose! On pense bien qu’on n’ira pastout-à-coup priver la consommation de ses ressour-ces ordinaires, et qu’on se contentera, pour arriversuccessivement aux révolutions de coupes qui aurontété réglées , de diminuer, chaque année , la conte-nance des bois à exploiter. Cette nécessité est d’ail-leurs imposée par la nature même des aménage-mens ; car si on attendait que la plus jeune couped’une forêt eût l’àge fixé par l’aménagement, toutesles autres coupes auraient dépassé cet âge, et la plusancienne l’aurait doublé.
Ainsi, supposons une forêt de 6,000 hectares ac-tuellement aménagée à 60 ans, dont on veuilleporter l’aménagement à 120 ans; cette forêt, dansson état actuel, est divisée en soixante triages de100 hectares chacun, et qui ont depuis un an jus-qu’à 60 ans. 11 est clair que pour porter l’aménage-ment à 120 aiis, il faudra diviser la forêt en cent vingtcoupes , qui n’auront que 5 o hectares chacune. Onne coupera donc, Au moment où le nouveau régle-ment sera arrêté , que 5 o hectares , et la premièreexploitation se fera sur la moitié de la coupe del’ancien aménagement , qui sera arrivée à l’àge de60 ans ; la seconde exploitation aura lieu sur ladeuxième partie de cette coupe, qui aura alors 61
ans, et ainsi de suite : de sorte que l’exploitationde chaque coupe de l’ancien aménagement durant2 ans, il faudra Go ans pour que la dernière coupeait lao ans, et jusqu’à cette époque aucune descoupes n’aura eu successivement que depuis 60 jus-qu’à 119 ans.
Outre cetespace de temps nécessaire pourconduirela forêt à son nouvel ordre d’exploitation , il en fautun bien plusgrand pour y inultiplierlesarbrespropresaux constructions. D’abord, ilest reconnu par tous lebforestiers qu’on ne peut obtenir ces arbres que bienrarement de ceux qui ont cru sur souches, et que laplupart de ces derniers sont viciés. Il faut donc lesobtenir de graines; et comme 1 s coupes d’ensemen-cement ne se feront, dans la forêt que nous avonsprise pour exemple, qu’au fur et à mesure de l’ext-ploitation de toutes les coupes, il en résultera qu’unespace de 120 ans sera nécessaire pour obtenir desarbres de semence , et comme', d’un autre cûté, ] 20ans 11e suffisent pas pour l’éducation des futaies dechênes, et qu’il faut au moins j6o ans, ce sera cedernier terme qu’il faudra attendre pour que la fo-rêt produise les résultats désirés , et en supposantencore qu’on ait pu compléter les ensemencemensnaturels en essence de chêne. On peut voir, dansnotre article Exploitation , les procédésà suivre pouramener par degrés une forêt à l’état de futaie.
Nous ne prétendons poin t - eon dtwe de ces observa-tions que l’on doive rester dans l’état fâcheux oùl’on se trouve , nous en tirons au contraire la con-séquence que l’on doit se hâter de remettre en fu-taies toutes les parties du sol forestier de l’état quisont propres à ce genre d’aménagement, et qu’il fautabsolument renoncer à notre mode vicieux d’exploi-tation des futaies, pour le remplacer parla méthodedes éclaircies.
Observations de M. le baron de Monville , pair deFrance , sur le mémoire de M. Bonard.
Le travail de M. Bonard a donné lieu à M. le ba-ron de Monville de faire des observations, qui sontinsérées dans les Annales maritimes , année 1822 ,seconde partie , p. 190 à aoo-
Le noble pair considère la proposition d’affecteraux besoins de la marine une portion de forêts su r -fisante , comme étant d’un grand intérêt. Il prendpour faits constans les données suivantes. établiespar M. Bonard :
i°. L’entretien de la marine royale,sur le pied ac-tuel, exige un million de pieds cubesdechênesparan;2 0 . l’exploitation desfutaies par éclaircies est lameil-teure, la seule bonne ; 3 °. l’aménagement pour la ma-rine doit être porté à 160 ans; 4°- ilconvientde fonderune dotation en nature pour les besoins de la. ma-rine ; on peut le faire sans nuire au présent, et mêmeavec un avantage bientôt sensible.
AI. de ATonville suppose un arpent de futaie ex-ploité par éclaircie pendant 160 ans, et il déterminela quantité d’arbres à laisser sur le terrain lors dechaque éclaircie qui se ferait de 20 en 20 ans, et leproduit de chacune de ces coupes , de la manièresuivante :