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Tome second.
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dans les lisières des foTets, dans les bois mal peu-plés , dans les bordures, dans les haies et par-toutoù les arbres sont isolés, parce que, dans ces posi-tions , ils poussent beaucoup de branches, s’incli-nent du côté des terrains découverts pour y jouir del’air et de La lumière, et qu’ils se cotirhcnt par lacharge des neiges et par l’action des vents; maisnous avons vu aussi que s’il se rencontrait beaucoupd’arbres qui présentassent des configurations pro-pres aux constructions navales, il n’y avait qu’unassez petit nombre de pièces qui fussent sans défautet qu’on pût employer utilement: O11 a donc étéportéà rechercher les moyens de suppléerà la raretéde ces bois. Nous allons rapporter les divers procé-dés qui, à notre connaissance , ont été proposés.

I' e . méthode, indiquée par Buffon,

Buffon rapporte, dans ses Recherches sur les bois,que dans quelques provinces maritimes , commedans la Bretagne, près d’Ancenis , il y a des ter-rains communaux qui, sans être en nature de bois ,se trouvent plantés d’une assez grande quantité dechênes isolés ; que ces arbres, souvent gâlés parl'abroutissement du bétail, ne s’élèvent pas , qu’ilsse courbent, se tortillent et portent une mauvaisefigure , dont cependant on tire quelque avantage ,parce qn’ils fournissent une grande quantité decourbes d’excellente qualité pour la marine. 11 pensequ’il serait possible de'former de semblables plan-tations dans les friches de l’état et des communes,et qu’en empêchant les bois d’être abroutis, on entirerait' un grand avantage pour les constructionsnavales.

Le même auteur a essayé de faire des bois cour-bes d’une autre manière. Dans un taillis, il a faitcouper, à différentes hauteurs; savoir, à 2 , 4,6,8, 10 et ih pieds au-dessus de terre, les tiges deplusieurs jeunes arbres, et 4 années ensuite il a faitcouper te sommet des jeunes branches que ces ar-bres étêtés avaient produites. La figure de ces ar-bres est devenue, par cette double opération, siirrégulière, qu’il n’était pas possible de la décrire.Ces arbres lui ont fourni, 35 ans après les avoir faitétêter, plusieurs courbes très-bonnes, dont il s’estservi pour les Toutes des marteaux et des soufflets deses forges. Cette façon de courber les bois lui pa-raissait bien pins -simple et bien plus aisée à prati-quer que relie de charger d’un poids ou d’assujettirparutae dofde-la têt©des jeunes arbres, comme quel-ques personne* l’avaient proposé.

lïf ?méthode . mentionnée par Duhamel.

« Comme aux envifons de certains ports, dit Du-hamel ( Trazié des -semis et plantations , p. 3 16 ) ,on manque de'bois tourbes pour la marine, quel-qwesapersonnes ont'Conseillé'de couper les tiges àCertaini acérés pour leoffaire produire des branches,ou de ploÿetndù jeun'és arbres pour leur faire pren-dre la dolirbùre qu’on jugerait ^convenable pour laconstruction. J’observe rai d’abord qu’on ne peutfaireces opérations que sur de jeunes arbres, ef qu’il fau-drait ôtre sûr que ces arbres conserveraient en crois-sant la forme qu’on vent leur faire prendre; mais pourpeu qu’on examine la maniéré dont les arbres pren-

nent leur croissance, on reconnaîtra que ces moyenssont impraticables: en effet, les arbres qui devraientformer un fourehet régulier s’emporteront sur une deleurs branches I’’, et l’autre, E, périra (Y-,, à l'Atlas,la PI. X des Bois du marine ^fig. i,); ceux qu’on auracourbés jeunes tendront, par la suite, à. se redresserpar la cimecomme dans la fig. A; deplps, la mousses’amassera sur la partie supérieure N de cet arbrecourbé; l’humidité s’y conservera, et ce* arbres se-rontd’une mauvaise qualité, ou biendfts bran()b es,sedé velopperon t à 1 a partie supérieureidfl la,courbe, e tdéroberont la nourriture au restende J.r tigetpCfl»moyens n’ont été imaginés que.par des gens .qui n’a-vaient point assez étudiédequelle manière,le&arbrescroissent. ... ,, _;nfio8

» J’ai vu néanmoins un charron qui préparait,selon cette méthode, de jeunes,ormes pour les, dis-poser à faire des manchesjou,icoréba de-ucharrue{fig. 2), ou autres pièces qu’pp .fuit avec dea four-chets ; et cela lui réussissait lassez-bieiti, papçe qu’illes abaUaitjlorsquHls avaient acquis y,à 81 poupes <lodiamètre. Ces moyens, qui saùtpratiéablpsenqtetât,ne peuvent pas l’être ,4ur, dé grands arbres-} il liantdonc abandonner à eux-mêmes les arbres quLcroi*-sent en massif; on ne doit pas les élaguér (• leurcime s’élèvera pour chercher l’air , et les branchesqui ne pourront pas s’étendre, étant étouffées par lesautres, mourront : c’est le contraire 'des arbres Iso-lés , qui s’élèvent dans les haies, les landes ou leslisières peu épaisses, et qui,: poussant des branchesde toutes parts , fournissent des courbes Otdos boistors. Ainsi, les habitons de pays deu Laudes pu degatines, ou qui ont des pâtis entourés die baies, doi-vent ménager avec grand soin les arbres de bonneessence qui so trouvent dans Les haies qui entourentleurs héritages, puisqu’ils leur fourniront, un jour,des bois tors que la marine'paie (fort ,çher. ?’

Tel était le sentiment de DuhameLsuriles moyensde former des bois courbesynous croyons cependantqu’on pourrait, en se conformant a la marche de lanature, favoriser l’éducation de.ces bots*.:

III e . méthode, indiquée M. liasserfratz-

M. Hassenfratz indique le moyfeh suivant docourber les bois vivans :

« Lorsque les arbres sont encore jaunes et ten-dres , on assujettit leur tige, soit par des cordes(V., à VAtlas, Bois de marine, PL XI,-fig. 2), soitpar des perches, des piquets tfig. i ie . et 3 ), ou deschâssis {fig. 4 ). On les maintient dans cette situationjusqu’à ce que, dégagés des obstacles qui les re-tiennent, ils restent dans la situation qu’0/1 leur afait prendre.

» De toutes les manières de courber les arbres ,la plus commode et la plus facile est celle que l’onapplique à des bois, jeunes elt virant ; leur souplesseet leur élasticité permettentvde leur faire prendretoutes les formes que l’on désire: 11 en.est peu, lors-que l’on y met du soin et que l’on prend toutes lésprécautions nécessaires, auxquels on ne puisse donnerles formes les plus bizarres; mais aussi on contrarieleur manière d’être , on retarde leur végétation , etsouvent on les met dans un état de gêne et de ma-ladie , préjudiciable à leur développement.