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Tome second.
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IV*. méthode > proposée par M. Dubois deChemant.

Mh Dubois de Chemant a proposé à diverses so-ciétés savantes, en 1804 et 1810, des procédés pourélever des arbres propres aux constructions navales.

Le premier procédé è tait fondé sur l’application decordages, de poids et de diverses machines à différen-tes parties du corps des arbres, pour les soumettre à laêneét leur faire prendre ainsi les formes nécessairesans les 1 constructions maritimes. Quatre tableauxindiquaient les moyens employés pour les courber,eïlés pièces de construction qu’ils devaient produire.

1/6 premier tableau représentait 2 arbres supposésde 80 ans; le premier était étayé jusqu’au tiers desa hauteur par un fort tuteur, tandis que des corda-gèé montés sur des poulies et appliqués à la partiesupérieure de l’arbre, étaient fixés vers la terre paruti pieu et une ancre; pour forcer l’arbre à se cour-ber; enfin, une caisse chargée de pierres était sus-pèndue à la cime pour maintenir le sujet dans lacôàrbure qui lui avait été donnée par l’effort deséordàgas. Le second arbre était Courbé parle mômemoyen, à l’exception du tuteur : il était destiné àformer des étraves ou contre-étraves.

Le tableau ft°. 9. représentait une suite d’échafau-dages, auxquels les arbres étaient attachés par troisliens placés à diverses hauteurs, et dans des degrésde courbure proportionnés à la forme que devaitavoir chaque pièce de marine qu’ils étaient desti-nés il produire.

Le tableau n°. 3 représentait, avec quelques mo-difications , les mêmes moyens que ceux employésdans le précédent.

Le tableau n®. 4 offrait 3 arbres fourchus; lesdeux branches de la fourche étaient écartées par unetraverse fixée A chaque branche par des liens. Cesarbres étaient destinés à former des courbes de tillac,des fourcats et des courbes de capucine.

Ce bref exposé de la première méthode suffit pourfaire connaître combien l’exécution en serait diffi-cile çt coûteuse. Il faudrait employer plus de boispour les échafaudages que les arbres courbés n’enproduiraient.D’ailleurs, la saine physique démontreune foule d’obstacles que tous les soins ne parvien-draient point à surmonter; les arbres, en s’élevant,déplaceraient les tuteurs, rompraient leur entrave ,et en suivant cette force naturelle qui les porte à croî-tre en droite ligne, effaceraient en tout ou en partiela courbure forcée qu’ils auraient reçue. D’un autrecôté , l’action de la courbure exercée sur des arbresde 3 o à 40 pieds de haut et de 9 pouces de tour , oc-casionnerait souvent la rupture de la tige, et tou-jours le déchirement de l’écorce, des fibres ligneuses,et par suite l’extravasement de la sève et la pourri-ture de l’arbre. Enfin, ie dernier reproche que nousferons 4 ce projet, c’est qu’il faudrait employer destuteurs qui auraibnt jusqu’à a 5 pieds de haut etd’une grosseurproportionnée, pour obtenir des piècesde In longueur déterminée par le tarif de la marine.

De semblables projets ont été proposés en An-gleterre et en Allemagne ; mais l’expérience a dé-montré l’impossibilité de leur exécution.

Le deuxième procédé différait absolument du

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remier; on n’y conservait point l’emploi nies cor-ages ni des échafaudages, seulement on y employaitdes tuteurs pour la courbure de quelques arbres,tels que ceux destinés A former des pièces A doublecourbure. 11 était principalement fondé sur i’étète-uient dea jeunes plants en pépinière, et leur Irans-dantation dans une position inclinée. \ oiti l’aua-yse de cette méthode : faire un semis de glands ,dont on aura rompu la radicale , afin de détruire lepivot qui gênerait la transplantation et de favoriserla production des racines latérales ; semer A a piedsde distance en tous sens ; lorsque les arbres sontparvenus à la hauteur de 8 à 20 pieds, en courberune partie, et étêter les autres à la hauteur de 6 A10 pieds, en laissant une forte branche latérale; leslaisser ainsi plusieurs années, et retrancher pendantce temps les branches assez près du tronc, sans allerjusqu’à l’écorce du sujet; faire preudre A la brancheconservée une direction plus ou moins horizontale,en l’assujettissant avec un lien d’osier, pour qu’elieforme, avec le corps de l’arbre, un degré d’ouvertureexigé par le tarif des constructions; les transplanterensuite en les inclinant plus ou moins vers la terre,suivant le degré de la courbe qu’on se propose deformer avec le corps de l’ar,bre et la branche latéralequ’on a conservée. Ainsi, quelques arbres figuréssur les tableaux qui accompagnaient le projet deL’auteur , étaient plantés A i 3 o degrés d’inqlinaison,et le tronc formait, avec la branche latérale con-servée, un angle de 90 degrés; d’autres étaient plan-tés A 125 degrés d’inclinaison , et formaient avec labranche latérale un angle de 95 degrés ; d’autresenfin étaient plantés à des degrés d’inclinaison qui di-minuaient de 5 en 5 degrés,etétaientdestinésàformerdes courbes, dontl’ouverture devaitê tred’autan t plusgrande, que l’inclinaison de l’arbre serait moindre.

Cette méthode, qui a pour objet de former descourbes angulaires, exige , comme on le voit, deuxopérations principales : l’ététement de l’arbre en pé-pinière avec réserve d’une branche latérale , et laplantation inclinée.

L’auteur proposait un autre procédé pour les ar-bres auxquels il s’agissait de donner une doublecourbure opposée. Le voici : on forme dans, le semisdes rangées d’arbres placés à 2 pieds le» uns des an-tres ; 011 les laisse croître jusqu’à la hauteur de 8 à24 pieds; on choisit alors ceux qui doivent êtrecourbés. Cette courbure se fait en rapprochant l’unevers l’autre les têtes de deux arhreà, et. les fixantensemble par un lien; ces jeunes arbres, consolidésdans leur courbure, seront plantés inclinés lorsqu’onles destinera à former des pièces demi-circulaires ,quart de cercle et forme de S.- /.ni, :,mmoO

Le sommet de la tige de» jeunes chênès plantésinclinés, dit l’auteur, reprend pur .sa croissance ladirection verticale. On les laisse, croître naturelle-ment jusqu’à ce qu’ils aient; lès uns 18 piedsieb lesautres 24 pieds de hauteur. Pendant,ce temps, oncoupe les branches qui se dirigent horizontalement,en conservant celles qui s’élèvent verticalement.Lorsque ces arbres ont acquis le degré d’élévatiouci-dessus , on commence à les mettra à la pêne, enLeur donnant une courbure proportionnée A l’espècede courbe qu’on veut obtenir.