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Lorsque le sommet de l’arbre a repris la ligneverticale, cet arbre n’a besoin que d’une légèrecourbure pour arriver de 9.5 à tao degrés d’ouver-ture. On coupe toujours les branches latérales pouriorcer la sève à monter. Les arbres courbés de cettemanière forment les varangues de toute espèce, desgenoux de fond', de porque et de revers, et autrespièces courbantes et forme de S.
L’auteur suppose que chaque arbre croîtra dans laposition plus ou moins incliuée qu’il lui aura don-née, et fournira précisément la courbe que le corpsde cet arbre figure avec sa branche latérale. En cela,il est dans l’erreur ; car la branche latérale conser-vée se redressera, elfacora une partie de l’angle , etlui donnera beaucoup plus d’ouverture qu’il n’«n aau moment de la plantation. Il faut, pour éviter cetinconvénient, donner à l’arbre une inclinaison unpeu plus grande que celle qui serait nécessaire si cetarbre ne devait pas se relever.
L’une des planches qui accompagnaient ce projetreprésentait un arbre courbé et recourbé en senscontraire. Il décrivait deux portions d’arc oppo-sées, et il était fixé au point où se terminait chacundes arcs, à un fort tuteur ou poteau par des che-villes ou tenons; mais ces poteaux, quelque fortsqu’ils soient, 11e suffiraient pas pour contre-balancerl’effort de la végétation, qui tend toujours à monter.
L’auteur fixait l’époque la plus favorable à lacourbure 'des arbres , depuis la cessation de la sèvejusqu’à la fin de mars. Les arbres devaient rester5 ans dans la gêne.
On voit que la deuxième méthode proposée parM. Dubois de Chemant renfermait deux procédés :le premier qui a pour objet d’avoir des bois coui bansou en forme de revers-, consiste à attacher dans lapépinière les arbres a à 2 par leurs extrémités supé-rieures; et lors de la transplantation, à donner àchaque arbre , par le moyen d’un tuteur et des che-villes qui le traversent, une courbure, soit simple ,soit double. Le deuxième procédé, qui a pour objet(l’obtenir des courbesangulaires, consiste à étèter iesplants en pépinière , en ne leur laissant qu’une fortebranche latérale, et à les planter ensuite dans uneposition inclinée.
Les observations que nous avons faites sur le pre-mier projet s’appliquent en partie au premier pro-cédé delà deuxième méthode. En etiet, les arbressont courbés également par des moyens violens ,quoique plus simples ; ils doivent avoir, avant d'êtremis à la.gÊne, de 18 à 24 pieds de hauteur , et unpouce-de diamètre. Il leur faut à chacun un tuteurou poteau de ta à i 5 pieds de haut, et d’une gros-seur proportionnée ; ce qui occasionnerait unegrande consommation de bois. Ces tuteurs résiste-raient difficilement à la force avec laquelle l’arbretend à reprendre sa direction verticale; et, d’un au-tre, cdté , W courbure violente donnée à l’arbre pro-duirait tonsles défauts que nous avons déjà décrits.
Le procédé qui consiste à étèter les arbres et à lesplanter inclinés, présente moins d’inconvéniens ;cependant il serait difficile d’en prévoir le succèsdans l’exécution.
Les deux projets de M. Dubois ont beaucoup d’a-nalogie avec deux méthodes proposées en Allema-
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gne : l’une, en 1804? par M. Becker, inspecteurforestier à Kostock, et l’autre, en 1808, par un ano-nyme, qui l’a lait insérer dans un journal ayant pourtitre Mogazin aller neuen. erjindungen (Magasinde nouvelles découvertes). Nqus avous sous, les yeuxces deux méthodes avec leurs plans; nous en avonsfait la. traduction eu 1808. En voici l’analyse.
Vm ir ho pt, proposée par M, Becker .
Cet auteur a composé son ouvrage pour répondreà l’invitation de l’amirauté de Danemarck, qui,.en1799, avait proposé un prix pour celui qéi découvri-rait une méthode artificielle propre à élever des boisde marine. L’ouvrage de M. Becker fut couronné parl’amirauté, et cependant critiqué par l’auteur ano-nyme. Sa méthode nous parait,en effet, dispendieuseet d’une exécution difficile ; mais comme l’auteurprésente des vues qui peuvent être utiles , noua' enexposerons les principes.
Il distingue en deux classes les bois employésdans les constructions navales : la première com-prend les bois droits, et la deuxième les bois cour-bes. Les bois droits ne sont point rarés, parce que lesarbres ont une tendance naturelle à s-’plever Verti-calement, et que cette tendance, est encore favoriséepar l’état serré des futaies. Les bois courbes, au con-traire, ne sont que le résultat d’accidens particu-liers. Si des arbres sont dominés par d’autres ar-bres, frappés dans leur jeunesse par la chute dequelques arbres voisins, broutés par les bestiaux,chargés par le poids des neiges et des frimas , bal-lottés par les vents, ou enfin tourmentés de quelqueautre manière, ils perdent alors leur accroissementvertical, s’inclinent, se courbent, 'étendent leursbranches latérales et présentent en cet état desres-sources en bois courbes. Cependant il s’en trouvebeaucoup, peut-être i )5 sur 100, que l’on ne peutemployer à la construction des vaisseaux (1); envoici les motifs : i°. les courbes nécessaires à cosconstructions doivent avoir deux bras droits, taudisque celles qu’on trouve dans les forêts s’écartent pr-nairement de cette ligue, èt que, bien que la,cour-bure soit bonne en elle-même , elle ne peut servirarien , parce que les bras de la courbe n’ont pas laforme nécessaire et ne peuvent s’ajuster; 2°. le boisest souvent vicié, et sur cent pièces courbes et dîuneconfiguration désirable , il n’y en a quelquefoispas vingt qui soient parfaitement saines et sans dé-fauts. Cela s’explique facilement quand on consi-dère que ces arbres ont été endommagés dans leurjeunesse , et que les dommages qu’ils ont éprouvésalors, loin d’avoir diminué, ont augmenté avec Page.Par exemple, un arbre, étant jeune, a reçu une bles-sure dans son écorce ou dans son- aubier ; cette bles-sure se trouvera, il est Vrai, recouverte par unenouvelle écorce , et Pon n’apercevra point de vice àl’extérieur; mais si on examine plus avant, on dé-
fi) Ajoutons à cela que les constructions se multiplientdavantage et que l'on fait des vaisseaux beaucoup plus tonsque dans les temps anciens; que les vaisseaux durent peu,et que cependant if faut pour la construction d’un vaisseaude ligne 4,oao gros chênes, ainsi qu'on le voit dans le Dit-lio.nnoire technologique de Jncobson , Berlin 1/93, troisièmepartie, p. 598 .