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Tome second.
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3/|6 MAÎR NlAÎR

Les modèles doivent'àvoir i, 2,'3-pieds et? plus ‘delougueur, suivant leur grosseur'et la forme'qu’onveut imprimer à l’arbre. - 1 * * *

Il ne faut pas que les jeunes arbres soient forte-ment vissés sur les modèles. Cela est inutile, parcèque l’élasticité naturelle de l’arbre courbé tend àle serrer Suffisamment, et parce qu’une pression tfopforte endommagerait- l’écorce ou causerait la stagna^tion de la sève.

Comme les jeunes chênes ont les fibres extrême-ment souples, on peut les appliquer au modèle sanss’occuper de leur grosseur, toutes les fois qu’on seraassez fort pour les courber. Plus la courbure à ob rtenir sera petite, plus les chênes qu’on y voudra sou-mettre pourront être forts.

Les arbres, après l’application du modèle, con-tinuent leur accroissement, mais dans la directionqui leur est donnée , et peuvent se mouvoir en toussens avec le modèle.

On doit veiller soigneusement à ce qu’ils n’éprou-veat point de dommages, et ils donneront par lasuite des courbes d’un bois sain .

Maintenant .il s’agit de savoir combien de tempsil faudra laisser le modèle , pour que l’arbre aitcontracté la courbure avec laquelle il doit grossir. Acela je réponds que ce doit être jusqu’à ce que l’ar-bre ne fasse plus d’effort pour reprendre son an-cienne direction lorsqu’on lui retire le modèle.

Les arbres soumis à la gêne gardent le modèleplus ou moins long-temps, suivant qu’ils sont plusou moins forts ou élastiques.. On peut abréger letemps, en donnant au. modèle qüelqnes degrés decourbure de plus que n’en doit avoir le bois, parcequ’ordinairement l’arbre se retire un peu lorsqu'ilest dégagé de sou modèle. J’ai reconnu, par mes ex-périences, qu’au moyen de cette attention on pour-rait,en appliquantes modèles dans le mois de mars,es retirer dès le mois d’octobre ou de novembre dela même année, quand les feuilles sont totalementtombées A cette époque, l’arbre a complété sa vé-gétation de l’année, et ses fibres se trouvent conso-lidées dans leur nouvelle direction par leur resser-rement intérieur et par l’addition de nouvelles cou-ches ligneuses. Les arbres auxquels j'ai enlevé leurmodèle après 6 semaines, 2 mois et même 2 moiset demi, n’ont conservé qu’une légère courbure, etont repris petit à petit uuè grande partie de leur pre-mière direction.

Il faut connaître la forme des courbes de marinepour la donner aux modèles que je propose. Cetteconnaissance n’est pas facile à acquérir par le fores-tier, soit parce que l’art des constructions varie beau-coup, soit parce qù’oii mariqüë d’ouvrages qui fassentconnqkrg. comment on peut préparer dans les forêtsdes bois pour la marine. Il n’y a pas d’autre moyenque de fuira venir des ,çhantiers de constructions,auxquels il doit fournir son bois, les indications deslongueurs, largeurs, épaisseurs et courbures despièces qu’gn y gmploie.

U.est vrai que»,tou.s les. bois courbes qui ont deuxcôtés droits peuvent être .employés dans les chan-tiers où l’on construit des vaisseaux de différentesgrandeurs ( ipaiç(p».ne doit pas se, borner à ne faireque des pièces de-'c-e genre, il faut tâcher de se pro-

curer les pièces- principales, qtri sctnt î*ares if à n-s lesforêts et qui' se paiCrif Wès-bien. ’ 111 1

$ S. — De la manière déformer les oomrbei lès plusimportantes pour ta construction d’un-vaisseait de•ligne.

L’auteur divise les bois courbes en quatre “classes:

1 a. Les pièces dont le3 deux bras sont droits ;

1 b. Celles qui ont une branche-droite-et l’autre-courbe;

c. Celles qui ont-une courbure simple;

d. Celles qui présentent une dortble courbure.

La.première classe comprend les courbes d’étam-

bota,fg. 6 .

Pour former cette pièce, il faut le modèle* fig. 7,avant sacou-rbuie en 17. On applique fc8-modèle iurIn tige, fig. 8, aussi haut que l’exige 1* ktègvçur dela pièce, il faut que: le grand bras de .modèle aitune certaine longueur, parce que le : jeune arbre,dont la tête serait pesante , pourrait s’abaisser Lnpeu en avant du modèle, ou bien', comme cela ar-rive ordinairement, faire effort pour reprendre ladirection verticale. Quant à l’autre bras-, il n'y apoint d’inconvénient -qu'il soit eourt, parce

que , bien que la pièce doive être plus-longue de cecôté; on .doit compter sur la nature pour maintenirle bois de l’arbre dans Isa-direction Tgrticâlei

On procède de la même manière pour former desbossoires ,fig. 9. d

Les courbes dont les deux bras sont droits for-ment des angles droits , fig. 10,

des angles aigus y fig. 11, • in ‘

et des angles obtus y fig. n. •

Ces sortes de courbes sont ordinairement forméespar la réunion de la tige et d’une branche. Commedans ce cas-, il faut une tige droite, On doit se bornerà la maintenir dans cette direction. Lorsque le chêneest élevé, on peut tirer une seconde pièce.de satige.

Les pièces qui ont un bras droitet l’autre courbe,comprennent l’espèce d’allonge représentée^*. » 4 -On procède comme l’indique la fig. i 5 (i}. - 1

Parmi les pièces d’une courbure simple, -je placeles baux, fig. 16, PL XIII. Pour en former, onopère sur de jeunes chênes ayant 24 pieds et plusde hauteur. Dans la construction des'vaisseaux deguerre, on réunit deux baux ensemble. Voici deuxmoyens d’en former : le premier, par le Secours desmodèles , et le second en courbant la tète de l’arbre.

Le forestier doit s’assurer s’il peut atteindre sonbut en appliquant- au nSilièu de la tige de l’arbrele modèle, fig. 16, qui a la courbure qu’on exigedans un bau. Qimqil l’arbre , soit dans sa partie su-périeure, soit vêts le’bas'de-la tige, présente tropde roideur et ne se prête pas à la courbure qu’onveut lui donner, H faut dans ce cas lui appliquerdeux ou trois modèles ; mais ordinairement un seul,appliqué dans le milieu, est suffisant.

(1) Cette pièce est de la classe des bojs courbans, qui sont

beaucoup moins rares que les courbes proprement dites, et

qui n’exigent par conséquent pas de moyens extraordinaires

pour s’en procurer. (A 7 , de M. B.)