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Tome second.
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A. Bois d'une courbure simple■

Il n’est guère nécessaire d'avoir recours à desmoyens artificiels pour se procurer de longues piècesde bois d’une légère courbure, comme celles, parexemple, qu’on emploie pour les baux. Les forêts,dans leur état naturel, en fournissent presque plusque d’arbres parfaitement droits; il n’y a que ceuxd’une courbure prononcée qui y soient plus rares :c’est donc pour ces derniers qu’on doit employer depréférence la multiplication artificielle.Pour cet effet,on plantera dans une position inclinée {fig. i re .,PL XIV) de jeunes tiges droites, élancées, etpourvues de cimes bien venantes et verticales. L’in-rlinaison à leur donner sera telle , que la demi-lon-gueur de la pièce à obtenir soit, à quelques piedsau-dessous de la cime de l’arbre, éloignée de laperpendiculaire d’environ deux tiers de plus que lacourbure désirée (i). La tète de l’arbre se dirigerade nouveau vers le ciel, et la tige la suivra petit àpetit, ce qui produira la courbure désirée.

B. Bois ayant une double courbure opposée.

Pour l’éducation artificielle de ces espèces de boisde marine, il n’est pas besoin de faire subir auxplants la préparation en pépinière dont on a parlé>our les autres, il est plus sur de les former sur lesieux mêmes oii ils sont venus de semences. Ils doi-vent être élevés parmi d’autres bois d’une promptecroissance et sur un bon terrain, pour qu’ils s’é-lancent sans prendre de corps; on les prive ensuitede leurs abris en coupant les bois avec lesquels ilsétaient mêlés , afin que leurs tiges puissent recevoirl i courbure nécessaire ( Jig. 2). Cette courbure auralieu naturellement par le poids de leur tète, oubien on la leur donnera en attachant une cordegoudronnée à une branche latérale de la couronnede l’arbrë‘(^Jg-. 8 ^- Dans cet état, il se fera une nou-velle Courbure à partir dé la tête de l’arbre , quicherchera à ste relever petit à petit, et conservera encroissant l’empreinte, de la première ; ce qui don-nera lieu à la forme désirée (2).

Dans les .forêts où sont mêlés ensemble la futaieet le jaillis ('taillis arec réserve de baliveaux), et oùce dernier est coupé comme menu bois ou commeperches, on trouve beaucoup de brins de la qualitédônt j’ài parlé,'qui'peuvent être conservés et formésdansla même vue; ce qui fournit un exemple anti-

(i)"L'iiirtèuf'vent dîrè ijti’il faut que le plant destiné à for-mèr ntiè pièce courbe soit incliné de manière que la tige,inBfctfe i qnelquespieds au-dessous de la tète, présente,aveè line ligne Verticale tjui partirait du pied de l'arbre, unanelè de* nèux tiers plbs 'ouvert qtte ne doit être la courburequ’on veut obtenir. Son motif est fondé sur ce que l’arbre,eu croissant, cherchera à reprendre U perpendiculaire et ef-facera les deux tierè dé l’inclinaison qu’on lui aura donnéedan» sa jeunessè.

(aj Pour bion entendre ceci, qu’on se figure, par exemple,une jeune tige courbée d,u cpté du nord : il est certain que lafête de ce jeune a/bve, en reprenant insensiblement la di-rection verticale, Cormpra avec le reste de la lige une doublecourbure, qùâprésentera deux portions d’arc opposées, dontl’une au nord 1 et rautre au midi.

Tel e t l’ambre figuré PI. II, fig. 6 des boit de marine ,et dont ois tir e des cornières et genoux de porques.

cipé, qui peut faire juger de la méthode que je pro-pose (1). On remarque en général pour les arbrescrus en plein bois, qui se trouvent ensuite isolés etqui s’inclinent par cette raison, qu’il se forme dejeunes pousses à la partie supérieure de leur cour-bure par l’effet de l’air libre auquel ils sont expo-sés, et que ces pousses se dirigent en ligne droiteIl est nécessaire de détruire ces nouveaux jets; maison doit le faire au commencement du mois de juil-let , en les pinçant avec les doigts et non en les cou-ant, parce qu’il en pousserait un plus grand noro-re en leur place, et que, par des amputations tropsouvent répétées, on porterait préjudice à l’arbre.

C. Bois formant P angle.

Les pièces angulaires proviennent ordinairement,comme on l’a dit, du tronc et d’une branche; rare-ment elles sont formées du tronc tout seul. La su-périorité de celles-ci sur les premières n’a plus be-soin de preuve ; elle a déjà été démontrée, du moinsen partie. L’art peut sans contredit en produire unerande quantité, parce que les plus grosses piècesoivent particulièrement former l’angle obtus, etque cette forme s’obtient plus facilement par l’édu-cation artificielle, que l’angle droit ou l’angle aigu.D’un autre côté, les pièces à angle droit ou aigun’ont pas besoin d’autant de force et de longueur,et on pourrait les attendre des circonstances ordi-naires plutôt que les autres, quand même ou ne dou-terait pas de la possibilité , qui va être démontrée,d’obtenir dans toute leur perfection des courbesangulaires à fibres droites (2).

L’objet principal à observer ici pour former desbois angulaires, consiste également dans la planta-tion inclinée. On emploiera des plants qui aurontsubi un premier élagage, et auxquels on aura re-tranché la tète et laissé en place une forte branchelatérale. O11 les inclinera en les plantant, dans laproportion de l’angle qu’on voudra obtenir, et demanière que le bas de la tige forme avec le terrainun angle obtus (PL XlV^Jig. 3 ), Alors la branchelatérale réservée, reprenant la direction verticale, ettormant la continuation de la tige, fournira le se-cond bras de la courbe, Par cette élévation en lignedroite, que prend la franche latérale dès ce moment,et la réaction concentrée qui s’exerce à la partie su-périeure de la tige proprement dite, il est impos-sible que cette, tige puisse se, redresser ni suivre ladirection des nouvelles productions qui pèsent surelle. D’un autre côté, les petites branches latéralesqu’on a raccourcies contribuent à cet effet, sur-toutsi elles forment la fourche avec la maîtresse brancheréservée; car il se fçrmera, dans les premiers temps,à la naissance dè la fourche de nouvelles couches debois qui, par leur pression réciproque, consolide-

On voit que l'aul^ur regarde le système îles tu taie* surtaillis comme favorable à la fpriuation îles bois Je marine.

( 2 ) L’auteur appelle courbe . angulaires à fibres droites ouà fils droits celles qui proviennent Je deux partie* réuniesà leur base, comme le tronc et une branche, parce qu’eneffet la fibre du bois se trouve droite dans les deux bras dela courbe; tandis que, dans les courbes d’une seule pièce,elle suit lu forme ne la courbe, ce qui donne beaucoup plusde force à la pièce.