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Tome second.
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semences, de rejeton», de marcottes, et même deboutures; mais l’abondance de ses fruits dispensed’employer les trois derniers moyens, qni, d’ail-leurs , ne donnent que des arbres de peu de vigueuret de courte durée.

Le marronnier d’Inde se plaît particulièrement Idans les climats tempérés et dans les terrains subs-tantiels, frais et profonds; cependant il s’accommodeassez de toute autre espèce de terres, pourvu qu’ellesne soient ni trop fortes ni marécageuses. Dans lesterrains serrés et secs, il fait de faibles pousses etperd ses feuilles de bonne heure; dans ceux qui sontmarécageux , il reprend et subsiste difficilement.

Semis. —. On les exécute aussitôt après la récoltedes fruits, c’est-à-dire au commencement de l’au-tomne; dans ce cas, les plants lèvent au commen-cement du printemps. Quand on ne peut semer qu’a-près l’hiver, on conserve, comme nous l’avons dit,les marrons dans du sable, et on attend que lesiortes gelées soient passées pour les mettre en terre ;presque toujours alors ils sont germes. Quelquespépiniéristes profitent de cette circonstance pourrompre l’extrémité de la radicule , et par là em-pêchent la formation du pivot, pratique qu’on nedoit jamais admettre lorqu’on plante des marronsen place, mais qui a quelques avantages dans unepépinière, pour forcer les plants à pousser un plusgrand nombre de racines latérales , et pour éviterles inconvéniens de l’amputation du pivot, qu’onserait obligé de faire lors de la transplantation.

On prépare le terrain de la pépinière par les cul-tures ordinaires, et on plante les marrons un à undans des rigoles de 4 à 5 pouces de profondeur , età la distance de 10 à 12 pouces entre eux, les lignesétant écartées de i 5 à 18 pouces. On les recouvre dej 8 lignes à 2 pouces de terre. Les semis faits en au-tomne lèvent au premier printemps , les autres peude temps après qu’ils sont exécutés ; la semence resteen terre attachée à laracinedu jeune plant. On donnedeux ou trois binages la première année.

De la transplantation et de l’éducation en pépi-nière. — On lève le plant au printemps, soit de laseconde , soit de la troisième année , pour le placerà 20 ou 32 pouces de distance dans une autre partiede la pépinière, qu’on aura labourée profondément.Dans la transplantation , on doit respecter le bour-geon terminal destiné à prolonger la tige, et à luidonner une belle croissance; mais on coupe le pi-vot , s’il ne l’a pas été, et on rafraîchit les racines àla serpette. On suit, pour cette première transplan-tation, les procédés en usage , mais on ne le rebottepoint. On conduit ensuite le plant de manière à fa-ciliter sa croissance en grosseur et en hauteur; c’est-à-dire que vers la deuxième ou la troisième annéede sa transplantation , on raccourcit celles de sesbranches latérales qui prennent trop de développe-ment et qui rivalisent avec la tige.

On continue cette opération, chaque année, pen-dant l’hiver, jusqu’à ce que l’arbre soit formé , etchaque fois on coupe rez du tronc les chicots lais-sés l’année précédente. La première année, la poussedu jeune plant est faible; mais la seconde, ou auplus tard la troisième, il pousse des jets de plusd’un pied , et à 4 à ê ans il commence à être propre

à la transplantation à demeure; cependant on peutattendre jusqu’à 10 et 12 ans.

Transplantation à demeure. — Elle exige quel-ques soins.Les racines sont très-susceptibles des im-pressions du hâle ; c’est pourquoi il faut ou planterdans un temps couvert et même pluvieux , ou tenirles racines rigoureusement couvertes. On raccourcitles branches de 11 tète lorsque leur masse est tropconsidérable relativement aux racines; mais jamaison ne doit couper la tète même. Autant que possi-ble, on doit laisser quelques boutons sur la partierestante des branches dans la direction qu’on veutfaire prendre aux nouvelles pousses.

M. Bosc, à qui j’emprunte ici beaucoupde choses,blâme la pratique de ceux qui , pour jouir promp-tement , sans s’inquiéter de la durée des arbres, lesplan ten t à 3 ou 4 toi ses I es un s d es au très ; i l conseille,pour avoir de beaux arbres qui puissent durer dessiècles, de les espacer à une distance double, pourvucependant que le terrain soit bon et que les arbresne soient pas mutilés. .

Qualités et usages. — Varennes de Fenille , quis’est beaucoup occupé de la qualité des bois, ne faitpas l’éloge de celui du marronnier d’Inde , et il est,à cet égard, assez d’accord avec tous ceux qui enont fait usage. « Malgré la rapide végétation de cetarbre, dit-il, l’élégance de sa tige, la majesté deson port , sa docilité sous le croissant, le brillantde ses fleurs, la fraîcheur de son vert naissant etl’épaisseur de son ombre , laissons le marronnierd’Inde décorer les parcs et les jardins publics, d’oùl’on aurait grand tort de le proscrire ; mais puis-qu’il n’est utile qu’à la parure, admettons-le rare-ment près de nos habitations rustiques.

« On s’est donné jusqu’à présent d’inutiles soinspour tirer quelque avantage de ses feuilles et de sonfruit; son bois n’est pas même bon pour le chauf-fage , il donne peu de flamme, peu de charbon, peude chaleur. Débité en planches, il peut tout au plusservir à des tablettes et à garnir les étagères desserres à fruits; car, comme il est très - poreux , ilabsorbe l’humidité que les fruits transpirent, et lesgarantit de la pourriture. Ce bois est mou, filan-dreux, souvent rebours et sujet à se tourmenter.Quand il est vert, il se coupe comme de la rave etrépand une odeur fade; quand il est sec, on estsouvent obligé d’employer le rabot à dents, n

Cependant les mauvaises qualités du bois de mar-ronnier ne le rendent pas tout-à-fait inutile : lors-qu’il est sec, il brûle assez bien et avec flamme. Leschaufourniers et plâtriers l’emploient volontiers ; onen fait même des sabots, quelques meubles de peud’importance, des membrures pour les menuisierset les ébénistes, et des voliges pour les layetiers.On dit qu’il n’est pas sujet à la vermoulure, et quepour la gravure il est de meilleur service que le til-leul. M. Boutcher, cité dans la nouvelle édition duDictionnaire de Miller , dît qu’il est propre à fairedes conduits d’eiru souterraine; qu’employé à cetusage il dure plus long-temps que beaucoup d’au-tres bois qui ont plus de solidité. Duhamel dit aussiqu’il est propre à cet usage , et que les perches demarronnier sont employées par les tourneurs.

Varennes de Fenille s’est assuré qu’il pesait, vert,