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60 livres 4 onces 4 gros, et sec , 35 livres 7 onces1 gros. 11 fait retrait de 2 lignes et demie sur cha-que face sans se fendre; il perd plus d’un seizièmede son volume.
Le même auteur a fait écorcer un marronnierd’Inde, dont il a tiré, lorsqu’il l’a fait abattre, 3 ansaprès l’écorcement, un parallélipipède de 6 pouces,qui pesait à raison de 57 livres 9 onces par pied cube,et qui, 3 ans après, ne pesait plus qu’à raison de3 i livres 1 once 3 gros par pied cube: d’où il suitque l’opération de l’écorce ment a plutôt diminuéqu’augmenté sa pesanteur spécifique.
D’après la moyenne proportionnelle tirée des ex-périences de Varennes de Fenille, d’Hassenfratz etde Hartig, le pied cube de ce bois pèse, vert, 62 li-vres 3 onces; à demi-sec, 46 livres 2 onces; et sec,37 livres 3 onces 5 gros.
Le charbon de bois de marronnier peut être em-ployé à la fabrication de la poudre à canon ; ses cen-dres et celles de son fruit sont recherchées pour leslessives, parce qu’elles contiennent beaucoup depotasse.
L’écorce de pet arbre s’emploie aussi pour la tan-nerie et pour la teinture jaune ; elle est très-amère,et on s’en est servi pour guérir les fièvres intermit-tentes. On verra plus loin les expériences faites àcet égard. On peut donner les fruits du marronnierd’Inde aux chèvres, aux moutons et aux bètesfauves,qui les mangent sans aucune répugnance.
On a fait un grand nombre d’expériences pour ti-rer parti de l’écorce et des fruits du marronnierd’Inde; mais les résultats n’ont pas, en général, ré-pondu aux espérances qu’on en avait conçues.
Parmentier , dans le Nouveau dictionnaire d’his-toire naturelle, à l’article Marronnier , présente l’ex-posé de la plupart de ces expériences et le détail de« elles qu’il a faites lpi-même. Nous engageons leslecteurs curieux de cçs sortes d’expériences à pren-dre connaissance de cet intéressant article , où l’au-teur , après avojr passé en revue tous les essais qu’ona faits, termine ainsi ses observations.
« Il parait qu’on n’a encore découvert, reconnu,aperçu dans le marronnier d’Inde aucune propriétécapable de le taire rechercher pour des usages cons-tans et familiers : c’est sans doute ce défaut de suc-cès dans les tentatives qui avait déterminé un par-culier à essayer de faire porter à cet arbre des fleursdoubles, dans le dessein de l’empêcher de produiredes fruits, dont la chute peut blesser les passans.Les expériences entreprises aux jardins des Tuile-ries et du Luxembourg n’ont eu aucune réussite.On connaît cependant les prodiges de l’art du jar-dinier en ce genre 5 on sait qu’il a la possibilité dechanger une ileur simple en une fleur double; laplante, à la vérité^ n’acquiert l’avantage de récréeriiinsi nos sens, qu’aux dépens de ses organes te pro-ductifs, sumblablesàces malheureuses victimes d’unecoutume barbare et meurtrière qu’un pontife phi-losophe a abolie pour l’honneur de l’hujuanité.
» Le même motif a encore suggéré les recherchespour porter à essayer de changer de nature le mar~ron d’Inde , par l’opération de la greffe ; on y a doncenté un pêcher, qui a produit des fruits énormes
pour la grosseur, mais qu’il n’était pas possible demanger à cause de leur insupportable amertume.Cependant Francheville, de l’Académie de Berlin,a prétendu qu’en transplantant le marronnier d’Indedans une terre fertile, et le greffant de lui-même etsur lui-même jusqu’à trois fois , suivant les mé-thodes usitées, on parviendrait à enlever à cet ar-bre son amertume ordinaire, et à lui faire rapporter,sans changer son espèce, des fruits d’un aussi bongoût que les meilleures châtaignes.
! » Je crois avoir démontré l’impossibilité de la
Métamorphose dans ma correspondance agricole avecCabanis, qui, retiré à la campagne, remplissait tousses momens par l’étude si intéressante de la végéta-tion. Ce physicien cultivateur, dont les recherches,les expériences et les succès sur la greffe l’avaientmis à portée de connaître jusqu’où s’étend le pouvoirde cette opération merveilleuse , s’exprimait ainsidans une réponse qu’il fit à une de mes lettres sur lechâtaignier :
« D’après cette lecture, vous verrez que M. de» Francheville a fait un beau rêve sur l’associationn ou mariage des arbres d’espèces différentes, ou sur» la transmutation de la même espèce. Ce rêve,» prétendu scientifique, que vous honorez, mon-» sieur, du nom de découverte, ne m’en impose» point, malgré le ton d’assurance avec lequel on» l’annonce. Le marronnier d’Inde , greffé sur lui-» même dix fois l’une après l’autre, ne donnera quea des marrons d’Inde, et le marron de Lyon , greffé» sur le marronnier d’Inde , ou n’y reprendra point» ou sera de courte durée.
» Les greffes bizarres et fantasques dont Virgile x> a égayé et orné ses Géorgiques , ne se sont jamais» réalisées. L’imagination va loin , mais la réussite» n’est point toujours à.sa bienséance. L’opération deo la greffe ne fait de miracles que dans l’ordre de la» nature, etcelle-ci a des bornes inviolables, si je puis» m’exprimer ainsi ; les tentatives économiques et» agronomiques sont toujours louables; mais il ne» L’est pas moins de s’en désister sur de bons motifs, eta sur les preuves qu’on appelle négatives. Jo-nomme» toutes les greffes où la discordance des sexes et le» défaut d’analogie empêchent le succès ou le restrei-» gnent à une très-courte durée, des unions ou des» mariages par mésalliances ou par désailiances. »
xx II faut l’avouer, reprend M. Parmentier, ladécouverte de l’existence de l’amidon, dans lesmarrons d’Inde, en supposant qu’elle réunisse tou-tes les conditions propres à remplacer celui du fro-ment ou d’orge dans tous les emplois qu’on.en fait,cette découverte ne serait rien en comparaisantde cellede Francheville, puisque si cette dernière .pouvait seréaliser, la totalité de ce fruit servirait à la nourri-ture, sans autre préparation que la. cuisson. Quelavantage, si jamais ou parvenait à enrichir le règnevégétal et nos tables de ce nouveaù fruit, d’autantï précieux qu’il ne manque jamais, et que Far-s’accommode de tous les terrains et de tous lesclimats!.
» Les tentatives de l’eapèce rie celles que proposeFrancheville, quoique iniructneuses, méritent as-surément bien d’être essayées de nouveau. Pourquoine forcerait-on pas quelques-uns de nos arbres fo-
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