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restiers à rapporter des fruits propres à nourrir, ensupposant que le moyen ne préjudiciât point à la qua-lité du bois? Serait-ce donc un si grand, malheurque la chair des bêtes fauves n’eût plus le goûtsauvageon que lui donnent les fruits agrestes ?D’ailleurs , est-il bien nécessaire de raultiplier.cesanimaux? Ne vaut-il pas mieux s’occuper d’aug-menter nos productions que d’en tarir la source?
» Quand on réfléchit à cette opération si impor-tante de la nature, à cet art ingénieux qui nous avalu tant d’espèces de fruits inconnus avant que 1«jardinage devint l'amusement des botanistes et dësphysiciens, on a droit d’être étonné, formalisémême que si ce n’est pas le hasard qui a déterminél’opération de la greffe, la reconnaissance n’ait pastransmis à la postérité le nom du mortel fortunéqui en a fait la première tentative , et le temps et lelieu où elle a été mise en pratique. On sait à-peu-près l’époque où le pêcher a été apporté de Perse ,l’abricotier d’Arménie , le cerisier de Cérasonte ,le cognassier de la Grèce , l’amandier de Perse et lefiguier d’Asie ; mais nous ignorons le nom du pre-mier greffeur , de ce père de la nouvelle alliancedans le règne végétal ; on aurait dû lui ériger unestatue avec cette inscription : A celui qui a saisil’un des plus beaux secrets de la nature.
» J’observerai que quoique le bois du marronnier d’Inde soit fort tendre , spongieux, peu propreau chauffage , et s’altère aisément quand il estexposé à l’humidité, ce qui l’a relégué jusqu’à présent chez les layetiers , les sculpteurs et les tour-neurs , des expériences modernes ont prouvé cependant qu’il était possible d’en faire des voliges , deschevrons, et qu’étant susceptible de prendre unbeau poli, l’ébénisterie pourrait également s’enservir.
33 A l’égard de son fruit, tant de fois examiné ettoujours délaissé , il n’y a pas de doute que si, pourle rendre propre à quelques usages communs , ilfallait préalablement en opérer la décomposition,les résultats qu’on en obtiendrait ne pourraient ja-mais compenser les frais des opérations employées ;mais nous proposerons deux moyens bien simplespour en étendre l’utilité: le premier se réduirait à lesécher , à le moudre , et à donner à la farine qui enrésulterait la forme et les propriétés d’une colle ca-pable de suppléer celle préparée avec les bons grains.Elle adhère fortement aux corps auxquels on la fixe,et loin de se ramollir à l’air , elle y acquiert plus deconsistâncpj sur-tout si on a eu la précaution de nepas tènir (jette colle trop claire dans sa préparation
33 TJ h autre moyen dt utiliser le marron d’Indece séràît d*en 'rétirer le salin qu’il fournit abondam-ment , comme en génçr^L tous les végétaux àcresetamers. î^e vaudrai t r jlpas mieux, au lieu de laisserce fruit 4 e' jiqjirrjr soys lps arbres, prendre la peine»le lé famàssêr et fle/ic p(>ttjer sous un hangar, mettretl’abèrcî â profit la faculté q U ’;l a de brûler facilerijeûtéi 4 .e produire beaucoup de chaleur, à raison dé la matière résineuse qui en est une des par-ties constituantes, fpire servir ensuite ses cendres,en les mélângèantj avec, .d’autres, au lessivage dulinge et memè.djins lfes savonneries? n
Depuis que M. Parmentier a publié son mémoire,
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M. Darcet s’est occupé d’expériences sur la potassequ’on pourrait retirer du fruitdu marronnier d’Inde,et il en a consigné les résultats dans les Annales dechimie , août îbi 1.
M. Dupont, médecin de l’hospice Beaujon, à Pa-ris , avait annoncé de bons effets de l’écorce du mar-ronnier employée comme fébrifuge 5 mais il résulted’un rapport fait à la Société d’agriculture de Ver-sailles , le 25 novembre 1808, que l’écorce du mar-ronnier ne contenant pas de résine , pas de kinatede chaux , et ne décomposant pas l’émétique, dif-fère absolument du quinquina ; que sa nullité dansles fièvres continues doit faire rejeter tout essai dansles fièvres putrides , ataxiques et pernicieuses, etqu’il ne faut guère, dans les fièvres intermittentes,en attendre d’autres effets que ceux qu’on obtientassez généralement de tous les amers.
Le Marronnier-Pavie ou Pavia a pleurs rou-ges a les feuilles composées de cinq folioles iné-galement dentées; la corolle rouge, composée dequatre pétales formant un long tube; le fruit sansépines. Il croît naturellement dans les forêts del’Amérique , où il s’élève rarement au-dessus de6 pieds. C’est un arbrisseau joli lorsqu’il est en fleur.Il donne rarement des fruits, même dans son paysnatal, ainsi que M. Bosc s’en est assuré en Caroline,où cet arbre est commun. On le cultive depuis long-temps dans les jardins de l’Europe , où on le mul-tiplie de marcottes, et plus communément par lagreffe sur le marronnier d’Inde; mais il n’est pas delongue durée et n’a pas une tige agréable, parce quele marronnier d’Inde, sur lequel il est greffé, prendun accroissement beaucoup plus rapide et plus con-sidérable. Les marcottes se font en hiver , et lesgreffes ordinairement en été et à œil dormant. Cesgreffes donnent des fleurs dès la seconde année.
Le Marronnier a fleurs jaunes ou Pavia jaune,pavia lutea, est encore de l’Amérique septentrionale,dont nous devons l’introduction dans nos jardinsd’agrément à M. Michaux père. Le fils en a donnéla description et la figure dans son Histoire des ar-bres d’Amérique ; voici l’extrait de cette descrip-tion : le pavia jaune est très-commun dans la régionmontagneuse des deux Carolines et de la Géorgie .Le penchant des hautes montagnes de la Caroline dunord , et notamment de celles dont le sol est géaéra-lement meuble, profond et fertile, et où la tempéra-ture est constamment,.fraîche, est la situation laplus favorable au plus grand développement de lavégétation de cet arbre. Il y parvient à 60 et 70 pifedsde hauteur sur 3 à 4 pieds en diamètre.
Les feuilles, au nombre de cinq , sont réunies àl’extrémité d’un long pétiole commun; elles Sontlancéolées , aiguës à leur sommet, légèreroelit'sil-lonnées à leur surface et finement dentéfes dur lesbords.
Les fleurs, disposées en grappes aux extrémitésdes pousses de l’année ,• sont droites et d’un jauneclair, mais d’une teinte«gréable; les grappes, tou-jours nombreuses, produisent un bel effet et con-trastent agréablement avec le beau feuillage de èetarbre.
Le fruitest une capsule charnue, ovale et souventgibbeuse, dont la surface est unie et non épineuse,