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marqués à la patte; mais à l’égard de la marque desmodernes et des anciens, les uns se sont prononcéspour l’application de cette marque à la racine, etles autres pour l’application au corps de l’arbre.
On ne sera point étcnmé'que les opinions se soientpartagées sur cette question quand on réfléchira ,d’un côté, que les terrains, les climats, et l’âge descoupes, apportentnécessairement des variations dansles effets de l’empreinte apposée sur le corps des ar-bres; et de l’autre, que tous ceux qui fréquententles forêts ne sont pas doués au même degré de l’es-prit d’observation.
Dans les bons terrains, dans les climats tempérés,dans les situations ombragées, et sur-tout lorsquel’arbre est jeune et vigoureux, l’empreinte se re-couvre promptement par le bourrelet qui se formetout autour, et dont les bords s’unissent et se sou-dent parfaitement. Dans ce cas, la nouvelle coucheligneuse qui recouvre celle marquée de l’empreintes’incorpore avec elle. Mais dans les circonstancesopposées, la cicatrice seïûrtne lentement ; le miroir,qui reste à découvert!, reçoitloûg-temps les impres-sions atmosphériques, il devient le réceptacle d’unesève qui re corrompt ; le bois se dessèche, se fen-dille , et lorsque le bourrelet parvient à recouvrircette place, il n’y a plus d’adhérence possible avecce bourrelet et un bois privé de la vie : de là la ca-dranure , la pourriture intérieure, ou au moins undéfaut qui rend la pièce impropre aux ouvrages quiexigent dé la force.
Les «gens qui se sont prononcés pour la marqueau corps, se sont principalement fondés sur ce quela marque à la racine est fort difficile à vérifier lorsdu récolement, et sur ce que, si la marque au corpsa des inconvéniens, elle prévient, d’un autre côté ,la confusion qui se ferait des modernes avec les an-ciens , étant tous marqués à la racine ; confusion quine peut exister si on plaGe la marque à diverses hau-teurs.
Mais les agens qui blâment la marque au corpsde l’arbre, observent que le nouveau bois qui seformé par-dessus le plaquis 11e se lie jamais aveccelui qui a reçu le coup de marteau; que l’arbre estcadrané au point de leur contact, et que sa substanceest gâtée à partir d’une certaine hauteur au-dessus duplaquis jusque près de la racine. M. Dralet a faitoutrîr, dans là fôjêt de Grésigne, un baliveau âgéde 140 ans, dôrtt les couches concentriques lui ontappris qu’il avait été marqué à l’âge de 70 ans. Lamarque se distinguait parlaitement ; mais entre lenouveau bois et l’ancien , il se trouvait une matièrenoirâtre, et üne sorte de moisissure qui commençaità 2 décim. au-dessus de la marque et s’étendait jus-qu’à 5 décim. au-dessous; le bois était gâté dans cetteétendue et jusqu’à la racine.
Il a été piitoyé à l’Administration, il y aune quin-zaine d’ahnées , dçs environs de Coblentz , un tron-çon d’arbre qui s’était éclaté dans le sens de sa cir-conférence, et présentait, sur le cylindre découvertpar l’éclat, l’empreinte de l’année où il avait étémarqué. On croit se rappeler que cette marqué étaitde 1745. Il paraît que, dans le pays, on joignait auxarmoiries qui servaient à la marque la date de l’an-née. Ce tronçon indiquait que, dans la moitié au
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moins de la circonférence, il n’y avait aucune ad-hérence entre l’ancien et le nouveau bois.
On attribue cet effet à l’eau pluviale, qui s’intro-duit par le plaquis et s’infiltre entre le bois et l’é-corce , à la sève, qui s’extravase par la rupture deses canaux, et à l’air même, qui dessèche l’écorce etla partie dü bois exposée à son action. Il est donccertain, observe M. Dralet, que tout baliveau ainsimarqué est gâté'pour toujours, depuis sa racine jus-qu’au-dessus de la marque, quelle que soit l’époqueà laquelle elle ait été faite f c’est-à-dire que la partiela plus grosse et la plus dure de tout baliveau est Im-propre an service, sur une longueur de plus d’un mè-tre. Cette perte est immense; car on peut estimerque les coupes annuelles, tant dans les bois de l’étatque dans ceux des communes et des particuliers, seportent à 3 oo,ooo hectares, et dans lesquelles onréserve, à raison de 3 o au moins par hectare, p mil-lions de baliveaux. C’est donc une perte de 9 mil-lions de mètres courans sur la longueur, ét dans lapartie la plus précieuse de ces arbres, dont lés 1 cons-tructions civiles et maritimes se troment privées.
D’après ces observations, M. Dralet estime quele martelage des baliveaux de toutes les classes doitse faire à la racine , et que les avantages qui en ré-sulteront sont trop importans pour les sacrifier à depetites considérations, telles que le plus ou moinsde commodité pour les bûcheron&et de facilité pourles récolemens. Il pense que les baliveaux dé l’âgene pouvant être confondils avec les anciens, ces deuxclasses doivent être marquées dé la même manière;quant aux modernes, ils doivent être marqués à laracine, mais sur deux faces opposées. Il ajoute quepour faciliter la reconnaissance des baliveaux, il se-rait utile qu’ils fussent tous martelés dans" la mêmedirection : par exemple, du côté qui, étant exposéaux vents de la pluie, se trouve presque toujoursgarni de mousse.
Il ne pense pas que l’orientement de la marquesoit d’une grande importance t on avait conseillé del’appliquer au nord, mais ce n’est point toujours àcette exposition que l’arbre présente les coucnes lesplus épaisses.
On observera, à cet égard, que la reccfmHianda-tion de la marque à l’exposition du nord était fon-dée sur ce que l’action du soleil, qui fait fendre l’é-corce et agrandit la plaie au miai, ne produisaitpoint cet effet au nord.
M. Dralet partage l’opinion dé tous les'autresagens sur la nécessité que la figure du marteau soitentourée d’un cordon, parce que l’emprèinte de cecordon se conserve toujours bien, et pétit suppléer,dans le cas de contestation, à l’empreinte même dela fleur de lis, qui est souvent imparfaite ou quis’efface. : J "
Relativement à l’objettion que m a' fidte, que lamarque à la racine peu t d'oiilier lietl à'tlés'erreurs dela part des bûcherons, qui seront eàjiôsés à couper lesarbres involontairement, parce due la marque, ca-chée par les arbustes, échappera à leur vue, M. Draletrépond que l’art. 5 i du Cahier des charges obligel’adjudicatairç à nettoyer la coupe des épines, ronceset autres arbustes nuisibles , et qu’en exigeant quece nettoyage soit fait avant la coupe dos arbres, il
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