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Tome second.
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considéré sous les divers rapports de son utilité pourla nourriture des vers à soiq et de ses propriétés mé-dicinales , économiques et d’agrément.

Mais comme çé serait sortir de notre sujet quede donner les détails qui s*y rapportent, et que cetarbre est loin d’opouper dans l’économie forestièrele rang qu’il occupe à si juste titre dans t’éçonomierurale , il suffira de présenter à nos lecteurs quel-ques considérations générales sur l’importance desa multiplication , ; et a cet effet nous transcrirons unarticle inséré dans le Journal des Maires, du moisde mai 1818, et qui cpntipnt l’extrait d’une no-tice rédigée par la Société royale et centrale d’agri-culture.

Culture du mûrier. — a Le haut prix des soies, de-33 puis plusieurs années , a ranimé par-tout la cul-» ture du mûrier, long-temps négligée, parce qu’elle» 11e présentait plus que de médiocres avantages; et» lit où la voix de l’intérêt ne s’est pas encore fait» entendre , et où l’éducation des vers à soie serait» une innovation ou une industrie entièrement re-» nouvelée,, la voix de l’autorité s’élève pour en33 solliciter l’introduction, ou pour en rappeler33 l’ancienne existence et ,d,émontrer la possibilité33 de la faire renaître, et pour en prédire les bien-i 3 faits. Ainsi, tandis qu’en Provence et dans les dé-33 partemens du Gard et de l’Ardèche cette culture33 a redoublé d’activité; que, dans le reste du Lan-33 guedocct qu’à Montauban , où pendant 20 ans on33 avait arraché les mûriers , 011 en plante de toutes33 parts, tandis enfin que dans le département de33 la Drôme , les pépinières ne peuvent suffire aux33 demandes, et que les plants sont achetés par33 avance d’une année à l’autre , le préfet du Rhône 33 s’efforce d’enrichir Lyon de cette précieuse bran-33 che d’industrie agricole ; et sans doute on la verra33 bientôt de proche en proche, par le salutaire as-33 Cendant de cet exemple , se rétablir dans toutes33 les contrées au-delà de la Loire, où elle avait été33 jadis introduite par la munificence de Henri IY» et par lessoins d’Olivier de Serres . Le jardin même» des Tuileries y fut consacré , et il en reste encore33 des débris et des traces dans le Poitou, la Tou-33 raine et l’Orléanais .

33 L’importance d’une telle révolution est facile à33 apprécier. Quoique la France produise déjà une» grande quantité de soie, ses manufactures ne sont« pas moins dans la dépendancede l’étranger, parti-33 culiireinent de l’Italie , pour une grande partie33 de leurs besoins. Le prix de cette matière , venue>3 du dehors , est d’autant plus cher qu’on ne nous33 la vend qu’ouvrée, et nous perdons par là le bé-3> néfice d’une main-d’œuvre ; d’ailleurs nos fabri-» ques sont à la merci des caprices d’une législa-33 tion qui les expose à tous les dangers des prohi-33 bitions soudaines ou de l’augmentation imprévue» des droits. Il s’agit donc de s’affranchir de ces in-33 cofivèniens et d’un tribut immense, et de trouver» les m'oyéns de cet affranchissement dans les res-33 sources de notre propre sol.

33 La difficulté n’est pas d’y multiplier le mûrier :

39 cet arbre s’accommode pour ainsi dire de toutes13 les terres , de tous les sites, de tous les climats ;

>3 il vit dans les parties septentrionales de la Hon-

33 grie et parmi les frimas de la Prusse , comme à13 Naples , en Sicile et en Espagne , sur les monta->3 gnescomme dans les plaines, et si , dans un iofeds» numide j riche et fertile, la végétation s’en dé-» veloppe avec, plus dlénergie et do luxe que dans» un terrain léger , aride et sec , ce 11’est que dans» un sol de cette dernière espèce que la feuille par->3 vient au plus au degré de perfection.

33 La seule question est de savoir si , dans les pays33 où l’on veut introduire l’éducation du ver à suie,33 les œufs peuvent être garantis de la'pernicieuse33 influence des rigueurs de P hiver , et si l’insecte y33 trouvera un printemps précoce, et avant les ar->3 deurs de l’été une progression constante de cha-33 leur de i 5 à 24 degrés , qui lui permette d’éclore33 et de fournir en 5 o jours sa carrière, en se main-» tenant toujours sain et vigoureux. A ces condi-33 lions, qu’elles soient l’eflèt général de la latitude33 ou de l’avantage d’une situation locale particu-33 lière, on peut hardiment se livrer à l’entreprise33 de planter des mûriers, et si 011 ne s’écarte pas33 des règles convenables à leur culture , 011 est au-33 torisé à compter sur des succès.

33 Les principes de cette culture sont connus : on33 les trouve déduits dans un grand nombre d’écrits,33 parmi lesquels nous ne citerons que le Nouveau33 cours complet d’agriculture , parce qu’étant plus33 récent , il a recueilli toutes les notions théoriques33 et pratiques sur ce sujet, qui ont obtenu la sanc-33 tiou de la raison et de l’expérience. On peut con-13 sulter aussi l’article Vers à soie dans le même33 ouvrage, et ceux que le comte Dandolo a derniè-33 renient publiés à Milan . Là, on trouvera tout» ce qu’il est utile de savoir sur le choix des va-is riétes, du sol et de l’exposition; sur tous les» procédés depuis le semis jusqu’à l’émondage et à33 la taille ; et relativement à l’influence de toutes» ces circonstances sur la prospérité et fa durée de33 l’arbre , et sur la qualité de sa feuille.

33 On n’insistera ici que sur un point, et ce ne33 sera que répéter ce qui a été déjà dit ailleurs;

33 mais il est essentiel d’y revenir. N’aspire-t-on» qu’à la quantité des produits en feuilles? Qu’01133 préfère le mûrier greffé au sauvageon ; la feuille» du premier sera , plus que celle de l’autre , abon-33 dante, large, épaisse , succulente et d’un plus» grand poids, grâce à la profusion d’un paren-31 chyme indigeste et grossier; mais elle sera aussi» plus chargée de mûres et moins riche en subs-» tance résineuse , et par conséquent moins libérale33 en soie; il en résultera en outre le désavantage33 d’une infériorité sensible dans la qualité de cette» matière. Les expériences les plus positives ont33 démontré qu’à circonstances égales d’âge, de si-» tuation, de terrain, de culture, de saison, la même33 quantité de feuilles donnait, par le sauvageon,

» trois fois plus de résine soyeuse que par le mûrier33 greffé.

33 Pour dernière considération , on invitera les33 agriculteurs des pays susceptibles de la culture33 du mûrier, mais où elfe ne serait pas encore» adoptée, et qui craindraient de hasarder une spé-» culation incertaine dans ses résultats, à commen-» cer leurs essais parla formation autour de leurs