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cet arbre se cultive particulièrement pour son bois,qui est le meilleur, le plus dur et le plus veiné.
Culture du noyer. —. La culture du noyer est im-portante pour les arts, les manufactures d’armes etl’économie domestique ; cependant elle -n’est passuivie dans plusieurs contrées de la France avec toutl’intérêt qu’elle mérite ; les besoins ont fait abattreun grand nombre d’arbres de cette espèce, qui 11’ontpas été remplacés, et le bois en est devenu rare etd’un grand prix.
A plusieurs époques , on éprouva, en France , desdifficultés pour se procurer du bois de noyer. Un ar-rêt du conseil d’état, du 11 août 1720, défendit desortir du royaume aucun bois de noyer non ouvragé,sous peine de confiscation et de 3 ,000 liv. d’amende.
En 1806, les manufactures d’armes, qui con-sommaient alors environ 12,000 pieds d’arbres dede 4 piéds de four par an, éprouvèrent de l’embar-ras pour s’en approvisionner ; ce qui engagea l’Ad-ministrntion de l’artillerie à faire rechercher lesnoyers qui pouvaient se trouver dans les terrainsappartenans à l’état et aux communes, et dans lesplantations des routes. ( Circul. de l’Adm . des fo-rêts , du 29 mai 1806.)
Depuis cette époque , il a été fait des plantationsde noyers assez considérables, dont une partie peutêtre attribuée au zèle de la Société d’encouragement,qui, en >809, fonda, sur ma proposition , un prixpour cette culture. Les rapports que j’ai été chargéde faire sur les résultats du concours pendant plu-sieurs années , m’ont fait juger des bons effets qu’ilavait produits.
Le noyer commun est plus délicat et plus sensi-hle au froid que la plupart des noyers d’Amérique ,dont nous parlerons ci-après; mais la variété ditede la Saint-Jean résiste bien aux gelées : on ne peuttrop fa recommander aux cultivateurs.
Le noyer commun ne croit pas en massif, diffé-rant encore sur ce point des noyers d’Amérique quicroissent én forêts ; il se plaît dans les vignes , dansles jardins, le long des terres labourées et en ave-nues ; cependant il réussit bien dans un sol pierreux,où son accroissement est à la vérité plus lent, maisoù il produit un bois de meilleure qualité.
On propage le noyer par le semis, la plantation etla greffe. Il y a deux sortes de semis , celui à de-meure et celui destiné à la transplantation.
Du sentis à demeure. — Ce semis est avantageuxquand on élève le noyer pour son bois; mais la trans-plantation accélère l’époque de sa fructification etfavorise la multiplication de son fruit. Dans le semisà demeure , la noix enfonce profondément son pivoten térre; la tige pousse bien plus promptement quedans les replantatLons d’arbres élevés en pépinière;le tronc s’élève beaucoup plus haut , plus droit, etop est le maître de l’arrêter «la hauteur qu’on désire.On peut, pat le semis à demeure; garnir des masseset des chaînes de rochers , pourvu qu’il s’y trouvedes scissures où le pivot du noyer puisse s’enfoncer,et où on n’a pas à craindre que les ouragans les plusfurieux enlèvent ces arbres à longs pivots.
Du semis en pépinière. —L’arbre qui en provientçst moins actif dans sa végétation qite celui du semisà deriteure; plus >1 est replanté souvent, plus tôt il
donne du fruit et de plus bea.ii fruit, parce qu’il tra-vaille moins en bois. Ainsi; ce que l’on perd d’uncôté on le gagne de l’autre; mais le semis à demeuresera toujours préférable dans (es coteaux arides,dans les rochers, et par-tout où le bois sera l’objetprincipal de la multiplication du noyer.
Du choix des semences. — Comme la greffe dunoyer est assez difficile, il est nécessaire dechoisir lesnoix de l’espèce ou de la variété qu’on veut nvulti->lier. Lorsqu’on a en vue le fruit, ondoit prendrees noix les plus belles, et celles dont l’anmndé-rem-plit le mieux la coquille et donne le plùe d’hmlecSic’est pour le bois qu’on multiplie le noyer, il estencore bon de choisir ses semences, pour n’êtrepas trompé sur l’espèce ou la variété qu’on veutpropager.
Dans tous les cas, on choisit les noix au momentde leur parfaite maturité, ce qu’on reconnaît par lesfentes ou crevasses qui s’opèrent d’elles-raêmes surle brou.
Du sol de la pépinière. — Le noyer ne cherchequ’à pivoler, il lui fout donc une terre profondé-ment défoncée, afin de faciliter le prompt dévelop-pement de sa radicule et celui de sa tige, qui esttoujours en raison de la première. Le sol n’a pas be-soin d’ètre très - riche, les engrais animaux sontmême nuisibles. La cendre est ce qui convient lemieux à cet arbre, même cellequi a déjà servi pourles lessives, et qu’on a eu la précaution de laisserexposée à l’air dans un lieu à l’abri de la pluie. Cettecendre agit à-la-fois comme engrais et commemoyen mécanique propre à diviser le sol, à le ren-dre plus meuble et par conséquent plus perméableaux racines.
11 convient de défoncer le terrain 2 ou 3 mois d’a-vance, et de le travailler de temps à autre pour l’a-meublir de plus en plus.
Méthodes du semis. — Il y a deux époques pourles semis : l’une , aussitôt que la noix est mûre, etl’autre après l’hiver.
Dans la première , on sème les noix avec leurbrou , afin que l’amertume de cette enveloppe em-pêche les rats et les mulots d’attaquer les noix, dontils sont très-friands.
Lorsqu’on ne peut semer.en automne, on con-serve les noix dans une cave ou dans un lieu à cou-vert et à l’abri des gelées. On les place dans unecouche de sable , à 6 pouces de distance les une* desautres , et on les recouvre de 2 poucés de terré.Elles germent pendant l’hiver , si on a eu soin deles arroser an besoin ; et en mars, au plus tard, sui-vant les climats, c’est-à-dire lorsqu’on né craintplus les gelées, on les tire de cette couche pour le»semer. Il est reconnu que si on coujte le bout dugerme, le noyer ne pilote plus, qu'il se garnit deracines latérales, et qu’il à moins besoin d’être re-planté pour en pousser.
Les noix se sèment dans des sillons de h. poucesde profondeur. La distance de ces sillons entre euxet celle à Laisser entre chaque noix varient suivantl’objet qu’on se proposé et l’espèce de terrain qu’ona à sa disposition ; mais pour avoir de beaux plants,il faut qu’ils soient à une certaine distance. L’abbéRozier, dont nous analysons les préceptes , con-