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Tome second.
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ijui peint bien l’effet de cette opération : ils disentqu’elle sert à amuser la sève '; é’est-à-dire à l’enipê-cher de monter rapidement à l’extrémité de la tige.

On donne aux pépinières deux binages par an , eton enlève encore, entre les deux sèves , les bour-geons qui auraieht pu pousser sur le tronc. On coupeaussi les branches qui s’emportent trop.

Les ormes formés peuvent attendre 10 à n ansdans la pépinière avant d’être plantés à demeure; ilspourraient même attendre jusqu’à 20 ans, et c’est cequi les rend si avantageux pour les plantations desroutes et autres lieux publics, parce que leur gros-seur et l’étendue de leurs racines les défendent con-tre les atteintes des hommes et des animaux; cepen-dant, en général, et sur-tout lorsqu’ils sont destinésà un mauvais terrain , il vaut mieux les planter à5 ou 6 ans, lorsqu’ils n’ont encore que 2 à 3 poucesde tour.

Les racines de l’orme sont très-sensibles au hâle,et encore plus à la gelée. Il ne faut les laisser à l’airque le moins possible, soit dans le chaud , soit dansle froid.

lie la multiplication des ormes par rejetons. —Lorsqu’on veut multiplier une variété d’orme telleque l’orme tortillard , on emploie les rejets que pro-duisent les racines. On peut même couper ces ra-cines et les replanter, ou les découvrir : alors ellesdonnent une grande quantité de jets propres à êtreplantés en pépinière, et que l’on conduit comme lesautres plants.

lie la plantation des ormes comme arbres de tige.— L’orme se plante en avenue, en quinconce, lelong des routes, autour des places publiques, desch amps, etc. Il faut alors le planter à 6 ou 7 ans ,en raccourcissant le moins possible ses racines, etsur-tout son pivot, et en coupant ses branches à unou 2 pieds du tronc. Les bons cultivateurs blâmentl’usage généralement suivi de lui couper la tête.Cette méthode n’est tolérable que lorsque le plantest venu dans une pépinière trop serrée, et que lagrosseur de la tige n’est point proportionnée avec sahauteur , ou lorsqu’il est mal pourvu de racines :alors on laisse 748 pieds au tronc. La plantation sefait dans des fosses de 3 pieds au moins en tous sens,et dans le courant de l’hiver, plutôt avant le moisde janvier qu’après, afin que les plants puissentprendre racine avant les sécheresses du printemps.Chaque arbre est entouré d’épines pour empêcher lesbestiaux de le renverser en se frottant contre letronc. On lui donne un ou deux labours au piedpendant les 3 ou 4 années suivantes. Entre les deuxsèves de la première année de la plantation, on en-lève avec une serpette tous les bourgeons qui ontpercé sur le tronc, et les plus faibles de ceux de latête , de manière qu’il 11’en reste que deux ou trois.A la même époque de l’année suivante, on coupe aucroissant les branches latérales inférieures à 1 ou2 pieds du tronc, même on ne laisse entière quecelle qui, par sa position perpendiculaire, et la vi-gueur de sa végétation , annonce devoir continuerla tige. On renouvelle cette opération la troisièmeou la quatrième année , et l’arbre est formé. Si onveut lui faire prendre une plus grande élévation detige , on supprimera, dans chacune des années sui-

vantes , deux ou trois au plus des branches infé-rieures, entre les deux sèvês, oit pendant l’hiver,jusqu’à ce qu’on soit arrivé au point désiré. Jamaisil ne faut le priver subitement de la plus grandepartie de ses branches par un élagage, toujours aussinuisible à son accroissement et à sa durée qu’à l’a-grément de son aspect, les arbres se nourrissant au-tant par leurs feuilles que par leurs racines, et lagrande quantité de brindilles qui poussent an prin-temps suivant absorbant la plus grande partie de lasève. A toutes les époques de la vie de l’arbre, on doitéviter d’en couper les grosses branches, et si on y estforcé par quelques considérations majeures, il faut léfaireàquelque distance du tronc,et recouvrirla plaied’onguent de Saint-Fiacre, afin de prévenir les chan-cres, qui pénétreraient jusqu’au centre et altéreraientla qualité du bois. Les ormes plantés dans les terresargileuses, les sables gras qui ont beaucoup de fond,et dans les terrains humides, et les pieds dont on acoupé les grosses branches rez tronc, sont sujetsà se carier, et à perdre toutes les qualités qui les ren-dent propres aux arts. Il se forme des ulcères , deschancres, des égouts, qui laissent échapper une sanieacre et fétide, qui descend le long du tronc, détachel’écorce du corps de l’arbre, et en occasionne la dé-térioration. C’est ordinairement du côté du midique sont tournés ces ulcères , sans doute parce quele soleil fait fermenter la sève. Cette remarque jus-tifie l'usage de quelques forestiers de marteler lesarbres du côté du nord. >

M. Bosc s’élève contre le retranchement completde la tête des ormes qu’on plante sur les routes,parce qu’il regarde cette opération comme contraireau raisonnement et à l’expérience. «En effet, dit-il,n’y ayant point de boutons disposés à céder aux pre-miers efforts de la sève, il faut qu’il s’en forme sousl’écorce, qu’ils percent cette écorce, toujours fortépaisse et fort dure ; que les bourgeons qui en sor-tent prennent une direction voisine de la perpendi-culaire, etc. » Or, tout cela se fait lentement, ptpar conséquent avec une perte de temps précieuxpour la végétation : aussi combien périt-il d’ormesnouvellement plantés, sur-tout dans les terrains sa-blonneux et dans les années sèches ! L’auteur ajoutequ’il est, sous tous les rapports, plus convenable decouper l^-Vète des grosses branches, et de manièreà y laisser quelques-boutons.

lie l’élagage des arbres plantés sur les grandesroutes. — L’auteur praticien que nous venons de ci-ter a publié, en 181 1, un excellent mémoire sur lesinconvéniens du mode d’élagage pratiqué sur lesarbres des grandes routes. Il part de ce principe que,les arbres se nourrissant autant par leurs feuillesque par leurs racines, les élagages à outrance doi-vent en retarder la croissance. l)’un autre côté , ilsoccasionnent des plaies aux arbres, et, en les dé-pouillant de leurs branches, privent les voyageursde l’ombre et de l’agrément du coup-d’oeil, objetprincipal de la plantation des routes. Il propose ,pour remplacer ces funestes élagages , la taille c-ncrochet, qui se pratique dans les pépinières, et quiconsiste à couper rez tronc les branches qui riva-lisent de grosseur avec ce tronc , et avec la brancheperpendiculaire qui le termine et doit le prolonger;