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Tome second.
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pléer la charmille dans les lieux où elle ne prospère <pas, pour former des palissades, des haies et des 1salles de verdure. Il est très-propre , par ses racines :traçantes et longues, à contenir les terres, et à pré- ivenir les éboulemens des terrains en pente.

Qualités cl usages.—Le bois de l’orme est jaune,marbré de couleurs brunes ou jaunâtres, dur, pe-sant , susceptible d’un beau poli, et se travaillantbien lorscpt’il est jeune; mais il se travaille diffici-lement lorsqu’il est vieux. Ce bois se tourmentebeaucoup, dit Duhamel, c’est pour cela que les me-nuisiers en font peu d’usage. Lorsqu’il est trop sec ,il est cassant et sujet à être piqué des vers, cetteraison fait qu’on l’emploie rarement dans les char-pentes. Ce bois néanmoins est excellent pour le char-ronage. Plusieurs pièces de moulins, les presses,les pompes pour la marine , les tuyaux pour la con-duite des eaux , sont faits souvent avec le boisd’orme.

« Ce bois (Mémoires par Varennes de Feuille , t. Il ,p. 176 ) est fort et dur, quelquefois un peu rebours;cependant il se laisse travailler, même au tour; àdéfaut du chêne, du châtaignier et du sapin, onpourrait en faire de la charpente. Sa couleur, sansêtre éclatante, est d’un brun clair qui n’est pointdésagréable; mais il n’est ni le plus dur, ni le plusfort, ni le plus élastique de nos bois indigènes. Cen’est point non plus le plus beau des arbres d’ave-nue , ni celui dont le fanage soit le plus gai; sesfeuilles, comme fourrage , ne valent pas celles dufrêne et de l’acacia. Le chêne lui est préférable pourla charpente, le hêtre pour la fente, et beaucoupd’autres arbres sont plus propres à la menuiserie ,puisqu’il est sujet à se tourmenter. Le charme, plusdocile au croissant, vaut mieux pour les salles de ver-dure, le charme et le hêtre pour le feu, et les peu-pliers s’élèvent et croissent beaucoup plus rapide-ment.

» Ainsi l’orme n’est supérieur aux autres arbresque par sa propriété de fournir le meilleur des boispour le charronage; il doit cet avantage à la dis-position et à l’entrelacement de ses fibres. Si l’onexamine avec attention la surface polie d’un ormecoupé perpendiculairement à son axe, on y décou-vre ces mêmes réseaux , cette espèce de point deHongrie , que j’ai fait remarquer dans le pseudo-acacia , et qui m’a donné lieu de présumer que ce-lui-ci serait propre au charronage. Lorsque le te-non d’un bois dur, et qui fléchit peu , tel que lechêne, est enfoncé à grands coups dans la mortaised’un bois dont les fibres sont contre-tranchées, cesfibres, forcées de céder à l’impulsion, réagissent en-suite contre le tenon, et le serrent comme dans unétau. »

a M. l’abbé Rozier s’élève avec raison contre l’u-sage des charrons qui, pour les moyeux , et mêmepour les jantes des roues, n’emplcfient que de l’ormevert, ou qu’ils ont soin de tenir daifs l’eau, ou aumoins dans un lieu très-frais , par la crainte qu’ilne sèche. Le bois se coupe mieux, l’ouvrage est plusfacile , et comme il ne se fait point de gerçures, toutle bois se met à profit. Voilà la véritable raison del’ouvrier, qui ne la dit pas , mais qui y supplée parune foule de mauvais raisonnemens. L’acheteur

OHM

cède, qu’arrive-t-il? Le moyeu et les jantes font re-traite chacun en sens opposé. La peinture et la graissesuspendent le dessèchement pendant quelque temps;il s’opère enfin : au bout de six mois, il faut ren-voyer les roues à l’ouvrier, qui les châtré, c’est-à-dire qui raccourcit les jantes, et les rapprochant dumoyeu, renfonce le tenon 5 mais le mouvement detrépidation et le frottement avaient déjà usé les pa-remens de la mortaise, elle ne réagit plus contre letenon; tout se disloque. »

Varennes de Feuille blâme encore l’usage de jeterde l’eau sur les roues pendant l’été lorsque la cha-leur de l’essieu, jointe à celle de l’atmosphère, pré-cipite le dessèchement et accélère le retrait, parceque l’eau détruit le gluten, qui lie les fibres entreelles, et qu’il en résulte par la suite une ouvertureplus large. Il pense qu’il se consommerait beaucoupmoins de bois, si on 11e l’employait que pariaitementsec , et que le consommateur y gagnerait , quand ildevrait payer au triple la valeur du bois brut.

Le charme lui parait préférable à l’orme pour lafabrication des moyeux , pourvu qu’il soit sec, parcequ’il est plus ferme, et qu’il résisterait davantageau frottement de l’essieu; mais il regarde la difficultéde travailler ce bois sec, et la retraite de io lignessur 6 pouces qu’il fait par la dessiccation , commeétant les seuls obstacles qui empêchent les ouvriersde l’employer.

Suivant le même auteur, le retrait de l’orme se-rait beaucoup moins considérable que celui ducharme. Le parallélipipède de 6 pouces d’équarris-sage, qu’il a soumis à l’expérience , n’a perdu qu’unsixième et quelque chose de son volume. Cependant,d’après les expériences faites en grand par M. deWerneck sur le cordage des bois , et leur retraitpar le dessèchement, l’orme est un de ceux qui seretirent le plus.

Le terme moyen des expériences d’un grand nom-bre d’auteurs sur la pesanteur de ce bois , donneles résultats suivans :

11 pèse , par pied cube ,

Vert.69 liv. 8 onc.

A demi sec. . . . . 56 6

Sec..48 7

Le bois d’orme est employé de préférence à toutautre pour le charronage de l’artillerie ; il sert auxmoyeux, aux jantes, aux'entre toises et aux essieuxpour les grosses voitures, tels que les affûts de groscalibre ; il convient seul aux flasques des gros affûts,attendu que les autres bois, le chêne sur-tout, se; fendraient et éclateraient, inconvénient qui arrive• même aux ormes qui ne sont pas de bonne qualité.

. Les ormes qui croissent sur les lieux secs et aéréssont les meilleurs pour l’artillerie, et en généralpour tous les ouvrages. L’orme est estimé de bonne; coupe à 60 ou 80 ans.

i L’orme est excellent pour faire des arbres et desi roues de moulins, parce qu’il ne se déjette pointI lorsqu’il est sec, et enfin pour faire toutes sortes de: machines et d’ouvrages qui exigent de la force, tels; que des presses, des écrous, des plateaux pour desi chanteaux de rouets de moulins, des tables de cui-■ sine et des blocs.

On en fait des tuyaux pour la conduite des eaux,