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Tome second.
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Ions que l’on (cherchait à multiplier, détruiraienteux-mêmes les ressources qu’on leur offrit; maison s’aperçut enfin qu’il fallait soumettre 4 eur jouis-sance à des règle», pO#r prévenir la ruiné ttiteledesforêts. Ce fut l’objet d’un grand nombre de règlemens, ^lont la sévérité augmenta à mesure que lesexcès se multiplièrent. On commença par défendrele pâturage dans les parties où le bois n’était pas as-sez élevé pour êtTe liors de la portée des bestiaux.C’qsf; ce que porte une charte de 1220, qui ordonnequelles religieux de Fromont ne pourront intro-duire leurs bestiaux dans les taillis avant que lesbois puissent se défendre : Non utentur illâ pasturdquousquç taillerum in tantum, excreverit, quoddeani-malibus se deffendere possit. Cette disposition a étérépétée dans les ordonnances de i 3 i 8 , i 4 c^ftC.i 5 i 5 ;dans un réglement des juges en dernier r 9 ïsort deNormandie , du 3 août 1 553 j dans le réglement dela Table de marbre, du 20 août 1582 ; dans l’or-donnance de i 5 97, et de la manière la plus explicitedans l’ordonnance de 1669.

On reconnut aussi que lorsque les troupeaux ras-semblés dans un même canton sont trop nombreux,ils dégradent les bois , parce que, ne trouvant pasassez d’herbe ,ilsbroutent tous les rejets et les bour-geons, et déchirent l’écorce des arbres , et parce que,foulant et tassant le sol sous leurs pieds, ils s’oppo-sent à la germination des semences et à toute repro-duction. Cette dégradation a donné lieu à la dispo-sition des ordonnances, qui veut que les officiersforestiers déterminent le nombre des animaux quipeuvent être admis dans chaque canton déclaré dé-fensable , et que ce nombre soit réglé d’après ce queles ordonnances appellent la possibilité des forêts.

C’est d’après ce principe que l’ancien conseil d’é-tat ordonnait quelquefois la fermeture d’une forêtpendant un certain temps, et en interdisait l’entréeabsolue aux bestiaux des usagers, ainsi qu’on levoit par plusieurs arrêts, entre autres par celui du26 mars 1777 , pour les forêts de Roumare , Lalondeet Rouvray, en Normandie . V. Bestiaux.

La population s’étant multipliée, on ne distin-guait plus les véritables usagers de ceux qui enavaient usurpé la qualité. Plusieurs ordonnancesprescrivirent à tous ceux qui se prétendaient fondésà exercer le pâturage , de produire leurs titres deconcession , défendirent à ceux qui ne pourraientjustifier de leurs droits d’en user à l’avenir, et il futsévèrement interdit aux usagers de céder leurs droitset d’admettre dans leurs troupeaux des bestiaux depersonnes non usagères. Ce fut pour assurer le succèsde ces dispositions qu’il fut ordonné de marquer lesbestiaux des usagers.

Le droit de pâturage n’avait été accordé que pourles bestiaux de l’exploitation des usagers , ce que lesordonnances appellent de leur nourrit , nourriture ouentretien ; il leur fut défendu de comprendre dansles troupeaux admis au pâturage les bestiaux dontils feraient trafic ou commerce.

Il était important d’empêcher chaque particulierd’user de son droit individuellement, parce que lasurveillance serait devenue impossible et que lesdélits se seraient multipliés à l’excès , étant excitéspar l’intérêt privé. Les réglemens voulurent en con-

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séquence que les bestiaux de toute une paroisse usa-gère fussent réunis sous la garde cfun pâtre commun,dont les habitans seraient responsables.

En vain on aurait prescrit toutes cés précautions,si on eût pris des mesures po'ur empêcher la diva-gation des bestiaux, et c’est dans ces vues que lesordonnances ont prescrit de conduire les bestiauxpar le même chemin pour aller et pour revenir, etde leur attacher des clochettes au cou , dont le sonpût faire connaître aux gardes forestiers le lieu^ùils pâturent, çfc,aux pâtres cenx où les -bêtes peuvents’éçhapper,et causer du dommage. V. , fqrjÇCç dif-férentes dispositions, le mot Bestiaux.

Les animaux causent plus ou moins de domma-ges , suivant leur espèce : les chèvres et moutons re-cherchent les feuilles et les bourgeons des arbres depréférence à l’herbe, en mangent l’écorce, et leurbrout est mortel : ces motifs les ont fait bannir desforets en toute saison , et à cet égard il y a uni-formité dans les ordonnances et les coutumes, tantpour les bois du domaine que pour ceux des com-munes et des particuliers. (V. Chèvre.'] Les bœufs etles vaches sont moins destructeurs , et cependantils recherchent aussi les feuilles et les bourgeons, etsavent les atteindre à une assez grande hauteur. Leschevaux et les ânes font moins de tort que ces der-niers lorsqu’ils ne sont pas rassemblés sur un mêmepoint en trop grand nombre; car, dans ce cas, leschevaux mangent des branches de l’épaisseur dudoigt, rongent l’écorce des arbres, et lorsqu’ils sontrassasiés, ils se couchent et se roulent; ce qui causeun dommage énorme. Les jeunes chevaux sont ,sous ce rapport, les plus dangereux. Les porcs man-gent les glands et les faînes , fouillent la terre avecleur boutoir , déracinent les cépées et culbutent lessemis; ils causent donc un double dommage en dé-truisant le bois et en s’opposant au repeuplement;mais leur introduction dans les forêts peut avoirlieu lorsque la glandée est abondante , et ces ani-maux sont même utiles dans les hauts taillis et dansles futaies, par les fouilles qu’ils y font, et qui pré-parent le sol à recevoir des semences. V. Glandée.

C’est d’après la considération du plus ou moinsde dommage causé par chaque espèce de bétail quel’ordonnance de 1669 a réglé les peines.

Si aux ravages que causent les animaux domes-tiques dans les bois on ajoute ceux qu’occasionnentles animaux sauvages, on 11e sera point étonné de laprompte dégradation que l’on remarque dans plu-sieurs forêts : les chevreuils, les daims et les cerfsmangent l’extrémité des jeunes pousses, dépouillentles arbres de leur écorce, et brisent les jeunes arbres,contre lesquels ils se frottent ; les lapins mangentles jeunes pousses et écorcent les tiges ; les lièvresfont moins de tort, et cependant ils en font beau-coup ; les sangliers culbutent les semis pour enmanger les glands ou pour y trouver des larve*d’insectes; enfin les mulots, lorsqu’ils sont très-multipLiés , causent aux jeunes taillis plus de dom-mages que tous les autres animaux.

Nous ne parlons ici des dégâts causés par les ani-maux sauvages que pour mieux faire sentir la néces-sité d’épargner aux forêts lé pâturage des animauxdomestiques , et il ne nous sera point difficile^ de

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