Band 
Tome second.
Seite
477
JPEG-Download
 

PAT

à l'amélioration, car on neconserve et on ii’ainéltoreque pour jouifi

» Or, il existé un rèmêde légal à ees'graVesdh-fconvénieils yet'cfe remède est le Cantonnèrrveht! (V.ce mot. 1 ) L-effet de cette mesure est de conférer 1 àl’usager la prdprîété absolue d’une partie de la fo- :rét sur laquelle il exerce des droits, en affrancltîs-sant la portion qui reste au propriétaire. '

» Le cantonnement est sur-tout dans l’intérét duprbpriétaire t pat* cette sorte de partage, il s’affran-,cbit d’une partie''des contributions et des frais dégarde; il acquiert l’avantage inappréciable de deve-nir maître 1 chez-Kii, d’êtré à l’abri des procès, descontestations, et de pouvoir se livrer à des amélio-rations, dontil a la certitude de retirer seul tous lesfruitsi

» D’un autre côté, le cantonnementfavorisel’usa-gdr lui-même, puisqu’il son tour il devient proprié-taire d’uhe partie-du fonds sur lequel il n’exerçaitque de simples fiicultés; enfin l’intérêt public sol-licite l’affranchissement dë tous les terrains grevésd’usages, comme l’unique moyen d’ouvrir toutes lesvoies de prospérité qui dérivent de la propriété ex-clusive. »

M. Mallet, ancien conservateur des forêts à Poi-tiers , a développé, dans un rapport lu , en 1808, àla commission consultative du département de laVienne , établie pour l’examen d’un projet de Coderural, les funestes effets du pâturage dans les forêtsde son arrondissement ; 4° ans d’expérience luiavaient appris que, malgré toutes les précautions ettoute la surveillance que l’on puisse apporter dansl’exercice de cette faculté, il n’y a point de possi-bilité de sauver les forêts de la dégradation tantqu’elle existera ; les bois même défensables ne sontpoint à l’abri des dommages, parce que les boeufssavent très-bien faire plier les gaulis sous leurs cor-nes pour en manger les bourgeons, qu’ils préfèrentà l’herbe, parce qu’ils broutent ou détruisent avecleurs pieds les jeunes plants venus de semence , etparce qu’ils enlèvent au sol forestier une produc-tion destinée à lui servir d’engrais et à favori-ser le développement des germes. Un terrain battusans cesse par le bétail ne présente qu’une surfacearide , dégarnie de toute espèce de plantes, et in-capable , au moins pour long-temps, de recevoir denouvelles productions. Que ceux qui doutent en-core des effets destructeurs du pâturage, disait cedoyen des forestiers, parcourent avec moi les ar-rondissemens de Montmorillon et de Civray , je leurdirai : « Cette étendue de bruyères, dont vous nepouvez apercevoir les limites, était autrefois cou-verte de bois; ici, existait la forêt de Lans; là, cellede la Chavaigne; plus loin , celle de la Donssière;de ce côté, la petite forêt du Roi ; de cet autre, cellede Guiliemans, celle de Jean, celle d’Usson et cellede laGatine, qui unissait pour ainsi dire la forêt deChauvigny à celle de l’iumartin; en un mot, toutecette contrée était couverte de forêts, qui ont toutesdisparu sous la dent des bestiaux ; il ne reste plusque cette mer immense de bruyères, où l’œil 11erencontre plus un seul arbre; et si nous pénétrionsdans quelques-unes de ces chaumières é| arses à degrandes distances les unès des autres , nous y trou-

PAT 4 77

venons des habittfiiï 1 dafet 1 lèTênApâlc et lividç aii-

E Once la plus proFdWde'rtuiéjféyèfqujsiem bien (avoirégénéré de l’espèce ’humamé 1 , "comi’nè les faiblesanimaux qu’ils entretiennent flairç çeS landes ç>njtdégénéré de leurs races. » ' ,

M. de Perthuis, que l’on rétrauve toujours parmiles grârfdes autorités en matière fôiestière , partagel’opîrrfon de ceux qui appëüént par leurs voeux. lafupjiressioiidu droit de pâturage.^ Il 4sl,imç qu^ jjp^(i Unifions d’héctarés dë bois qu’il suppose, existerin Pratiëe j'sônt lé’é ll rëstèÿ dëjilùs de.40 'million^,d’hectares qu’elle possédait il y à 2000 «yiset; il ept

Î iersuadé que, dé tousles bois détruits en Fçaijco 1a main des liomntes n’en a peut-être pas détruit \kvingt-cinquième partie , et que le surplus l’a £té par,les animaux broutans.

L’hom me d’ailieurs peut bien préjudiciera l’abon-dance des bois en les coupant prématurément ; majjscet abus ne nuit pas à leur reproilpction , et il ne,peut détruire les bois qu’en lés arrachant.

11 n’en est pas de même' des animaux broutais ;les bois qu’ils fréquentent habituellement sont dé-truits en plus ou moins de temps, suivant qu’ils sontexposés au parcours dans un âge plus ou moinsavancé.

Le pâturage dans les forêts lui parait, au surphis,d’un bien faible avantage pour les usagers ; l’herbequi y croît, ordinairement privée de lumière et com-posée de plantes pour la plupart sans saveur çt demauvaise qualité, est peu recherchée par les bes-tiaux , qui ne la mangent que parce qu’ils 11’eutrouvent pas d’autre. Ce n’est guère que dajis lesclairières et sur la lisière des bois qu’ils trouventune herbe nourrissante et saine. Les jeunes taillisoffrent bien quelques ressources pour le pâturage;mais c’est précisément dans les jeunes recrus qu’ilfaut l’interdire, parce que les bestiaux en mange-raient les bourgeons, et ne brouteraient l’herbe quelorsque cette première ressource serait épuisée; sidonc on le restreint aux cantons véritablement dé-fensables, il se réduit à une nourriture très-médio-cre , et 5 o arpens d’un semblable pâturage ne repré-sentent souvent pas le produit d’un bon arpent deprairie artificielle.

Il faut, en effet, que l’exercice du pâturage dan?,les forêts soit bien peu favorable aux bestiaux ; cartoutes les races qui vivent habituellement dans lesbois n’offrent que des sujets dégénérés : tels sontleschevaux et les vaches des Ardennes , d’une partie duHainaut, du Luxembourg , etc.

La crainte qu’on a manifestée que la suppressiondu pâturage ne fit abandonner l’éducation des bev»tiaux et n’occasionnât le délaissement des terres cul-tivées, est tout-à-fait cliirntrique , puisque ce droit,renfermé dans ses limites légales, peut être remplacé,avec bien plus d’avantage par des prairies artificielles.D’ailleurs, sur environ soixante mille communesdont la France est composée, il y en a au plus quinzemille qui jouissent de la faculté de conduire leursbestiaux dans les bois : il en reste donc quarante-cinqmille qui n’en jouissent pas. Les terres de ces der-nières sont-elles incultes? Ne représentent-elles pasau contraire une population plus grande, des bestiauxplus nombreux, une agriculture mieux entendue