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et des récoltes plus abondantes? Ainsi, ajoute M. dePertbuis, ce droit est non-seulement destructeur desbois, mais il est encore nuisible à l’agriculture,parune plus grande perte d’engrais, par les obstacles quecette jouissance trop facile oppose à son perfection-nement , et par la dégénération des races de bes-tiaux; et la suppression d’un droit semblable.; loind’être une calamité , serait un véritablp bienfait.
Les auteprs forestiers étrangers partagent l’opi-nion commune sur les abus du pâturage,
M. Hartig le regarde comme l’un des plus grandsfléaux qui affligent les forêts, et il en demande lasuppression totale , ou au moins la réduction dansdeslimites tellement circonscrites , qu’on ne puisseplus en redouter les excès. Ce droit est, à ses yeux,un obstacle à l’établissement des prairies artificiel-les , à l’amélioration de l’agriculture et au défriche-ment des terrains incultes. Toutefois, il pense que,dans les pays où le fourrage est très-rare, on peutpermettre de couper les herbes dans les taillis à desjours déterminés , et sous la surveillance des fores-tiers , et qu’on pourrait même permettre , dans l’an-née qui précède l’exploitation d’un taillis, d’en cou-per les jeunes branches chargées de feuilles, aprèsla seconde sève, pour en faire des fourrages d’hiver.11 est certain que ces deux moyens produiraient degrandes ressources sans avoir les inconvénlens dupâturage ; mais ils exigeraient aussi une surveillancerigoureuse.
M. de Burgsdorf dit qu’on ne peut compter surla reproduction des bois dans les cantons livrés aupâturage , et il établit la nécessité de mettre en dé-fends les parties de bois qui ont besoin de se repeu-pler. Les règles qu’il trace à cet égard sont rappor-tées dans le second volume de ma traduction de sonouvrage, p. 344 ù 34 7- Il s’abstient de traiter laquestion de savoir si on doit supprimer entièrementle pâturage; mais il insiste au moins sur la néces-sité de faire contribuer les usagers à l’entretien desforêts , et il rapporte les rescrits du roi de Prusse ,de 1785 et 1788, qui règlent la proportion dans la-quelle chaque usager doit contribuer au repeuple-ment des forêts.
M. Trunck , grand-maître des eaux et forêts duBrisgau , place aussi le pâturage au nombre descauses du dépérissement des forêts, et il le considèrecomme étant bien plus nuisible à la société qu’il nelui est utile. Jamais un bois soumis au parcours neproduira des tiges bien filées, parce que les bes-tiaux en détruisent la consistance serrée , dévorentla cime des jeunes brins et foulent le sol sous leurspieds.
Les bois composés de bouleau , d’aune, de cou-drier , de pin et sapin , sont moins exposés aubrout des bêtes à cornes que les autres bois, à causede la saveur amère de leurs feuilles ; cependant ilfaut éviter d’y réunir dans un petit espace un tropgrand nombre de bestiaux , qui , étant pressés par lafaim, y causeraient beaucoup de dommages; maisc’est sur-tout dans les taillis de chêne , de hêtre , defrêne , d’érable , de charme et autres bois à feuillesque les bestiaux sont redoutables; ils en courbentles branches avec leurs cornes et en broutent les ex-trémités. Cet inconvénient a lieu principalement
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vers la fin du printemps, aux mois dé mai et dejuin, lorsque les jeunes pousses sont tendrei et'suc-culentes,, ou quand, après de grandes cïialeiirs , tapluie et la rosée du matin leur ont rehdu leuf fraî-cheur. On doit donc éviter de mener les bestiauxdans les bois avant l’époque où les nôùvetlés poüSsèsaient.acquis la consistance du bois et perdu cettesaveur succulente dont ils sont avides. C’est par'éemotif que M. Hartig, d’accord avefc' le prescrit dédifférens réglemens , ne veut pas qu’oh introduireles bestiaux dans les bois avant la fin de mai." " II
M. Laurop, grand-maître des forêts du gràâiïl-duché de Bade , et auteur d’un bon ouvrage sur l’é-conomie forestière , pense que le pâturage dans lesbois situés en montagnes est trop nécessaire auxha-bitans pour qu’on puisse le supprimer dans ces lo-calités ; mais il est d’avis que l’exercice de ce droitne peut s’allier avec la conservation des forêts qtl’aü-tant qu’il sera restreint dans de justes bornes. 11 nefaut pas, dit-il, livrer trop tôt les coupes au pâtu-rage; mais il ne faut pas non plus trop prolonger lamise en défends; les herbes diminuent à mesuré quele bois grandit, et si les bestiaux ne trouvent plusd’herbe, ils attaquent le bois, notamment au prin-temps, où les jeunes pousses sont plus délicates.D’un autre côté, si on tient un bois trop long-tempsen réserve, les habitans sont plus disposés à fairepaître en délit, et à resserrer leurs bestiaux sur unseul point pour n’être point découverts, ce qui causesouvent des dégâts irréparables; enfin il y a encoreun inconvénient à laisser croître trop d’herbe dansles taillis, elle étouffe les jeunes plants et sert derefuge aux mulots.
Mais le parcours, dit cet auteur, ne doit êtrepermis que vers la fin de l’été, époque à laquelle lespousses de l’année sont transformées en bois, et oùl’abroutissement n’est pas à craindre, parce que lesbestiaux sont moins avides de fourrage vert qu’auprintemps. Toutefois, la surveillance sera toujoursen raison de ce que le bois sera plus jeune.
Voici, au surplus , quelques-unes des règles tra-cées par M. Laurop sur l’exercice du pâturage :
I. Il faut consulter, pour ouvrir une coupe aupâturage, la nature du bois qui la compose , son ac-croissement et les circonstances locales, et ne pastoujours se diriger d’après l’âge du bois, attenduque souvent un canton, quoique beaucoup plusjeune qu’un autre, peut être défensable lorsquei’autre ne l’est pas encore. Les bois résineuxpéuventêtre ouverts au pâturage avant les bois à feuilles,parce qu’ils sont rarement attaqués par les bestiaux.Parmi les taillis de bois à feuilles, ceux de bouleauxet de coudriers peuvent être livrés au pâturage avantles autres, parce que la saveur amère de leursfeuilles les préserve ordinairement de la dent desbestiaux. Quant aux autres taillis, il est nécessairequ’ils soient au-dessus de la portée des bêtes à cor-nes; mais on peut poser pour règle générale quequand rien ne retarde la croissance d’un bois , onpeut déclarer défensables les coupes de bois à feuil-les et les bois résineux qui ont de 5 à 6 ans, et lessemis qui ont de 9 à 10 ans.
II. Lorsqu’on est obligé, soit à raison de la grandequantité de bestiaux qu’il faut élever, soit à raison