Band 
Tome second.
Seite
497
JPEG-Download
 

PÉP

de profondeur, et débarrassé avec soin des pierrés etracines d’arbres, du chiendent, du liseron , et d’au-trei plantes -vivaces qui peuvent s'y trouver. Plus lesol aura été remué, divisé, changé de place, et mieuxles arbres prospéreront; en conséquence, le défon-ceihent à la pioche sera employé, autant que pos-sibléy dè jifélérenceà tout autre, parce qu’il opèreune jiVision plus complète et plus profonde. V.Défoncement.

Cependant il faut consulter la nature du terrain,pour saÿtiirà quelle profondeur le défoncement doitavoir lieu : il devra être moins profond dans les ter-raini’qtri'contiennent peu de terre végétale, parceque cette terre, trop enfoncée ou trop divisée dansson mélange avec l’autre terre, servirait moins à lanourriture des jeunes plants.

L’opération du défoncement doit être faite avantl’hiver, sur-tout si l’on se propose de semer oude planter au printemps, afin que les terres du fond,ramenées à la surface, puissent s’ameublir et s’a-mender'par Peffet des pluies, des gelées, des neigeset iês 'garde l’atmosphère. Dans tous les cas, il fautque ledéfoncement précède le semis ou la plantationdé cinq ou six mois.

§ 8. *— Des cultures les plus convenables a fairedans les parties vacantes de la pépinière.

On doit proportionner l’étendue des semis et desplantations à faire chaque année dans une pépi-nière , aux besoins que l’on aura de plants aussichaque aimée, et à cet égard on peut se régler d’a-près ce que nous avons dit au § 2. Toutefois, ilfaut profiter des années abondantes en graines, pourfaire des semis plus considérables, afin de ne pasêtre obligé d’interrompre les plantations.

Il restera plusieurs parties vacantes, notammentdans les premières années, puisque, pour avoir desplants de tous âges, ce n’est que successivement etd’année en année , que l’on doit garnir le terrain.D’ailleurs, quand un carré de semis ou de planta-tion est levé , il ne faut pas le remettre de suite enpépinière; il est utile d’y faire une autre culturependant 2'ou 3 ans.

Les plantes qu’on doit y cultiver de préférencesont les pommes de terre, les navets, le tabac etautresplantes qui ont la prôpriété de nettoyer lu terrain desmauvaises herbes, et dont la récolte se fait assez àtemps pour qu’on puisse y faire succéder les plan-tations d’autômne.

Mais il faut éviter d’y cultiver des plantes épui-santes j telles que le froment et autres graminées,qui, mûrissant sur pied, enlèvent beaucoup à la terresans presque lui rien rendre. V. Succession de culture.

Dans les pépinières qui sont à l’entreprise pourle compte de l’Administration forestière, 011 fait en-fret la valeur de ces cultures intercalaires dans leprix qü’on alloue aux entrepreneurs.

CHAPITRE II. — DES SEMIS.

§ 1 - — -Des terrains particulièrement propres auxsemis, qui se rencontrent dans les forêts.

Lorsqu’on n’a besoin que de menus plants pourformer des plantations de taillis , il n’est pas ncces-

Tome II.

PÉP 497

saire de faire la dépense d’une pépinière régulière ;il suffit de former des semis qui puissent fournir desplants de 2 à 3 ans, et l’on trouve souvent dans lesforêtsdesemplacemenslieureux pour cet objet. II estimportant de les mettre à profit dans les années abon-dantes en graines, aiflsi que cela s’est fait plusieursfois d’après les instructions de l’Administration fo-restière. V. les Circul. des 18 septembre 1807 et19 septembre 1808.

Voici un exemple de terrain particulièrementpropre à former un semis.

En 1818, M. d’André, intendant des domainesde la couronne, qui s’occupe, avec autant de zèleque de lumières , de la propagation des arbres indi-gènes et exotiques, avait à former dans le bois deBoulogne, près Paris , un semis considérable dechênes et de noyers d’Amérique , dont mon estima-ble collègue et ami, M. Michaux, lui avait procurédes semences. Nous recherchâmes ensemble un localqui pût réunir à-la-fois un terrain substantiel, unefraîcheur suffisante et quelques abris. Nous trouvâ-mes toutes ces conditions près d’Auteuil, sous unevieille futaie de chênes très clair-semés. Le terrainest en pente douce, composé de sable mêlé d’un peude terre de bruyère, et dont la fraîcheur est entre-tenue par quelques légères infiltrations d’eau quiviennent de la partie supérieure, où se trouve unemare constamment remplie d’eau. L’ombre très-légère que projettent les arbres et qui varie avec lecours du soleil, suffit pour défendre le semis de lasécheresse et pour dispenser de tout arrosement. Lesgraines d’Amérique ont été semées en rayons très-espaces , sur un défoncement total du terrain ; jamaissuccès 11’a été plus complet, et aujourd’hui (i 825),les plants de plusieurs espèces de chênes ont de 12à i 5 pieds d’élévation. Cependant les semis ont étéfaits au printemps de 1818, année remarquable parune longue sécheresse.

Cette expérience a produit un autre résultat bienimportant pour l’économie forestière, et qui justifiel’excellente méthode des repeuplemens naturels.L’emplacement de la pépinière ressemble, à raisondes arbres-futaies qui s’y trouvent, à ce que les Al-lemands appellent une licht-schlag, une coupeclaire. Les labours faits sous ces arbres, où depuis100 ans il ne levait pas un plant, à cause du gazonqui recouvrait le sol, ont donné lieu au développe-ment d’une multitude de glands tombés naturelle-ment des arbres en 1818. C’est ainsi qu’on devraitrepeupler les vieilles futaies, eu faisant servir lesarbres à l’ensemencement du sol par le moyen d’unelégère culture.

§ 2. De la préparation du terrain pour semis.

Outre le défoncement du terrain, exécuté 5 à 6mois avant l’époque du semis, on donne une nou-velle préparation au moment d’exécuter le semis. Ondivise bien la terre et on la prépare comme celled’un jardin potager; mais comme le terrain ainsi di-visé pourrait se dessécher, sur-tout lorsqu’on opèreau printemps, on a soin de le raffermir, soit en mar-chant dessus, soit en y faisant passer le rouleau.

On partage l’emplacement eu planches de 4 à 5pieds de largeur, entre lesquelles on laisse des sen-

65