PÉP
leur en donner que dans les grandes sécheresses. Ilen doit être de même à l’égard du cèdre rouge deVirginie et de toutes les autres espèces de genévriers.Quant au mélèze, aux cyprès de toute espèce et auxthuyas, ils aiment un peu d’humidité.
Parmi les bois à feuilles , les espèces suivantes ontbesoin de beaucoup de fraîcheur dans les pépinières-semis; savoir , les érables d’Amérique , les plata-nes , l’aune commun, les daphnés , les frênes, l’hip-pophaé, le tulipier, les espèces du genre néflier , lechêne rouge et le chêne des marais du nord de l’A-mérique , la bourdaine , l’épine blanche, le sureau,le stapltyléa, l’if, l’orme à petites feuilles (u/mussaliva)y et l’orme d’Amérique, le tilleul, et toutesles myrtilles et les viornes.
Les espèces qui préfèrent un terrain moins frais,pourvu qu’il ne soit passée, sont celles ci-après :nos érables, les bouleaux d’Amérique , l’épine-vi-nette', lé marronnier d’Inde, le micocoulier, la clé-matite , l’arbre de Judée, le ceanothus de Virginie ,le baguenaudîfef, les cornouillers, les noisetiers,les sorbiers, le faux-êbénier, le fusain, le châtai-gnier, le hêtre, le robinier, le noyer, les chèvre-feuilles , les mûriers, les pruniers, les cerisiers , lespoiriers, les pommiers, les chênes, les Sorbiers etl’orme champêtre ( ulmus campes tris).
Les espèces qui réussissent sur les terrains secs,dans le sable et l’argile mêlée de terre végétale,sont: notre bouleau, la bruyère, les genêts, l’a-mandier, le pêcher, le sumac.
§ 4- — De la manière d’exécuter l’ensemencement.
On trace, dans la largeur des planches dont nousavons parlé, des rayons à la distance de 6 poucesentre eux , avec un bâton ou avec une serfouette,sur une ligne 1 marquée au cordeau, et l’on donne àces rayons la profondeur qu’exige l’espèce de semencequ’on doit y déposer.
En tète du premier rayon , on enfonce un piquetnuméroté , et l’on sème de rayon en rayon L’espèce;de graine dont le numéro porté sur le catalogue cor-;respond à celui du paquet de graine. On continueainsi pour chaque espèce de graine, que l’on indiquetoujours par un numéro.
L’ordre que nous indiquons pour l’exécution dessemis n’est point une chose superflue; il a desrésultats importans :
i°. On évite les erreurs et la confusion dans lareconnaissance des espèces; 2°. on remarque plusclairement les progrès des semis ; 3°. les arrosagesdes rayons se font avec facilité; 4°. chaque plant a lemême espace des deux côtés du rayon, pour y éten-dre ses racines et ses branches ; 5°. l’extraction desherbes se fait avec une grande facilité, en raison desrayons, en ligne droite et à une égale distance, quipermettent d’enlevér les herbes de plusieurs ma-nières sans arracher les plants; 6°. l’œil non exercédes ouvriers les distingue mieux des mauvaises her-bes ; 7 °. enfin l’extraction des jeunes plants est bienplus facile et cause bien moins de dommages en !rayons que dans un semis plein.
Les semences ne doivent être ni trop serrées nitrop écartées dans les rayons. Il faut avoir soinde ne point les jeter par tas sur la même place , mais
PÉP 499
bien de les répandre les unes près des autres, et demanière qu’il reste un peu de place entre chacune.
Nous avons fait connaître, aux différens articlesqui traitent des arbres, les semences qui n’ont pointbesoin d’être recouvertes, celles qui veulent unecouverture légère, et celles qui en exigent une plusforte. Ces indications se trouvent d’ailleurs réuniesà l’article Semis . V. cet article.
Il est prudent quand on fait les ensemencemensd’une pépinière, de commencer par les plus petitesquantités de semences ou celles auxquelles On atta-che le plus de prix. On réserve pour la fin les se-mences les plus communes ou celles dont on a lemoins besoin, afin que si l’espace vient à manquer,ou ait moins de regrets.
Quant aux quantités de semences à employer,nous les avons indiqtiées en parlant de chaque espèced’arbre ainsi qu’à l’article Serais.
§ 5. — Visite du semis.
Il est utile autant qu’agréable de faire de fré-quentes visites dans les pépinières. On pourvoit auxbesoins des plants, on en remarque les progrès,on reconnaît les variations qu’éprouvent les ar-bres suivant leur âge et notamment dans leur jeu-nesse, où ils diffèrent souvent beaucoup de ce qu’ilssont dans l’âge adulte; on apprend à bien distin-guer les espèces , et en général c’est le meilleurmoyen d’étudier les arbres et d’en apprendre la cul-ture et les différens degrés d’utilité.
§ 6. — De l’utilité des binages et de l’extractiondes herbes dans tes semis.
L’expérience prouve que les semis ne peuventprospérer et qu’ils finissent par périr lorsque le ga-zon et les grandes herbes s’y établissent. La raisonen est simple : les herbes s’emparent dans le sein dela terre des substances qui profitaient aux plants dusemis; en recouvrant le sol , elles les privent enmême temps des principes de fécondité que les pluies,la neige, l’air et la chaleur procuraient à la terre.De là, la nécessité des binages et des sarclages, quienlèvent ces avides parasites, ameublissentle terrainet le rendent à l’influence des météores.
Il n’y a qu’un petitnombre d’espèces d’arbres qui,étant très-délicats dans leur enfance , puissent avoirbesoin del’abri des herbes contre la chaleur ou les ge-Iées;et de ce nombre sont les pins et sapins, dont lesjeunes plants sont d’ailleurs si faibles, que l’extrac-tion des herbes ne pourrait guère se faire sans en enle-ver une partie. Mais à l’égard de la plupart des ar-bres, les sarclages sont d’une nécessité indispensable.
L’extraction des herbes se fait très-facilement aumoyen du hoyau ou de la binette dans les lignesdroites qui séparent les rayons semés, et il n’y aque dans les rayons eux-mêmes qu’on soit obligéd’arracher les herbes à la main.
Les sarclages et les binages se répètent autant defois que le besoin l’exige , eu égard à la nature duterrain et aux espèces de plantes ; mais ils ont lieuau moins deux fois par an, au printemps et en au-tomne. On doit toujours arracher les herbes, avantqu’elles soient montées en graine , pour en éviterla niultiplicatiôn.
03 4