5oo P É P
§ 7. — Des ennemis dont il faut défendre les semis.
Plusieurs animaux conspirent à la destruction dessemis, soit en mangeant les semences, soit en en-dommageant les plants : tels sont les lapins, leslièvres , les bêtes fauves et les sangliers. On peut,par une bonne clôture, leur en interdire l’entrée;mais il est d’autres ennemis, tels que les mulots,les taupes, les vers blancs , les courtilières, les li-maçons, les chenilles et les sçarahéès, dont il estbien difficile, pour ne pas dire impossible, de garan-tir (es grandes pépin'ères. Lorsque le semis n’oc-cupe qu’environ un demi-arpent (25 ares), et qu’ils’agit de co'nserver des plants rares et précieux, onpeut tenter quelques moyens et en attendre du suc-cès , si l’on s’y prend avant que le dommage soitconsidérable.
Les mulots et les taupes se prennent dans despièges; on détruit aussi les premiers en les empoi-sonnant avec de petites boules de drêclte, mêléesd’arsenic, que l’on jette à terre après les avoir faitdurcir. On peut encore en détruire, en leur don-nant des carottes empoisonnées. Toutefois, cesmoyens ne sont point sans inconvénient. V., au sur-plus, les articles Courtilière , Hannetons, Insectes ,et Mulot.
§ 8. — Des précautions à prendre pendant l’hiver.
Les jeunes plantes délicates sont exposées à plu-sieurs sortes de dangers pendant l’hiver; savoir ,
i°. La gelée, qui endommage leur tige ou leursracines ;
2°. La surabondance des neiges, qui s’élèvent quel-quefois à la hauteur des clôtures, et favorisent l’in-troduction des lièvres dans la pépinière , où ils cau-sent, à cette époque, de grands dégâts;
3 °. Le dégel, qui gonfle la terre et met les raci-nes à découvert;
4 °. Les mulots, qui se retirent dans les semis pen-dant l’hiver, et y dévorent les semences non encorelevées et les racines des jeunes plants.
On perd heaucoüp de plants, même des espècesindigènes, pendant l’hiver, lorsque l’été a été froidou pluvieux, que les semences ont levé tard et queles jeunes plants ont continué leur croissance fortavant dans l’automne sans que les pousses aient eule temps de s'aoûter. Dans ce cas, la gelée les faitmourir souvent jusqu’au collet de la racine.
On reconnaît que les pousses de l’année sont aoû-tées , à la formation des boutons de la partie supé-rieure ou moyenne de la tige; à la fermeté et à lasolidité des dernières feuilles; à la dureté et à l’étatligneuxet non herbacé des brancheset des rameaux.Tous les plants qui présentent cet état complet devégétation, n’ont point besoin d’abri contre les froidsde l’hiver, à moins que ce ne soient des espèces despays chauds.
Quant aux autres, il est nécessaire de leur enprocurer. Parmi les espèces qui, dans les climats unpeu au nord, restent délicates la première année,on remarque ordinairement les amandiers , les pê-chers , l’ abricotier , le noyer , le micocoulier , Varbrede Judée , le baguenaudier , le châtaignier , les cy-près, le tulipier , le liqtiidanibar, le mûrier, le pin
PÉP
maritime , le peuplier d’Italie , les chênes verts , lerobinier , le saule-pleureur , le thuya d’Orient.
Pour préserver de la gelée les plants de ces es-pèces, on lescouvre pendant l’hiver de feu il les mor-tes, à la hauteur de 4 à 5 doigts, et ou complète lacouverture avec de menues ramilles ou avec devieilles nattes. On ne doit pas se servir de paille,attendu que les mulots ne manqueraient pas de s’yétablir et de faire beaucoup de tort au semis.
Il faut avoir soin de n’enlever que petit à petitles couvertures de ramilles à l’approche du prin-temps , lorsque les grands froids sont passés , afind’habituer insensiblement les jeunesplantsà recevoirl’impression de l’air libre.
Quant à la couverture en feuilles mortes qui gîtsur le sol, on peut la laisser jusqu’à la pousse desfeuilles.
Lorsqu’il y a beaucoup de neige, qu’elle s’élève àla hauteur des clôtures , et qu’il gèle assez pour luidonner de la consistance, il arrive quelquefois queles lièvres s'introduisent dans 1 * pépinière; il fauty veiller pour leur ôter cet açc<)s , en détournant laneige de l’approche des clôtures ; sans quoi, une seulenuit suffirait pour qu’il se fit de grands dégâts. Ondoit aussi , lors de la fonte des neiges , procurer unprompt écoulement aux eaux f i poqr éviter les dé-gradations que leur séjour pourrait Qccasionner.
Les semis faits sur les terrains qui se gonflent parl’eau des neiges , de même que sur ^qctix qui sonttrop légers et sablonneux, présentent,, â la fin del’Inver, un spectacle singulier, mais fâcheux. Lagelée , par son action sur l’eau , en augmente le vo-lume, ainsi que celui de la terre; elle exhaussecette terre et à-la-fois les jeunes plants , dont lesracines ne sont pas bien fixées dans un semblableterrain. Lorsque la terre reprend son assiette , onvoit les jeunes tiges couchées à la surface du sol,comme si on les avait arrachées avec précaution. Ilfaut se hâter, aussitôt le dégel, de les renfonceravec le doigt, et de les repiquer soigneusement, sil’on ne veut pas tout perdre.
Au moyen des attentions minutieuses , mais né-cessaires , que nous venons de recommander, l’onévitera beaucoup de pertes pendant le premier hi-ver , et l’on assurera les progrès des semis dans lasaison suivante.
La plupart des semences restées en terre lèveront,même celles des espèces qui ont déjà levé la pre-mière année.
Le nettoiement des herbes, avant qu’elles se soientfortifiées et qu’elles soient montées en graine, con-tinuera d’avoir lieu très-soigneusement.
On renouvellera les numéros indicatifs des es-pèces d’arbres qui se seraient effacés, et on porteraun œil attentif sur tout ce qui pourrait causer dudommage dans le cours de la seconde année.
$ 9. — De la nécessité de ne pas trop différer latransplantation, des jeunes plants du semis.
Il est important, pour le succès des plantat’ons,de préparer de bonne heure les jeunes tiges à subirla transplantation, que l’on peut regarder commeune opération contre nature : le succès sera d’autantplus assuré que ces plants seront plus jeunes.