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Il est bon de laisser entre les plants un petit creuxdans la rigole lorsqu’on les recouvre, et d’y verserde l’eau avec un arrosoir, afin de fixer la terre meu-ble sur les racines. Cet arrosage , fort utile en touttemps et dans toutes les circonstances , contribueinfiniment à la réussite de la plantation.
Après l’arrosage, on achève de remplir la rigoleavec de la terre , en se servant d’une pelle , et l’onappuie sur la terre avec le pied gauche dans la lon-gueur de la rigole pour l’affermir ; mais on évitede piétiner trop près du plant. On ne doit pas , engénéral, enterrer les plants plus profondément qu’ilsne l’étaient dans le semis. Cependant il faut avoirégard à la nature du terrain : par exemple, on lesenterre à 5 pouces dans les terres légères et très-doucçs; à4 pouces, dans celles qui ont plus de con-sistance , et à 3 pouces dans les terrains humides.
Lorsqu’une ligne est plantée, on en forme uneautre de la même manière , et l’on continue jusqu’àce qu’on ait épuisé tout l’assortiment des plus fortsplants de l’espèce ; ensuite on plante ceux qui sontd’une grosseur moyenne, et enfin les plus petits.On procèdq de même à l’égard des autres espèces.
Observons que l’on plante en damier, afin quechaque plant trouve plus d’espace pour étendre sesracines.
$ 3 . —- Des binages des plantations en.pépinière.
Les herbes qui sont nuisibles aux semis le sontencore aux jeunes plantations.
La première année, la plantation doit être binéeau moins deux fois pendant l’été , et labourée à labêche au moins une fois pendant l’hiver. Ces bi-nages et ces labours sont d’une grande utilité pourtenir la surface de la terre meuble et nettoyée demauvaises herbes. Ils doivent être faits avec précau-tion , pour que les racines ne soient pas blessées nidéchaussées. On choisit pour les entreprendre untemps où la terre ne soit ni trop sèche ni trop mouil-lée , afin qu’elle se divise plus facilement.
Celui qui est jaloux de tenir sa pépinière bienpropre passe le râteau sur le terrain après le binage,pour en retirer toutes les herbes et en former destas hors de l’enceinte des plantations. Il les laissesécher et se consumer, pour s’en servir au besoincomme d’engrais.
Cette pratique est sur-tout utile quand on fait lesbinages par un temps humide, parce que les plantesvivaces, quoique arrachées, reprennent facilementsi elles restent sur le terrain sans y être desséchéesparle soleil; ce qui oblige à recommencer les bi-nages plus souvent et augmente la dépense.
Mais lorsqu’on fait les binages par un temps sec,on peut laisser les herbes sur place ; elles s’y des-sèchent d’abord, se pourrissent ensuite, et procurentaux jeunes arbres un engrais naturel et sans incon-vénient, et qui rend à la terre ce que ces mauvaisesherbes en avaient enlevé pour leur nourriture.
Comme la crue des herbes et leur plus ou moinsd’abondance dépendent de la nature du sol, on nepeut fixer d’une manière positive les époques oùdojvent se faire les binages 5 mais si l’on en fait trois,comme cela est presque toujours nécessaire, le pre-mier doit avoir lieu au commencement du mois de
mai, le second à la mi-août, et le troisième vers lecommencement d’octobre.
Une attention très - importante qu’il faut avoir,est de 11e pas attendre que les graines des plantes ar-rivent à leur maturité et tombent sur le terrain ; aumoyen de cette attention et de la précaution qu’onaura eue d’extraire les racines des plantes vivanteslors du défoncement, on aura moins d’herbes àdétruire.
On continue les mêmes binages pendant les an-nées suivantes.
La dépense de ces binages varie suivant que le solest plus ou moins pur ou mêlé de pierres , plus oumoins compacte ou léger , et suivant que les herbessont plus ou moins abondantes et d’une extractionplus ou moins difficile.
§ 4 -—Des sécheresses qui peuvent arriver dans lepremier été de la plantation.
Si, la première année de la plantation, il survientune longue sécheresse, elle tue un grand nombrede plants , qui n’ont point encore pris assez d’ac-croissement. On prévient cette perte par des arro-sages , si l’on a eu soin d’établir la pépinière àproximité de l’eau. Dans ce cas , on pratique avecle hoyau une petite rigole à côté de la ligne desplants, et on y verse avec l’arrosoir autant d’eauqu’il en faut pour rafraîchir leurs racines : une jour-née d’ouvrier employé à ce travail peut sauver desmilliers de plants.
§ 5 . — De l’excès d’humidité.
L’humidité excessive d’une pépinière, causée soitpar l’effet des pluies permanentes de l’été, soit parla fonte des neiges au printemps, est un accidentqui tient à la situation de la pépinière, et qu’onn’aura jamais à redouter dans les terrains en pente,où l’écoulement des eaux est facile et sans incon-vénient , puisque la partie inférieure est destinée àl’éducation des arbres aquatiques; mais dans lesfonds où l’eau séjourne, il est indispensable d’en fa-voriser l’écoulement par des sangsues et des rigoles,dans la direction la plus favorable, suivant la dis-position du terrain.
§ 6. — Du recépage des plants.
Le recépage consiste à rabattre la tige des plantsprès de terre ; savoir , celle des plants les plus fortsà 5 pouces de terre; celle des plants de moyenneforce à 3 ou 4 pouces, et celle des plus faibles à2 pouces.
Ce recépage se fait soit aussitôt après la planta-tion , soit au printemps suivant, avant qu’ils aientfait leurs premières pousses, soit enfin à la deuxièmeou à la troisième année.
Le motif de cette opération est qu’en laissantmoins d’espace à parcourir à la sève, les plants pous-sent moins de bourgeons, et que ceux qu’ils pro-duisent sont plus vigoureux.
Mais le recépage n’est pas toujours nécessaire, etil est quelquefois nuisible.
11 faut, en général, qu’il y ait un certain rapportentre la quantité des racines et celle des branches.Si donc un plant tiré d’une pépinière est bien pourvu