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Tome second.
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de racines, il n’y a aucune nécessité de le recéper,et il y a même de l’inconvénient, puisqu’on le privede ses feuilles , qui auraient contribué à le nourrir.

l-<es recépages qu’on fait à la deuxième- ou troi-sième année sont nuisibles et retardent la croissancedu plant; on ne doit les faire que quand les jeunesarbres ont été maltraités par la gelée ou l’abrou-tissement , qu’ils languissent et meurent par le haut,ou enfin qu’ils prennent une tournure difforme qu’onne peut corriger par la taille.

Mais le recépage fait avant la première pousseest presque indispensable quand on a tiré du plantde loin et qu’il a souffert en route, ou lorsqu’il pro-vient d’un arrachis fait dans une forêt, et qu’il estmal pourvu de racines et mal conformé.

On a soin, lorsqu’on recèpe, de ne point ébranlerles racines, et de faire l’amputation au nord, pourque la plaie ne se dessèche pas trop promptement.

Lorsque la première activité de la sève est passée,au mois de juin par exemple pour le climat de Pa-ris , on détache de chaque pied la plupart des bour-geons qui ont poussé, ou, mieux , on ne laisse queles deux plus forts. Un mois pins tard, ou supprimele plus faible des deux : c’est alors que le brin con-servé prend un accroissement tel, qu’il devient sou-vent plus gros, plus élevé, et en même temps plusdroit que n’était la tige qu’il remplace. L’année sui-vante , les plants sont taillés en crochet, comme ilsera dit plus loin.

{7. — Des branches gourmandes et des doublestêtes.

Les branches gourmandes et les doubles têtes quise forment sur les plants leur nuisent essentielle-ment, parce qu’elles opèrent une déviation de lasève, qui se porte ainsi sur une partie inutile à l’ar-bre. Il en résulte d’ailleurs des arbres difformes ,qui ne viennent pas droits, et sont impropres à l’ob-jet auquel on les destine.

Il faut retrancher ces branches gourmandes et cesdoubles têtes dans le mois de juillet pour les arbresordinaires, et dans l’hiver pour les arbres résineux.

§ 8. — De l’élagage des jeunes arbres en général.

Toutes les amputations faites aux arbres leur sontnuisibles , en donnant lieu à des épanchemens desève et en privant l’arbre d’une partie de ses rameauxet de ses feuilles , qui, ainsi que les racines , sontdes organes de la nutrition. De plus , les élagagesen pépinière, tels qu’ils sont pratiqués par quel-ques jardiniers , rendent les arbres fluets , au pointqu’ils ne pourraient, si on les plantait à demeuredans cet état, soutenir leur tête , résister aux ventsni supporter le poids des neiges et des frimas ; enfinces arbres sont aussi défectueux par les racines quepar la tige, attendu que les racines ne croissent qu’enraison des branches.

Mais comme on ne peut pas toujours se dispenserde faire des élagages , du moins faut-il y procéderd’après les principes d’une saine théorie et ne pas per-dre de vue l’objet qu’on se propose , parce que sic’est pour le bois qu’on élève un arbre, on 11e peutêtre trop réservé sur les élagages, tandis que ces opé-rations sont indispensables pour les arbres fruitiers.

Les plants d’arbres forestiers qu’on destine àdes plantations en massif, n’ont jamais besoin d’êtreélagués dans les pépinières , lors même qu’on lesplanterait à demeure un peu plus âgés que ceuxqu’on emploie ordinairement. S’ils sont bien con-duits dans la pépinière et bien pourvus de racines ,on peut leur laisser toutes leurs branches et comp-ter sur un succès certain, pourvu qu’on les placedans un terrain convenable. Ces arbres reprendrontvite, et à mesure qu’ils s’élèveront, le défaut d’airralentira la croissance des branches inférieures,qui s’élagueront d’elles-mémes ; ils fourniront deplus beaux arbres, et un meilleur bois de construc-tion que ceux qu’on aura soumis à des élagages dansla pépinière.

Mais observons que pour planter avec succès desjeunes arbres avec leurs branches , il faut qu’ilssoient pourvus de bonnes racines et qu’il y ait uncertain rapport entre celles-ci et les branches ; carsi les feuilles absorbent L’humidité de l’air et con-tribuent à nourrir la tige, elles servent aussi à exha-ler les fluides contenus dans la plante, et cetteexhalation étant considérable pendant les chaleursde l’été, il faut que les pertes soient incessammentréparées par la succion des racines.

Nous avons vu périr un grand nombre de jeunesbouleaux plantés avec leurs branches et qui avaientbien poussé tant que la température avait été hu-mide, maisqui n’ontpu résister aux chaleurs de l’été.

Epoque des élagages. — Les plants, pendant lecours de la première année, poussent un grandnombre de branches latérales, que l’on doit sup-primer en partie la seconde année , si l’on veutformer des arbres d’alignement.

L’époque de l’année où l’on doit faire l’élagagede la plupart des arbres mérite une grande at-tention.

Si l’on fait une amputation à un jeune arbre ré-sineux dans le temps de la sève , la résine s’échappepar la blessure , l’arbre s’épuise et languit, s’il nemeurt pas tout-à-fait. Il faut donc , quand on a àretrancher une double tête aux arbres de ce genre,attendre l’hiver , époque à laquelle la résine a plusde consistance et moins de fluidité : la plaie a letemps de se cicatriser jusqu’à l’époque de la nou-velle sève.

On peut aussi prévenir les doubles tètes , en sup-primant en tout temps le bourgeon terminal de laplus petite tète qui se forme ; ce retranchement em-pêche à l’instant l’accroissement en hauteur de cetteseconde tête.

Si l’on élague les arbres à feuilles au printemps ,il se fait aussi une plus grande perte de sève, et ilse iorme dans le courant de l’été un bien plus grandnombre de pousses et de branches gourmandes qu’iln’y en aurait eu sans cette opération ; ce qui épuiseles jeunes arbres et nuit à la tige , qui est l’objetprincipal qu’on a en vue.

L’époque qui parait la plus convenable aux pépi-niéristes pour l’élagage de ces arbres est le milieude l’été; la pousse annuelle est alors terminée , etil reste encore assez de temps pour que les plaiespuissent se recouvrir au moyen de l’accroissementen grosseur qui se fait à cette époque et se continue