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De la germination en général et des causes quiCamènent.
La germination est la suite des développemens del’embryon , depuis le moment de sa maturité jusqu’àcelui où il se débarrasse des enveloppes séminaleset tire directement sa nourriture du dehors.
L’embryon en état de germination prend le nomde plantule. On y distingue deux parties princi-pales , le caudex ascendant ( la plumule ou tige lie ),et le caudex descendant ( la radicule). M. Mirbelob-serve que lesmots de caudex ascendantetdescendantne répondent pas rigoureusement à ceux de radiculeet de plumule; mais il ne considère, sous la déno-mination de caudex y que le corps, ou, si l’on veut,que l’axe de la plantule, et nullement les cotylé-dons, les feuilles et les subdivisions de la racineprincipale.
Le premier effet de la germination est le gonfle-ment total ou partiel de l’embryon, d’où résulte unerupture dans les enveloppes séminales.
L’évolution commence presque toujours par lecaudex descendant.
Le caudex ascendant se développe peu de tempsaprès; il commence quelquefois au-dessous des co-tylédons, et alors il les soulève et les porte hors deterre , comme dans le pin y le haricot ; et d’autresfois , il commence au-dessus des cotylédons, et alorsil les laisse dans la terre, où ils demeurent cachés,comme dans le chêne, le marronnier d’Inde , lesgraminées. Dans le premier cas, on les dit épigés;dans le second , on les dit hypogés.
Les cotylédons épigés verdissent, s’allongent, s’é-largissent, se couvrent de poils et de glandes, semarquent de nervures et de veines ; les cotylédonshypogés ne sortent point des enveloppes séminales ,conservent souvent leur couleur blanchâtre et leurforme primitive, et ils augmentent toujours en vo-lume, soit par le simple gonflement du tissu cellu-laire dont ils sont formés en grande partie , soit parle gonflement et l’accroissement de ce tissu.
Après la germination, on désigne sous le nom defeuilles séminales les cotylédons épigés, et sous ce-lui de feuilles primordiales les petites feuilles quicomposent la gemmule.
Nul doute que le périsperme ne serve de premièrenourriture à la plantule. Un embryon d’oignonretiré soigneusement de son périsperme, et placésur une terre douce et line , se conserve long-tempssans se flétrir, mais ne prend pas d’accroissement.Si on sème une graine entière, l’embryon se déve-loppe en un long fil ; l’une de ses extrémités (la plu-mule) reste engagée dans les enveloppes séminales ;l’autre (la radicule) s’enfonce dans la terre: toutesdeux tirent des sucs nutritifs, celle-ci de l’humi-dité du sol, celle-là de la substance même du pé-risperme changé en une liqueur émulsive, et cha-cune croit en sens inverse de l’autre par l’effet de sapropre succion. Quand le périsperme est épuisé , lasuccion de la racine fournit à l’entretien de toute laplantule, et l’extrémité cotylédonaire se dresse versle ciel.
Les cotylédons jouent un grand rôle à cotte pre-mière époquè de la vie. Si on les retranche dans le
potiron avant ou au moment de la germination , laplumule se fane et meurf; si on en supprime la ma-leure partie, la plante n’à qu’une végétation faible etlanguissante ; mais si on laisse subsister en entierces mamelles végétales , on peut impunément cou-per la radicule et toutes les radicelles qui se déve-lopperont durant l’expérience : la tige ne pousserapas avec moins de vigueur que si la plante fut restéeintacte. Si on divise un embryon de haricot dans salongueur, de telle sorte que chaque portion em-porte avec elle un cotylédon , ces deux moitiés sedévelopperont aussi bien qu’un embryon tout en-tier; preuve évidente que la blessure occasionnéepar la soustraction des lobes séminaux n’est pas cequi met obstacle à la croissance du blastème; enfinil suffit d’huinecter les cotylédons pour que l’em-bryon se développe. L’utilité de ces lobes dans lagermination ne saurait donc être révoquée en doute;cependant la présence des cotylédons h’est pas unecondition d’existence pour toutes les plantes , puis-qu’il en est dans lesquelles ils n’existènt pas.
L’eau, la chaleur et l’air sont des agens exté-rieurs indispensables à l’évolution des germes.
L’eau assouplit les enveloppes séminales et faci-lite leur rupture ; elle pénètre le tissu de l’embryonet le dispose à recevoir les substances nutritives.Celles de ces substances qui ne sont point à l’étatgazeux ne peuvent s’introduire dans la plante etparcourir ses vaisseaux qu’en dissolution dans l’eau.Ce liquide lui-même devient un des principaux ali-mens de la végétation. Seséléinens, désunis par desprocédés naturel s, forment, en se combinant avec lecarbone, les principes immédiats, tels que l’ami-don , le sucre , la gomme , les acides , les huiles , lecamphre, les résines, le ligneux, etc. Il fautnéan-moins que l’eau soit distribuée avec économie auxvégétaux terrestres; sans cela, elle leur est nuisible.
La chaleur est un stimulant des forces vitales danstous les êtres organisés. 11 est pour chaque espècede graine une température nécessaire à sa prompteet vigoureuse : ermination : si la chaleur s’élevaitau-dessus de 45 à 5o degrés, elle altérerait les or-ganes et détruirait le principe de la vie; si elle s’a-baissait à zéro , il n’y aurait pas de mouvement or-ganique , et le germe demeurerait dans l’inaction.
A toutes les époques de la vie, l’air n’est pasmoins nécessaire aux plantes qu’aux animaux. Desgraines dans le vide de la machine pneumntique negerment pas.
Est-ce l’air tel qu’il compose l’atmosphère, c’est-à-dire formé d’environ 21 parties d’oxigène, de yijd’azote et de ^ à ^ de gaz acide carbonique , quiest indispensable à l’évolution des germes, ou bienest-ce un seul de ces gaz, ou bien en est-ce deuxagissant de concert ou séparément? Ces questionsont été traitées à fond, et l’on sait aujourd’hui queles graines ne germent pas dans l’azote et le gazacide carbonique pur ; qu’elles germent quand ellessont en contact avec l’oxigène; que ce gaz en étatde pureté hâte leurs premiers développemens, maisles fait bientôt périr; qu’il convient davantage à laplantule quand il est mêlé à une certaine quantitéd’azote ou d’hydrogène; que les proportions les plusfavorables dans ce mélange sont 3 parties d’hydro-